‹ De l'éducation des sourds-muets de naissance (volume 3)Chapitre 41 sur 41 · I . * « Lorsque, d'une manière quelconque, le sourd · texte numérisé non relu

I . * « Lorsque, d'une manière quelconque, le sourd

à «muet recouvre l'ouïe, et, par suite, la faculté m d'articuler, a-t-il besoin cependant encore d'une «r éducation spéciale; et quelle serait cette éducam tien ? » '

Trois genres d'éducation spéciale sont encore ■écessai^es au sourd -muet qui vient de recouvrer Fouie : le' premier aura pour objet l'éducation du sans de Touie; le second, l'art d'articuler; le troisième, l'intelligence des valeurs de la langue.

L'aveugle -né auquel on lève la cataracte a besoin d'un exercice convenable pour apprendre à voir, ou plutôt à regarder. Cependant, les couleurs, juxta-posées, en dehors les unes des autres, sur une surface, se distinguent bien pins £icilement entre elles, que les sons. L'œil est naturellement actif, se porte au-dehors; il est Êrcile de le diriger, de reconnaître s'il est ou non attentif, sur quel point il se porte. L'ouie a besoin d'une sorte de recueillement pour écouter; la sensation qu'elle remarque .est plus intime ; le phénomène s'opère dans un organe immobile, caché à nos regards. Il doit donc être plus difficile d'apprendre à écouter, que d'apprendre à regardln* : la première de ces deux études doit exiger plus de temps. S'ensuit- il de là que cette éducation de Fouie soit précisément \Éh art, qu'elle ait beaoiii

^ Torgane vocal assoupi, engourdi chez lui par une

longue inaction , sera comme frappé d'une sorte

de paralysie dont il devra triompher. Cette se-

f conde éducation ne constitue pas non plus un art ;

I elle a peut-être moins besoin que la précédente >

1 4*110 instituteur spécial; mais, comme la précé-

f dente, elle demande un temps dont la durée ne

f peut être fixée que par Texpérience ; comme la

) précédente, elle sera abrégée, si les efforts de

I rélève sont secondés par des avis habituels et

convenables.

Notre ancien sourd-muet, actuellement entendant et parlant, sait écouter et articuler. Cela suffit-il? Peut-on se contenter de le lancer maintenant dans la société, pour qu'il apprenne seulement par l'usage , la valeur des mots de la langue et les règles du discours? Sans doute, avec le temps, il parviendrait à obtenir cette intelligence par la seule nécessité des circonstances, et de la pratique usuelle. Mais un Français qui se rend en Angleterre, et qui a besoin d'y lier un commerce assidu avec les habitans du pays, s'abandonne-t-il à l'usage pour en étudier la langue? Ne prendra-t-il pas en même temps un maître de langue? Cependant, il sait déjà le français, langue artificielle, construite sur le même type que l'anglais, entretenant avec cette langue d'étroites analogies; il trou vera en Angleterre beaucoup de personnes qui , connaissant le français, lui aideront i traduire Tune

H DES SOURDS-MUETS. PART. III ^ CUAP. XIV. ÔSc)

|i Ke sans doute moins que les deux derniers au 2 sajet que nous avons traité , mais sur lequel nous fjHét saurions cependant, en terminant, nous dis- J pilier de jeter un rapide regard. Qui ne serait L éam de la compassion la plqs vive, en songeant aux I tfteuses privations qui pèsent sur un être au- I i|Oel la vue, Fouie et la parole sont à la fois refusées? Qu'on se représente un prisonnier condamné an secret pour toute sa vie , dans un cachot souterrain f dont rien n'interromperait le silence, pas

gner les trois éducations dont nous menons de parler, cette compagnie savante n'ait paru fiier son attention que sur la première, qu'elle semble affecter seulement à la première l'encouragement qu'elle a cru deroir donner pour les eipériences propotées.

Ea lisant ensuite la controTerse à laquelle a donné lieu ceUe résolution de l'Académie des Sciences, oA croit remarmaer aussi qu'il y a, sur la position de la question, une équÎToque souvent commise dans le débat ; que Ton y confond babiluellement deux hypothèses très distinctes, celles que nous Tenons de traiter tour à tour : l'une qui concerne les sourdsmuets atteints d'une surdité incomplète, ches lesquels la faculté d'audition peut être développée par un régime cootcsable, et l'autre qui concerne les sourds-moets réelleneut guéris de leur surdité.

Nous ne prétendons point décider ici le grand procès agité depuis peu ; mais nous croyons avoir mis sur la Toie pour résoudre une question plus compliquée qu'elle ne parait , et qui, à nos yeux, n'a point été encore ni bien résolo*, ■> bien comprise , ni roéme exaclemcnt posée.

npS S(MiRllS-MrFTS. • — PART. Ml , CH»P. XIV. 64l

d'éminens services, mais seulement dans sa combinaison avfc cflui du toucher, et par les associations qui s'ét^iblirnnt entre l«<i impressions de l'un et de l'autre; car l'odorat sera pour lui le seul sen» qui puisse étendre -inn pouvoir à distance : il Tttth plira donc quelque chose des fonctions qiic rei» . pli&sent pour nous la vue et l'ouie; niaù, ne Tirr& ', lant par lui-même aucune forme, aucune propriété essentielle des objets, il aura besoin des instructions du tact, pour donner un caractère aux objets dont il annoncera la présence. L'odorat d'ailleurs De pourra lui être d'aucun secours pour son commerce avec les autre.s hommes; ce sera au tact seul, 4 ce sens captif dans une sphère si étroite, mais sj lîécoiid cependant eu impressions variées, exactes et précises , c'est au lact seul qu'il devra et les connaissances directes fondamentales et le moyeu d'entrer en communication avec ses semblables par le moyen des &i^ie?i conventionnels. Ici, les premières communications et les premières conventions seront ce qu'il y aura de plus difficile. Il o'y a pas, entre cet infortuné et le« autrit homnïés, ce premier interprète que le sounl-muct de naissance trouve dans son langage mimique. L'aveugle peut discerner avec ses doigis un mut tracé par écrit en relief; un peut lui fiiire inncher en iti^me temps un objet présent . et le lui faire reconnaître; on lui fera reconnaître de mérar ini mouvement exécuté près de lui. Voil* le point de départ;

urs ■soiiHus-muFTS. — pabt, in.c.nAP. xiv. 6^3 Maniée jusqu'au Père céleste; il pourra craindre 'd'offenser, npprendre k se confier : la di^pendance lilléineoùilsera cuiistaniment placn pourra nourrir CD lui les affections douces ; ts voix qui l'instruira ■^ ses devoirs sera celle de la reconnaissance, f i)

(l) Ayant rhunncur de remplir auui, ilepuit treiie an*, l«* [ JbBClion» àt Gouvemrur-AilniiDistralcur itr l'HApital royal dca Qnin 11^ Vingt» , j'ai tli ■ jxirtéc de rompairr la «Jtuaiioii de* avcugk» i crllc de* lourdi-niurli , dr faire i]ucl<]ue« obMrvalùini lur Im djapoutiona moralrs «t inullcclucllei dca jiTcmitn, tur l'édntatioR 411 'iJa reçot*eDt ou pmveat rtc«*air- J'aurai* aimé à prétenter ici In ré*nliai» de quelque! un» dr cr» rap[>ruchem«ii) i^ui ne «ont point tant intér^L ni tant ïnatmclion; mai* j'ai rraini dr lortïr ilei limite» <Ie notre »njrl , et d'accroître lior» de ineitire IVlendur d'un travail di^ji trop «olumineni peut-être.

11 tne aulBra de faire rctuantuer ici iptc l'aTCiigle de nai»- Moee nt Mparé d'une poriion considérable dca appareacM de la n»lurr eilérieure et leiiiibte; ijiir (r lûurdiuuri de nii». •uce eit »épar4 pre»qiie entièrement de la tociét^ biinuUat •Tanl d'avoir reçu le* «ecour» de l'arl bienraiHnl qui noaa occupe. En méditant celte différence , on pourra en tirer tonte* le» contéquencr* tur la fitnaiton comparative de l'a» «t d« l'antre dana'le» diven ft|tei et lei diver>«i ittnaiioBa da la vie.

L'cnacigneiaeni de» aveugle» de naitaanca, bniM «n Pnaoa anr de bon» principe» et avec un anccia ramarqnabU pw M. Haùj, ■ reçu aujourd'hui dant l'Inatirai dn javaca avaaglé» cxitlani à Pari» , et »ou* la dircctloa de ton THJMahta Htef, M. le docteur Plîgnier, nn defr^ da perfection qni sa tembla rian laiaaar i dJairar.

DRS SOUnUli-MDETS. COHCLOSIOI*. 645

tés pour mettre le sourd-tnuel en possession de nos langues, les caractères de l'écriture occupent le rang principal, essentiel; qu'à cet iitstrumeot doivent se rattacher tous les autres; qu'il sufârait seul ii la rigueur, étaot convenablement employé;

3°. Que l'alphabet manuel, sous ses dilTérentes formes, n'est qu'un instrument auxiliaire ilcstioé à suppléer le précédent; auxiliaire d'autant phis utile que ses formes sont plus simples, son exécu* tion plus rapide; dont l'utilité serait fort précieuse pour un mode d'enseignement qui se conceutnt* mit dans l'emploi de l'écriture alphabétique , mais s'af]hiiblirait aussi dès que le sourd-muet entrerait en jouissance de la parole artificielle;

3°. tjue l'art de lire sur les létre» et d'articuler, d'après des prooi-dcN inéuiniqui-s, n'a |H>iut, pour l'instruction des sourds-muets, ce caractère de uioesftité qui Ta fiiit regarder comme iodispeusable par quelques iottituteurs ; mais qu'il a cepoodaDt un très haut degré d'utilité dans l'éducation du sourd-muet , non seulement pour lui rendre avec les autres hommes un coromeroe ^itérai, habituel et facile , mais aussi pour rendre son instruction plus complète et plus rapide;

4*- Qu'il reste encore un grand parti à tirer du dessin et des estampes dans l'instrucAïun du sourd-muet; que cependant l'emploi de ca moyen doit être sévèrement restreint d«ns de oeriaines limites;

DUS SOURUS>-MUETS. COKCLLSIUN. ^4?

j MTVir (te cortège aux explications raisooném, pour I) les rendre plus sensibles; lUiiis qu'on (luit s'imposer, dans leur emploi , une réserve plus grande eu- ^ i»re. surtout dans les dernières périodes de l'éduation;

8°. Qu'on cherche en vain une utilité réelle dan» lescigucsmimiqui» purement conventionneU,5oU de rappel, soit fcramroaticaux , et que cet appareil tt l'inoonvénient d'enibarnwMr la marche de l'en- Mignement; ■ 9*. Que. dans l'etueignement d'un institut uor- ' mal, comme dans celui qui est donné aux sujets dont l'esprit doit recevoir le plus haut degré de culture, on peut réunir et combiner l'emploi de ces divers instrumens. avec les précautions et dans les rapports convenable» pour prévenir toute cou* ftiaion ; mais tjue dans l'instruction donnée aux ftourds-iiiuel» de» conditions inféneure«, on puut, as doit simplifier beaucoup ce aystème ;

lo*. Que l'euencc de l'art d'instnâre les sourd*- •luels omaûte dana l'enaeignemcut'iogique d« la langue ; que cet enseignement an<>nd nt ïhwk^ «n. oore des perfectioonemfns tn^t. notables ; qnr plut on le perfactionneni, et plus on le verra m sitoplîfier; que le mérite et le succès de s«s lOéthode», dépendent ctsentiellenieiit de deux oondilioiu : l'art d'y mettre en jeu l'iuluilion , el l'eucle coordinationqui sera introduite entre les idées, dételle aorta qae les idées aaissanl les une* des autfea.

I Ttrs suiîHDs-HKrTs. — cowcLiisiov. 64g

I ont dt'jà donné d'heureuses applications, doivent fUacer l't-lL-ve dans la situation convenable pour lui I faire con<:evoir,pr^voirinènrie,et chercher en quelque sorte le» formes grammaticales, et reconnaître l'esprit des lois qui gouvernent la langue;

i5'- Que l'enseignement théorique, consacré aux définitions didactiques et k l'expo&ition des r«glet d'un art , doit être réservé aux élève» que leur destipation appelle à l'entier développement des étvdes libérales:

16". Que l'essentiel est de mettre l'élève le phis proniptement en état de lire avec fruit , et par conséquent avec une compréhension facile et sûre, les livres éténiuiilaires, pour pouvoir ainsi continuer lui-mcuie sou instruction.

1 7*. Que l'instruction . pour le sourd-muet , plus encore que pour l'élève ordinaire, est étroitement VU-e A r.d. nation ; .pu- diuMi-ucs , la t-ulturt- des facultés de son esprit et de son coAur étant le bat principal des soins que l'instituteur est appdé Ji lui donner, ces soins doivent embrasser tous Ica genres d'influences propres à composer pour l'enfiut sourd-muet l'éducatioo spéctde dont il a besoin;

I H'. Qu'il est nécessaire 4e ne rien négliger pour porter l'art d'instruire les sourdfrHnuets k un degri de simplicité qui permette d'appliquer oel ert* hors des iustilulK spéciaux dans l'eDceinte dafr* quels il est aujourd'hui concentré» d« 1« Cù« p*i^

DF,S SOU n DÏ-MURTS. COBCLt SIOH . 65l

[| n CAt un premier ordre de vœux que nous adre»iMrions k l'administration publique; nous loi dîl\0' 9 : « Ij-s gouvernemeus ont reconnu les droits N Mcrés que l'indigence, la souffrance plivsique, « ont k leur sollicitude; ils se sont fait un devoir • de prendre les mesures générales et prévoyante», u nécessaires pour leur assurer les soulagemens et « les secours. Kli bien ! voici une autre indigence •r qui réclame une assistance non moins indispenf nble, avec des droits plus sacrés encore! Vous ■ donnes aux enfansabandonoé«une coucheetune « Dïiurrice. Voici des enfans qui invoquent leur ad- « mission aux premières prérogatives de rbuma- « nité, qui sollicitent le premier de tous les biens, 4 lesalimens de la vie sociale, morale, religieuse'. « Leur abandon voua aocuaerait , non pas aeulchm nenf aua yenx de la société, mais aux yeux de « Dieu m^me. Aussi long-temps que vous n'aures « pas employé tous les moyens qui sent en votre « pouvoir, poar tendre k chaque sourd-muet une « aoain secourable ^ en lui ouvrant à sa portée une « source d'instruction, votre dette ne sera pMDt « accomplie, Preoet exemple des sages et bien&i- 1 santés dispensations adoptées dans le royaume « de Wurterabe^ : il s'iigiit rooinà de tout el^er « parvous-Diéme, que de provoquer, de aeeoiMlar» « d'encourager, de régulariser, » (i)

(t) fojn to Dol« Q, à la fin dt 1'

Des soukks-murts. — cuitcliision. 653 > étrangers les uns aux antres; ils demanilent a être unis par les nœuds d'une étroite alliance- ^nisez entre vous une cor-respondancc génit ral« , périodique et régulière ; mettez en coinniuii i^ votre expérience; fournissez les élémens nétxsrBaires k une suite de comparaisons méthodiques; B COiDinuniquez-vouK le» uns aui autres vos obserk vations et vos doutes \ > flous oserionn ajouter : i € T j France, par sa situ.ition, semble être appelée à li • devenir le centre de cette coufédération toute I « bienfaisante; nous vous offrons de donner tous « nos soins k la former, à l'entretenir, i la rendre < fnirtupuse » ( 0- Nous désirerions aussi que chacun des principaux instituts publiât chaque année nn résumé succinct de ses opérations, k l'exemple de ceux de l'Angleterre et des Etati-Unis. I^eur collection formerait certainement l'ensemble de ilocumciis le plus utile aux progrès de l'art, (i)

Nous nous adresserions à ceux que leur zèle et leim lumières appellent à prendre rang parmi les écrivams qui servent cette belle cause; car, nnsi que nous venons de le dire , ce n'est pu ani setib instituteurs de sourds-muets que cette .

(i) S. Exe, H. le baron de Dmnaa, myte U biBavcUliaM dout il nou « d^è donné uni de preina, bob* a oBwt lai-nfaie l'iatcrrentian dn départanent de* afUna iutm gère* , pour (crnr de c

(fl) Tom U noie R , i bi fin de l'omrige.

DF^ SOlRUti-MtlBl'S. CUNCLUSIOIS. 655

MÏcs- Nous appellerions surtout de tous nos voeux l création d'un manuel, où l'art, réduit à sa plus l^tttrénie simplicité, serait ini», autant qu'il «t po»- M tible, à la portée des parana «t àm institutearsorn diiuiires.

^L- Enfin , nous nous adrcMerions encore une fois Hpiaiostituteurs, aux instîtulriceâ desounUMnaeta, ^pvec un profond aenliuient de reconnAissanoe at Hfefttinie. el nous leur dirions : >• Vous avez vu Ivcombien nous portons haut la noblesse de vos

< fonctions, quel caractère sacrf' nous leur avoni « impniD« aux yeux du public; c'est à vous de > soutenir ce que nous en a%'uiu dit. d« répondre ■ à notre attente ! Ne voua en((af;ct point dans cette

< honorable carrière, sans vous y être disposés par ¥. un noviciat convenable, sans avoir fait des élu» « des sérieuses, sans vous être bien consultés sur

• vos forces, sans vous sentir capables dr tout le « dévonment qui est exigé de vous H ne vous suf- « 6t paad'avoir étudié In grammaire; vous n'ête* pas m seulement dfii iii:iilre.s <lt- si^tnci. d<rs professmir^

• de langue; voua êtes des démonstrateura «fidéea, « des introducteurs aux connaissances, des guide* « pour rintelligeoce : voua devez doue avoir étudié « avec soin la nature et lea opérations de Taiprit « humain. Votre mission est pliu haute encora el m plus éteiMlue; voua êtes, près de vos élèves, le» « missionnaires de la civiliaation , lei meaaagwi dm « la société humaine, )«■ ministres de la morale («•

DES SOUBDS-ltrETB, CORCLPSIOri. 65j

pideur (lu but vous ninntrp la grandeur de vos de-

b-Toirs, la couronne qui vous atten<) vous montre

t sentimens dont vous dcvei (Hre animt^s ! Que

B divine cliaritt; , cette inspiration descendue du

ciel pour consoler la terre , pi'>nètre , remplisse

<vt» imes, Hève vos pensées, soutienne votre

ftixmstaiice , inspire votre génie, règle vos Ira-

wux, anime et consacre voire vie entière, (i)

> Et vous . eufans du notrr adoption , cfaera

•s, qu'une infirmité cnielle retenait ^loi|;n^

K loin de la commune patrie, mais que oous nom :z

a eiîoTçotis de ramener dans son sein; vous qui

B si souvent avez occupt'- nos veilles; suurd»-mueta,

« c'est pour vous que seraient nos dernières paroles,

■ comme c'est pour vous qu'eu définitive sont tous » DOS vœux ! Que ne pouvez-voiw lire au fond de

■ no» cœurs la tendre affection qu'il» vous por-

■ tent! Que ne nous est-il donné de vivre au mi-

■ lieu de vous, de vous entourer chaque jour de a nos soins, de ntuis associer à ceux qui s»' di'- « vouent pour vous mstruire ! du moms nous vous « parlerons par leur organe. Confiez-vous eo eux!

■ secondez leurs efforts généreux pour vou* •■■bia rer et vous rendre meilleurs ! Confiez-vous niissi

« en vous-mêmes; gardez-vous de vous croire di*- i

« graciés par la Providence ou par la société hu-

n maine! Vous êtes appelés à partager avec noua '

fntrî 11 noir S, à la lin de l'owïrife.

Di!> »ot'iiu»-MirT». — conri-ntion . 659

NoT» P, paga 65o,

r ftt amJ/Mratioiti intri^uites tians flmtilttt ra^at àex Saunii-MueU de Pari t.

• Dans lu prvmi^rc r^iftion de c« rapport, Ictt-nncluma rcnfemiHicnt une suite île vues sp«cia)M à l'initilll rojal tlont radminiiiretion noua est confia, «t qni ppouvaient être ilcaiinrcs an public, l'ne partie d'entre s font déjà r(.-alisées; l'application dei autm se prê- ' pare atec celii! prudente lenteur 4]ue ilemaDdeni loujours l«!i aittëlioraiions, pour Aire conveDablement Opérées.

La preniH^e propwsitiuii qui terminait oo travail avait aoiiToti]rlde»oltictterla création d uo i'^HMtJ d* ptrfectionntmgnt, qui, place auprès de l'Innitut roni, et s'titiiisant an Conwîl il'admini«tration , apportit dana oe grand êtabliMCinenl louii» les Inmière* «Icint le coneours est néeeiMire à la lionne dirertion «lea étudea, « pAt contribuer ■ii» progrèa de l'art. 9. Fxc. te nîniatre «ecTêtaire d'Etat an deparinnent de l'iniêrintr a bien voulu i« rendre aux vcnn (fue itona lui avoiu «ipTinicc : )e Conseil de perl'ectionneinent a été ■mtinié ; â est composé tn ce muineni de MM. RaynOManl , meiM. |»« (le l'At-adémie Fran^ÎM; Abel Hêinusat, membre de l'Acad^niir des Inieriptions et Itelles-Lvtlref ; Orji- Mnirr, iii»]ici leur ptitml ilf I t'iiivctiiteroyale, Prèdéeic CNvicr, membre de l' Académie ilea ScàeacBi; Feuillet, bibliothécaire «le VInsitlut de Fnnce. HM. Haine de Biran et le baron Sylvestr* de Sary, qui mt ont fait

t>ES SOlInns-MllETK.^ CUMCLI'SIOK, G(3 r

rriiiii!! de* *leiii Conneilji (tWminismtion « de perfiKtionncmefit; les résnllnlR «n lont ronsignrs par rit «t conjrrvrs avec soin. Les innitutoun et insiJtuiCM ont étoappcU-* plusieurs fois à rendre compte, par

r.f de la marche de t'cn«etgnemeni qui leur est conde l'esprit dans leijuel ils le dirigent, des procèdes t délaîN <[u'îls y emploient; souvent de» r.ipports écianx letir on tvté demandés; et nous avuns la jouït- DM dedécLirer ici, qitc, d-tns le nnmlirr de ces IranXf i) s'en est trouve souvent, non seulement iTun Mrile très remarquable, mais ni^mc d'extrêmement distingua sous le rapport de l'élération dctTurs rtilessentîmens , de l'étendue des connaissances et de la perfec- Il tioo m^me du si^lc.

Non Q, pagt 65i.

£)u tysùnxe 4e mettiret admittistratit^i ^ temhltraît eonuenalih pour procurer te hunfait dt Finstructiùit à tous Ut Sourdt-Mw:ti.

La première mesure consiste sans doute k provoijiier, nar des cncoiir-igemeii^, lo^ p<-rfi"-tia[inemen» 'jui peuvent conduire à simplifier l'art, à le mettre \ la port^ des parens et des instituteurs ordinaires, dans hm prodàii les plus essentiels.

Mais ce n'est pas loni; il faut aussi porter le* secOHn partout où eiistent les besoins, et préparer le* intiniroens de ces secours.

L'atsiitance que réclament les sourds-miiela, pour obtenir une insiruciinn qui seule peut les introduire a la «iv Miriale, morale et ri-li{;ieute, cette auinan<c , qui

ntS SODBDS-UUETfi. CONCLIItlON. 6G3

Bnérense tolliritudv, il «tonnera à ces iDstitutioni 1« et l'harmonie qu'ellei réclament.

j NoTi R, page 653.

M tttpplimentaire lur iptelques ouvrnget /«/«t^ à téducation des Sourds' Muets.

■S un travail comtnantlù par le* circoniUOCM , il ne noua a pas él£ permis de retarder la publioadont les élémens i^t les matériaux n'avaient point été rassemblés, ni mètne indi<[ués dans Due nolaenclatiire complétv, il était impoMible que tous lec d» camcnectisianscn diffrrrns pays , lotivent tr^ difRcilH à obtenir, aoitvcnt ignonr* , h- trouvassent entra ks Bwios de )'aui«ur an tnotnent oppurum. Il en est, romme on a pu le *oir, ijui ne nuux sont arrivés que pendant |« eours m^ie de l'impreMion de cet ouvrage; il en est qui nous parviennent h cei instant mAme, et lorsque l'impressitin en est déj» achevée. Nous croyons devoir indiquer sommairemeni iri ne qu'ils renferment de plus important.

Le premier est le récit, en allemand, de rîmtmebon que David Sôlbrig, prédicateur dam la Vïeille*Bf*rche , a réassi ■ donner, en 1727, à deui sourda-mneu, frère et tCBiir, àgéa de vingt ans environ. Nous avons indiqua cet écrit (voT*» ei*devant, tome I, page Sfifi). Il renferme des feits extrêmement curieut. Lea dein ét^ne de Solbrig étaient radicalement mueta, par un vire de conformation de la langue. Sans avoir étudié U throrie de i'art, Solbrig te créa k lui-même un mode d'cnset- ^nement limité à deux initmiiMns, l'écrilure alphalw-

bKs. SoUnUS-MLETS. COnCLlISKiH. 665

Mue) et les signes miiniquoi, lels que IVIèyc Im ïn- ■UBtt elle-même, furent les setiU ressorts à son usage. s qu'il a obtenu par leur emploi est une preuve tante <le la simplicité à laquelle l'art peut être ré- , s'il Mt nppliqué par un «prit judicieux. Lasiusa raé la langue allemanile à son ^lèvo, par l'us.ige , c'est-à-dire par une suite d'exercices prali- (, mais par des eiemplc.t bien entendus et gradués. , il se conicnin de traduire les mots et les ti mimiques , en mois ut en phrases alletnaudes; IDtAt son élève fut en état de rendre ellenii^e sca |ieiisè«s par écrit. Je lire des livres. Il s'aidait de l'OrUi pietus; il avait sons les yeux une estampe de c« recueil, le jour ou il conduisit «un inuiressantu disciple à la plus haute des révéUlions. Nul instituteur de *unrd»>muets n'a pris une voie plus heureuse pour introduire son élêre i l'auguste notion de la divinité. C'est en s'emptrant du sentiment de l'amour, en le dirigeant graduellemant Ters l'objet qui en est le plus digne, qu'il lui ■u^êra cette grande pensée; en sorte qu'aimer Dieu et le connaître, fut pour elle une seule et mime chose.... L'écritdeljasiuSjOuvrage d'un homme plein de droiture, de lèle et de sens, mérite d'être médité. Il confirme, d'accord avec celui de Solhrig, et par le témoigna;^ do leur commune expérience, l'opinion que nous a*on* plus d'une fois émise, sur la possibilité d'obtenir un plein succès dans l'éducation du sourd-muet, en te bornant à employer essentiellement l'instrument de Vèctiture alphabétique, et sur celle Ao mettre l'art i la porté* des insliluieiii-s ordinaires, et de l'introduire dam I rdu- L-aiion domestique.

UKS SOcnUS-MUETS. — CONCLUSION. 667

loodAleur en 18191 'P^^ avoir fait reconuaître mi nnaissaDccs suffisantes pur plusieurs sod«iés 51et par 31. le recteur du rAcadémie d'Aix, sur , miienUtion de plusieurs clives qu'il avait instruits. liDtorisalioti lui fut acrordt-t- de la part de M. le pré- \ de» Bouches-du- Bhùne , ensuite de l'approbation |IK><*pitS. Exe. le ministre de l'intérieur, qui s était ^ré à cet égard du vœu des autorités locales et du Haeil généml du département en faveur de cette plîUilioti. Ce même conseil, témoin des succès propuifi de l'iastituiQur, a vuté, en plusieurs sessions, Vbourses qui sont aujourd hui au nombre de douxe, |B compris une somme appliquée à diverie* dénués ^ccidentuMuAt

Cet éuOili^sement compte actuel Icmmi a3 élèves iiisionnatrtrs , dont 1 5 garçons vi S filles. IjC nombre

■ des externes est variable, et M. Bernard m^i graivi. I tcnieDt tous les sourds-muets qui viennent demander

• ws le^ns. Le local est divise de manière i c« qu'il n«

> poiwc résulter aucun inconvénient da voi^inaige de*

> «lèves des deux sexes.

■ Le mode 1 l'enseignement kM, quant À l'ordre des

■ matières , celui qui a été recommandé par H. l'abbé

■ Sicard. Quant aux nio^ns de transmettre riutmc-

■ tioD , BL Bernard paraît perauadé qo'iU doivmt s'adip-

• ter aux dispositions du sujet, et que phia ub instim-

■ leur est Cartile en expédicDS, mieux il p«nl révs^ir sver

■ des cn&ns , dont il a raconuu que la CMuaptian exi|«

• de la variété dans les procédéa de l'ensaguMiient

• Depuis l'établissement de cette école, thMi» élève*

• ont été mis i même de faire leur première i-ommu>

■ nion avec fruit, ul plusieurs autres 7 seroni bientôt

Thia book «liovld b« Iho LIbraiy on or bofno Iko •tanpod bolow»

A fiao of fivo ottito m doy îm bj roteiaiiit II boyoad fto

PIsaae ralum promplly.

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