Enseignement religieux
i3. Apprentissage des métiers. (1)
Au moment où l'enfant entre dans l'Institut de Groningue, loin de se hâter de lui présenter l'appareil de l'étude , on ne s'occupe que de calmer sa crainte et de dissiper sa tristesse , que d'obtenir son affection et sa confiance, que de lui rendre agréable la nouvelle vie qui commence pour lui, que d'établir des liens d'amitié entre ses camarades et lui. On excite sa curiosité par le spectacle
(1) Berigt Houdende Eeinige wenken, etc.; par M. Vanheineigen Bosch, pages a 5 à 28. = Beschrijving van het instituât, etc.; par MM. Guyot, pages 35 et suiv.
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d'objets nouveaux ; on fait naître en lui le désir de l'instruction ; on laisse agir sur lui l'exemple de ses camarades occupés à lire, à écrire, (i)
C'est un principe fondamental de la méthode de M. Guyot, que de faire commencer l'enseignement , pour le jeune sourd - muet , sous la forme d'un jeu, afin de le lui rendre tout à la fois et plus attrayant et plus facile. L'ingénieuse tendresse de l'instituteur n'a rien négligé pour atteindre à ce but. 11 a des cartes où les images des objets sont représentées d'un côté, où leurs noms sont inscrits de. l'autre : il fait imiter leurs formes par des contours tracés avec la craie. Les dés, le jeu du domino, celui de l'oie, tout est mis à contribution. C'est même en jouant que l'enfant apprend à former les premiers caractères de l'écriture, sans s'en douter, en traçant des lignes droites ou courbes, etc. : M. Guyot emprunte aux ouvrages d'Olivier (2) et de Nieuwold
(1) Peerlkamp, Dissertatio, etc., page 19.
(a) Le principal ouvrage d'Olivier, professeur à Dessau , porte pour titre : Otho-epo-Graphische elementarwerk , etc. Il est destiné à apprendre à lire et à écrire aux enfans, et divisé en deux parties , l'une théorique , l'autre pratique. Le système d'Olivier a rencontré quelques critiques, en même temps qu'il a obtenu de nombreux apologistes. Au nombre de ceux-ci est M. Wolke, qui parait s'en être avantageusement servi dans l'instruction des sourds-muets. ( Anwe'tssung wie kinder urid Stumrnc , etc. , page 49Ï. ) Olivier appartient
t54 de l'éducation
les méthodes qu'il suit dans l'enseignement de la lecture et de l'écriture; il puise surtout dans YOrbis pictus d'Amos Comenius, pour représenter tous les objets dans une suite de figures. Le dessin et les gravures jouent un rôle essentiel dans la première période de l'enseignement adopté à Groningue; ils sont appelés à retracer, par leurs formes visibles , tous les objets qui ne peuvent être directement montrés à l'élève. C'est ainsi que l'habile instituteur étend progressivement le cercle dès idées 4e son élève. L'histoire naturelle est mise à contribution; elle fournit aux jeux du sourdmuet des objets variés toujours nouveaux, dont on lui fait remarquer les formes, les couleurs, l'emploi, les propriétés principales, (i)
L'éducation physique des sourds - muets est ordinairement fort négligée dans leurs familles. MM. Guyot attachent une juste importance à réparer les effets de cette négligence par des exercices bien entendus, et, en formant le maintien et l'extérieur de leurs élèves, ils leur font contracter des habitudes d'ordre qui jusqu'alors leur
à l'école formée par l'ami de l'enfance , le fondateur du P/ulantrppinum de Dessau , par Basedow. ( Voyez Niemeyer , Grundsaetze der erziehung , etc. , tome II , 3e Partie , §. 38 , 4° « 57» pages 353, 36i, 4i4«)
(i) Beright Houdende Eenige venken, etc., §. 7, page 10 = Beschrijving van het instituut, etc. , pages 4$ et suiv.
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étaient trop étrangères. Ils leur inspirent le goût du travail , et les arrachent ainsi progressivement à cette vie animale dans laquelle ils étaient jusqu'alors ensevelis. Ils nourrissent et fortifient l'intelligence en même temps qu'Us enseignent la langue, en accoutumant le sourd-muet à observer et à comparer ; en lui communiquant des notions simples, élémentaires, positives; en lui faisant remarquer les propriétés et les fonctions des divers agens , les. causes , les effets , les moyens. Surtqut ils s'efforcent de développer en lui les affections du cœur, le sentiment du beau et du bon. Ils estiment que le sourd-muet ne peut guère recevoir que dans un établissement nombreux, l'éducation qui lui est nécessaire, du moins d'une manière complète. Frappés de voir combien les vicieuses habitudes que les sourds - muets contractent dès le bas âge dans le sein de leurs familles, opposent ensuite d'obstacles aux soins que leur instituteur s'efforce de leur donner, M. Vanheiningen Bosch, dans son Précis de la Méthode de MM. Guyot, désire qu'on adresse aux parens de ces infortunés des instructions qui leur indiquent comment ils devraient préparer ces enfans à l'éducation qu'ils doivent ensuite recevoir (i). Ceux qui ont eu occasion de visiter l'Institut de Gfoningue lui rendent unanimement le témoi-
(i) Eeright Houdende Eenige wenken, page 6.
l56 DE L'iDUCATlOW
gnage que l'attention donnée à la culture des facultés chez les sourds -muets, y est récompensée par les plus heureux résultats.
Les signes mimiques dont le sourd-muet est luimême l'inventeur, ceux qu'il apporte avec lui auprès de son maître, sont, aux yeux de MM. Guyot, un moyen précieux dont celui-ci doit s'emparer pour étudier les dispositions, les idées acquises de son élève, pour apprendre à le bien connaître, et pour se mettre en même temps dans une communication intime avec lui. Ce langage sensible, qui représente les objets par leurs formes sensibles , peut aussi devenir un instrument pour l'enseignement; mais il faut pour cela que l'instituteur réforme complètement le langage ébauché par le sourd -muet, lui donne plus de richesse et de précision tout ensemble ; et le conduise en quelque sorte parallèlement à nos langues artificielles (i). MM. Guyot ont adopté les signes méthodiques des abbés de l'Épée et Sicard ; ils les adoptent même dans ce qu'ils ont de purement conventionnel. Gomme nos deux célèbres instituteurs , ils traduisent la langue mimique du sourdmuet dans la langue nationale écrite ; ils ne se contentent pas de traduire mot par mot, ils transportent des phrases entières d'une langue dans l'autre : ils font décomposer au sourd - muet la
(i) Beschrijring van het instituât y pages 45 et suiv.
DES SOURDS-MUETS. — PART. II , CHAP. XV. lH*]
pensée qu'il s'agit d'exprimer, en une suite de signes, laissant à l'élève la liberté de produire ces signes dans l'ordre qui lui est naturel, avec les ellipses qui lui sont propres. A chacun de ces signes, ils attachent le mot de la langue nationale qui lui correspond, comme exprimant la même idée à peu près , suivant le mode de la traduction interlinéaire. Ils rétablissent ensuite progressivement , par une suite de transpositions , les termes de la phrase dans Tordre commandé par les lois de la construction, dans la grammaire de la langue nationale, comblent les lacunes, ajoutent les articles , les conjonctions , remplacent les noms par les pronoms. Le sourd-muet se trouve amené de la sorte «à concevoir le système d'un langage entièrement différent de celui qui lui était naturel , un système dont jusqu'alors il ne connaissait aucun modèle. Suivant l'opinion de MM. Guyot, le sourd-muet pensera toujours avec les signes dont il s'était accoutumé à faire usage ; nos langues ne seront pour lui que des langues savantes, des langues mortes (i). Toutefois ils reconnaissent que les signes mimiques seraient un instrument insuffisant pour donner à l'intelligence le développement convenable , et à l'instruction l'étendue qu'elle doit recevoir. (2)
(1) Beschrijving van het instituut , pages 62, 83.
(2) Ibid. 7 page 54.
l58 1>E l'^DUCATIOI*
Plusieurs motifs font considérer à MM. Guyot, le secours de l'articulation artificielle et de l'alphabet labial comme absolument indispensable au sourd -muet. Cet instrument ne leur semble pas seulement nécessaire pour mettre le sourdmuet en rapport avec les personnes qui ne savent ni lire ni écrire, pour rendre plus rapides, plus faciles, plus continus leurs entretiens avec celles* là même qui écrivent et lisent, mais aussi pour seconder les opérations de la pensée, fixer les sou* venirs dans la mémoire, (i)
Au surplus , dans le plan de ces instituteurs, l'enseignement de la parole artificielle ne retarde point l'enseignement logique de la langue ; car les exercices mécaniques que le premier exige n'ont lieu que concurremment avec les études, et ne leur enlèvent point le temps qui leur est nécessaire.
. MM. Guyot ne paraissent point avoir adopté de procédé spécial pour l'enseignement de la grammaire; ils prennent pour guides les travaux des abbés de l'Épée et Sicard , pour lesquels ils témoignent toujours la plus haute estime.
On ne peut trop applaudir aux soins que prennent ces instituteurs pour inculquer de bonne heure à leurs élèves les premiers fondemens des connaissances, pour leur donner des notions justes
(i) Beschrijving van het instituut, pages 58 et suiv.
de chaque chose, pour les accoutumer à analyser leurs idées. Leurs élèves tiennent une espèce de, petit journal, y notent leurs leçons, en rendent compte, rédigent des lettres, s'essaient à diverses compositions , lient des entretiens suivis, s'exercent ainsi à la conversation. Us s'exercent surtout à la lecture : on met à cet effet, entre leurs mains, des livres élémentaires choisis et à leur portée. L'histoire naturelle est mise heureusement à contribution pour préparer la voie aux idées religieuses (i). Ainsi les élèves sont conduits, par le spectacle de la création, aux notions des choses invisibles et à la pensée du Créateur. La morale est étroitement associée aux sentimens religieux. On développe les affections dans le cœur des jeunes sourds - muets ; on les exerce à la patience , à la connaissance d'eux-mêmes , à l'empire sur euxmêmes. On leur fait remarquer, dans leurs rapports mutuels, l'image des devoirs et des droits sur lesquels repose la société civile, (a)
On attache, dans l'Institut de Groningue, une juste importance à l'enseignement du dessin et du calcul : il est considéré comme éminemment propre à captiver l'attention de l'élève, à développer sa raison, en même temps qu'on y voit
(1) Beschrijving van het insdtuut, pages 82 à 87. (a) Ibid. , page 93.
i6o de l'éducation
une préparation favorable pour les professions industrielles : aussi ces deux genres d'exercices s'appliquent-ils généralement à tous les élèves; ils commencent de très bonne heure, et se prolongent pendant le cours de l'éducation. On accoutume les élèves à calculer de tête, (i)
Les sourds - muets , d'après le témoignage de MM. Guyot, prennent un vif intérêt à toutes les branches de l'instruction qui leur est donnée , et se portent avec plaisir à l'étude ; rien ne fait mieux l'apologie de la marche qui est suivie par les instituteurs, et de l'esprit qui les anime, (a)
Les directeurs de l'Institut de Groningue emploient avec succès des sourds-muets pris dans le nombre de leurs anciens élèves, pour les seconder dans leur enseignement; ils en font des répétiteurs, et les chargent de préparer, d'introduire les élèves qui commencent. (3)
L'apprentissage des professions industrielles est considéré, dans le plan de MM. Guyot, comme un exercice moralement utile en lui-même, pour accoutumer les élèves au travail, pour continuer leur éducation physique. Cet apprentissage comprend essentiellement la passementerie, la cha-
(1) Beschrijving van het instituul , pages 70 à 71.
(2) Ibid.y page 67.
(3) Ibid.9 page 61.
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pellerie, l'état de cordonnier, la menuiserie, etc., pour les garçons, qui sont, à cet effet, conduits chez différens maîtres d^ns la ville : on enseigne aux filles, dans le sein de l'établissement, les divers ouvrages de leur sexe, (i)
Nous avons encore une obligation essentielle à MM. Guyot, à raison du soin qu'ils ont pris pour nous donner une bibliographie méthodique de tous les documens relatifs à l'art d'instruire les sourds-muets, et d'y indiquer même les ouvrages où Ton peut trouver quelques citations , quelques indications sur ce sujet; travail qui suppose les recherches les plus étendues , et qui est disposé dans Tordre le plus lumineux. (2)
Les sourds-minets sont encore redevables à l'un de MM. Guyot, d'une dissertation fort remarquable , dans laquelle , en jurisconsulte aussi savant que judicieux, il a traité tout ensemble l'histoire et les principes de la jurisprudence relative à la
(1) Berigt houdende eenige wenken, etc., page 26.
(3) Sytematisch gerangschihte lijst der werken, etc. Groningue, 1824* ^e regrette vivement de n'avoir connu cette nomenclature bibliographique, qu'au moment où l'on commençait l'impression du présent travail.
On la trouve annexée à la suite de la Beschrijving van het institut, par MM. les frères Guyot, et de la.'Dissertatio Juridica inauguralis de jure Surdo-Mutorum9 de M, Rembt-Tobie Guyot.
l6a DE LEDUC ATION
condition de ces infortunés (i) dans les matières tant civiles que Criminelles. M. Rembt-Tobie Guyot juge les sourds -muets avec une extrême sévérité; il va jusqu'à déclarer que le sourd-muet serait à jamais privé de la raison , si l'art humain ne venait suppléer pour lui au refus de la nature (a). Confondant, du moins suivant notre opinion, dans la triste condition du sourd-muet , ce qui appartient à l'isolement presque absolu dans lequel il est quelquefois laissé , de toute relation sociale , avec ce qui peut provenir de la privation d'une langue artificielle ; confondant les bienfaits que le sourdmuet peut attendre d'un commerce même encore incomplet avec les autres hommes, avec ceux qu'il ne peut obtenir que des enseignemens didactiques d'un maître (3) , M. Guyot fonde peu d'utilité sur
(i) Dissertaùo juridica inaugurales de jure Surdo-Mutorum,etc. Groningue, 1824.
(2) Ibid., pages i3, 34 et suiv.
(3) Nous avons eu déjà l'occasion de citer l'opinion de M. Guyot et de la combattre ( voyez Ire Partie , note à la suite du Chapitre IV, tome Ier, page 1 a5 ) ; qu'il nous soit permis d'y ajouter encore quelques réflexions , en relevant la méprise qui nous paraît avoir égaré l'estimable auteur. Un sourd-muet , né dans une condition pauvre, qui aura été négligé de ses parens , laissé presque .seul , abandonné à Toisiveté , livré à l'apathie , sera dépourvu de raison , parce que son intelligence n'aura point été éveillée par le commerce de ses semblables; tout enfant, même doué de la parole et de
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l'emploi de signes propres au sourd - muet. « Ces « signes, dit-il, ne sont compris que des personnes « habituées à vivre avec les sourds-muets , et n'en a sont pas même exactement compris : nous ne <r pouvons communiquer, par signes , au sourd- « muet , que les choses qui se montrent ouverte tement aux yeux, et encore d'une manière in- « certaine et imparfaite » (i). L'instituteur de Groningue ne se flatte pas que l'instruction du sourd-muet puisse jamais égaler celle d'un homme exempt de cette infirmité. U pense même que l'éducation ne saurait les délivrer de certains défauts qui leur sont propres : une curiosité excessive , une défiance générale , un défaut d'empire
l'ouïe, qui éprouverait le même sort, subirait les mêmes conséquences. Ce n'est point exclusivement la privation de la parole, c'est aussi la vie solitaire qu'il faut en accuser. Mais, que l'isolement cesse, que l'enfant sourd-muet obtienne de ceux qui l'entourent les soins de l'affection et le commerce que permet son infirmité , sans qu'il ait besoin d'un maître et d'un enseignement artificiel, ce commerce seul , ces soins , commenceront à développer les facultés de son esprit et de son cœur. Seulement, ce développement sera aussi imparfait que ses moyens de communication seront bornés , et , par conséquent, que ses relations seront restreintes. U apprendra à juger, il saura aimer : qui sait agir, a en lui le germe de la vie intellectuelle ; qui sait aimer , a en lui le germe de la vie morale.
(i) Dissertatio juridica , etc, , pages 25, 29.
i64 de l'éducation
sur leurs propres penchans, une passion singulière pour l'imitation , une extrême facilité à se laisser conduire, (i)
Si quelques uns de ces jugemens peuvent être plus ou moins contestés, du moins oh souscrira à l'exposition lumineuse que trace M. Guyot, de la différence qui existe entre la manière de penser particulière au sourd -muet, même après qu'il a reçu l'instruction la plus complète, et celle qui est commune aux hommes doués de l'audition et de la parole (2) ; on applaudira surtout aux sages conseils qu'il donne aux personnes qui environnent les sourds-muets, sur la patience et l'indulgence qu'on doit accorder à ces infortunés , et sur les soins qu'on doit prendre pour répandre la sérénité sur leur vie. (3)
L'établissement formé par M. Guyot a rappelé, dans les Pays-Bas, l'attention des hommes éclairés sur la condition des sourds-muets et l'art qui tend à les en arracher. M. Fuk a donné quelques notions sur l'origine et l'histoire de l'art, comme aussi sur la condition légale des sourds-muets (4) :
(i) Dissertatio juridica , etc., pages 26 , 3a et suiv.
(2) ïbid. y page 38.
(3) Ibid., page 39.
,K\ Redevoering, etc. Groningue, 1821.
DES SOURDS-MUETS. PART» II , CUAP. XV. l65
MM. Koopmeh- Hartmann (i) et Kesman (2) ont comparé l'état du sourd -muet à celui de l'aveugle-né. M. Wauters, ancien vicaire d'Heminxen, arrondissement d'Anvers, sans avoir jamais lu d'ouvrage sur Fart, a tenté de lui-même, par des moyens qui lui sont propres , d'instruire quelques sourds-muets. On cite avec beaucoup d'éloges les résultats qu'il a obtenus. Il paraît s'être essentiellement attaché à reproduire le mécanisme de la parole. Du reste , le détail de ses procédés n'a point encore été publié. (3)
Les seuls travaux publiés en Danemarck, sur l'art d'instruire les sourds - muets , sont les écrits du docteur Castberg, professeur, médecin et directeur de l'Institut royal des sourds - muets à Copenhague, qui ont embrassé à la fois et l'instruction de ces infortunés , et leurs maladies , et les traitemens qui leur conviennent. Nous n'avons point été à portée de les étudier; mais, en les trouvant cités avec estime, nous n'avons recueilli aucune indication qui nous fasse supposer qu'ilç pouvaient renfermer quelques vues nouvelles sur les méthodes. Il paraît qu'il avait donné la pré-
(1) De l'État de V Aveugle-Né 9 comparé à celui du Sourd- Muet. Bruxelles 91817. %
(2) Over den Staat van.den Doof-Stumme, vergeleken mel dien von denblindgeborme. Groningue, 181 4*
(3) Voyez la Revue encyclopédique, pécembrc 1826.
férence à celle que pratiquait à Vienne Joseph May ( i ) , et son opinion est de quelque poids. Instituteur aussi zélé que judicieux, le docteur Castberg ayant été chargé, par le roi de Danemarck, de recueillir et d'employer les meilleures méthodes pour l'instruction des sourds - muets , ne se contenta pas de demander des informations en divers pays , il parcourut l'Allemagne , l'Italie , la France , pour examiner par ses propres yeux , et pour comparer, d'après leurs résultats, les diverses institutions et les procédés qui y étaient mis en usage (a). L'exemple du docteur Castberg eût mérité de trouver un plus grand nombre d'imitateurs.
(i) Voyez ci-devant 9 Partie II, chap. XI, page 49.
(a) Le docteur Peter Atke Castberg parait avoir découvert, pendant son voyage en Italie, l'ouvrage du prieur Jacob Affinati, d'Acuto, qu'on cite comme le premier qui ait été publié sur l'art d'instruire le sourd -muet (voir ci-devant, Part. II, cb. Ier, tom. I, p. 3a4) ; H en cite le titre : 11 muta che parla y Dialogo ove si trotta, delV excellenza e de' difetti délia lingua umana, e si spiegano piu di 100 concettï scritturali soprà il silenzioy con Vappllcazione délit Evangeli, i quali servono per commodo degli Padri predicatori : opéra molto utile a che desidera di favellare rettamento e senza esre biasimato, etc. Venise, 1608. Mais cet ouvrage, au lieu d'être en effet destiné à l'art qujyous occupe , ne serait qu'une sorte de manuel spirituel à l'usage de l'ordre des Dominicains , ce qui nous consolerait de l'impossibilité où nous sommes de consulter ce document.
DES SOO RDS-MUETS. PART. II, GHAP. XVI. 167
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