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cipales sur lesquelles repose le système adopté dans cet établissement avaient été exposées par M. Pierre Hofraann Peerlkamp (i); et M. Vanheiningen Bosch , en publiant l'alphabet manuel qui y est usité, avait présenté également un résumé aussi rapide que lumineux de la marche que Von y suit dans l'éducation des sourds-muets (a). Ces deux derniers écrivains ont été attachés à l'enseignement de l'Institut hollandais.
M. Peerlkamp, en jetant un coup d'œil sur l'histoire de l'art , assigne une supériorité marquée aux instituteurs modernes sur les premiers inventeurs de l'art. Le premier titre sur lequel il fonde cette supériorité est l'emploi qu'ils ont fait du langage mimique. M. Peerlkamp voit dans ce langage le moyen essentiel de l'instruction des sourdsmuets. Les premiers inventeurs de l'art, les Ponce, lesBonet, les Van Helmont, les Amman, ont eu, à ses yeux , le tort , sinon de négliger entièrement l'usage des signes employés par le sourd-muet , du moins de n'avoir point développé, rectifié, perfectionné ces signes, en les soumettant à certaines règles. « Ce langage des signes est de tous
(i) Pétri Rofmanni Peerlkamp Gymn. Docum. RecL, Dissertatio de Surdorum- Mutorumque Institutions Groningue , 1 806 , in-8°.
( a) Berigt Houdende Eenige wenken overhet eerste ondcrwijs aan Doqf-Stommen , etc. , etc. Groningue, 1821.
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« le plus ancien; il est commun à tous les hommes; «les mouvemens de la tête, l'expression de la «physionomie, le regard, le front lui-même et a toutes les parties mobiles du visage, les attitudes « et les mouvemens du corps et des membres , « abondent en expressions aussi vives que fidèles « pour révéler les pensées de l'esprit et les secrets « du cœur; ce langage n'a rien d'arbitraire, comme a nos idiomes conventionnels ; en s'unissant à la «parole elle-même, il lui prête une éloquence «toute nouvelle. L'antiquité est pleine des proie diges opérés par la puissance de la pantomime : « les voyages dans les contrées inconnues n'en « offrent pas moins d'exemples. Pourquoi donc « dépouiller le sourd-muet de la ressource qui lui « reste , du privilège qui lui avait été accordé en « compensation de ses pertes? C'est aux modernes tf instituteurs de notre âge qu'appartient le mérite « d'avoir enfin reconnu cette vérité fondamentale « et d'avoir su, en s'emparant des signes du sourd- « muet, en former mn système artificiel, leur don- « ner des formes régulières. » (i)
Le second titre sur lequel se fonde la supériorité des instituteurs modernes , est , suivant M. Peerlkamp, une conséquence du premier. Jusqu'à ces derniers temps, les sourds -muets ne recevaient ^ ■™^^ ""^ ~"~ ~ ^— — ■— ^— ^-^~.
(i) Dissertaùo de Surdorum- Mutorumque Institutione , pages il à 19.
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guère qu'un enseignement individuel ; de nos jours, seulement, on a ouvert pour eux des écoles publiques, où ils peuvent se réunir en société, s'aider les uns les autres, et recevoir en commun les bienfaits de l'éducation, (i)
C'est à l'abbé de l'Epée et à l'abbé Sicard que M. Peerlkamp rapporte l'honneur d'avoir commencé cette ère nouvelle; il aime à rappeler tout ce que le fondateur de Groningue devait au premier de ces instituteurs (2); mais il réclame aussi, en faveur de M. Guyot père, le mérite d'avoir donné à l'art un nouveau degré de perfection , par ses propres méditations et sa longue expérience.
Quatre caractères nous paraissent distinguer essentiellement la méthode de ces estimables instituteurs : l'harmonie qu'ils ont su introduire entre les divers procédés qu'ils font concourir à l'instruction du sourd-muet ; l'habileté avec laquelle ils ont gradué la marche de l'enseignement; le soin qu'ils ont apporté à entourer les premiers débuts de l'élève de tout ce qui peut tes lui rendre plus attrayans et plus faciles; enfin, la juste importance
(1) Dissertatio de Surdorum - Mutorumque Institutions, page 3o.
(2) « Optime itaque de humana conjonctione meritus est « senex divinus , qui hanc artem , quantum potuit , vulgari « voluit , iis imprimis credens , apud quos bene depoai arbi- « trabatur. » Dissertatio , etc., page 34*
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qu'ils ont accordée à l'éducation proprement dite , c'est-à-dire à la culture des facultés physiques, intellectuelles et morales des sourds-muets de naissance, (i)
Rien ne nous paraît plus propre à donner une idée exacte et fidèle du système adopté par MM. Guyot , que les deux tableaux ci-après , qui comprennent la classification et la suite des exercices tels qu'ils ont lieu sous leur direction. Il est seulement à propos de remarquer auparavant, que les élèves sont admis à l'Institut de Groningue, dès l'âge de huit ans , âge que l'instituteur de cet Institut a jugé le plus opportun pour le commencement de l'éducation spéciale que le sourd-muet est destiné à recevoir, et qu'ils y séjournent ensuite pendant sept à huit ans, pour y recevoir cette éducation d'une manière complète.
Le plan de cette éducation comprend d'abord , pour les exercices particuliers au sourd-muet :
i°. La lecture, c'est-à-dire l'intelligence des mots tracés par l'écriture ou l'impression, divisée en trois branches , savoir :
La connaissance des mots ;
Celle de la syntaxe ;
(1) Les trois écrits de MM. Peerlkamp, Vanheiningen Bosch et Guyot , partant des mêmes principes , exposant les mêmes faits , renfermant la même doctrine , nous en réunirons à la fois la substance dans un même tableau.
i5o de l'éducation
Les signes indicateurs ou d'action , soit gestes, soit pantomime.
a0. V Écriture, ou Fart d'exprimer ses pensées par écrit , qui comprend :
La rédaction* des lettres;
La composition , en traduisant la langue naturelle du sourd-muet dans les expressions de notre langue écrite.
La conversation , par demandes et réponses (toujours par écrit);
La calligraphie.
3°. L'art de parler, qui se compose de celui de lire sur les lèvres d'autrui , de la parole artificielle et de la conversation.
Ce plan comprend ensuite, comme instruction proprement dite , l'enseignement religieux , la géographie , l'histoire naturelle , à laquelle on associe l'emploi des productions de la nature dans les arts; l'histoire nationale , le calcul , le dessin ;
Il se termine par l'apprentissage des métiers.
Ces divers exercices se distribuent maintenant, quant à l'ordre successif, en trois classes : Félève séjourne un an et demi à deux ans dans la première ; trois ans dans la seconde ; à peu près autant dans la dernière.
Exercices de la première classe :
i . Première culture des facultés physiques , intellectuelles et morales; jeux et gravures;
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a. Emploi et bonne direction des signes naturels;