a Suivre une marche analogue pour l'écri- « ture
9. (c Enhardir l'élève à répéter les questions à « son tour, à en former de nouvelles ; exciter l'ac- « tivité de son intelligence , afin que dans un com- «merce mutuel il coopère lui-même avec son «maître au perfectionnement progressif de ses « facultés et de ses connaissances. » (i)
M. Siemon s'est flatté de pouvoir mettre ainsi l'art d'instruire les sourds-muets à la portée des parens qui ont des enfans atteints de cette infirmité. Il assure avoir obtenu lui-même des succès très rapides par cette méthode. M. BeckedorfF a vu, en iStiS, un élève dont M. Siemon avait, à l'âge de six ans et quelques mois , commencé l'éducation en février iSsS, et qui déjà comprenait par&itement son maître, qui répondait, parlait avec netteté à celui-ci; dont le jugement paraissait
(1) Fojrez V Annuaire, etc., pages 108 à 1 15.
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hommes de se concerter pour créer entre eux des moyens de communication , et les développer in* définiment. (i)
M. de Kempelen, en observant les signes mimiques employés par les sourds-muets, a fort bien remarqué comment ceux de ces signes qui sont réellement naturels, s'étendent par l'analogie, et donnent naissance à un système artificiel; comment ce système de signes, en se développant progressivement , peut rivaliser de richesse avec nos langues , en imiter les formes , et exprimer, comme elles , l'ordre tout entier des notions abstraites ; mais qu'alors aussi il prend progressivement un caractère conventionnel. L'auteur du Mécanisme de la Parole avait visité, en ly^î, { l'Institut dirigé à Paris par l'abbé de TÉpée; il avait distingué avec sagacité les deux genres de signes employés dans l'enseignement, par les élèves et par l'instituteur, l'un fondé sur l'imitation, et qui se comprend de lui-même, l'autre fondé sur les conventions , espèce de langue savante dont il n'avait pu comprendre les valeurs, (a)
Les recherches faites par M. de Kempelen sur
(i) Mecanismus der Menschlichen sprache, etc,, a* Partie, pages 17, a8 et soiv.
(a) Ihid,, r* Partie, §.9 et soiv., page 16.
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et il a eu soin d'accompagner ces descriptions détaillées par des gravures explicatives (i). H combat et détruit plusieurs des descriptions que Van Helmont avait appelées à l'appui de son hypothèse, ou plutôt qu'il avait imaginées pour la justifier, et fait voir que, pour retrouver, dans la forme des caractères hébraïques, la peinture des positions et des mouvemens qui ont lieu dans l'organe vocal , en prononçant les lettres qui correspondent» à ces caractères , Van Helmont a été induit à dénaturer entièrement ces cofaditions mécaniques de la parole. (2)
Il est difficile d'imaginer quelque chose de plus curieux que les machines exécutées par M. de Kempelen, pour imiter la voix humaine dans toute la variété des sons qu'elle enfante (3). L'inventeur n'a garde de prétendre que cette imitation soit parfaite ; il en signale au contraire l'insuffisance ; mais, au mérite du résultat, cette combinaison joint celui d'une extrême simplicité. Il raconte lui-même comment il fut conduit à cette décou-
(1) L'ouvrage de M. de Kempelen est derenu d'aillenrs déjà fort rare , même en Allemagne. Nous désirerions qu'A Ukt traduit en français, du moins par extrait. En attendant , nous offrirons ici le sommaire des règles qu'il donne à l'art de parler. ( Voir ]a note G, à la fin de ce Chapitre. )
(a) rojrez l'ouvrage déjà cité , 3* Partie, $• ^o, page i43.
(3) Ihid., 5* Partie , page 389.
DES SOURDS-MUETS. PART. II , CHAP. XI, 4q
verte (r). Elle peut, si les modèles en étaient cxé- . eûtes, éclairer, mieux encore que les gravures, dans l'art de guider l'oi^ane vocal pour l'émission de la parole, lorsque l'ouïe ne peut lui servir d'institutrice naturelle.
Le système des signes méthodiques fut transporté en Allemagne par l'un des disciples de l'abbé de rÉpée , par l'abbé Storck , auquel l'empereur Joseph n , en fondant à Vienne un Institut pour les sourds-muets, con£a la direction de cet établissement. L'abbé Storck , apologiste et propagateur de la méthode qu'il avait vu employer à Paris par notre respectable maître, l'appliqua avec une fidélité trop rigoureuse (a). M. J^. May, après lui, commença , en suivant les mêmes indices , à modifier cependant les traditions qu'il avait reçues (3) ; il simplifia surtout la formation des signes mimiques , et obtint ainsi une amélioration très remar-
(i) M. de Kempelen avait déjà exécuté, en 1769, un célèbre automate qui jouait aux échecs. M. le professeur Rratzenstein avait inrenté et exécuté un orgue qui imitait seulement les sons émis par les voyelles , et avait obtenu le prix au concours ouvert sur ce sujet par l'Académie impériale de Pétersbourg, en 1780. = (Fojrez l'ouvrage ci-dessus cité, 4« Partie , $. 1 10 , page 198. )
(2) Jnleitung zum urUerricht der TaubStummen, nach der Lehrart der H. abbé de VEpée^ etc. Vienne , 1 786.
(3) Son ouvrage porte le même titre que celui de Tabbé Storck. Vienne ^ ï79'i-