‹ De l'éducation des sourds-muets de naissanceChapitre 43 sur 45 · LA · texte numérisé non relu

LA

Maison. — Les deux mains se superposent alternativement et à plusieurs reprises l’une sur le revers de l'autre, puis se joignent par l'extrémité des doigts, en figurant un toit.

Macon. — La main droite représentant une truelle, fait semblant de prendre du mortier, de l'appliquer sur la gauche et de l'y étendre. On ajoute le signe d'homme. |

Vacances. — Les deux bras se croisent, et les mains, la paume tournée en dedans, s’agitent légèrement vers la poitrine.

Pauvre. — Tendre la main droite, puis joindre rapidement les deux mains avec un air de tristesse. R

Accompagner. — Les deux mains fermées, les pouces levés, se collent l’une contre l’autre, et s’'avancent dans cet état. | ip

Avertir. — La main droite frappe légèrement et plusieurs fois l'avant-bras gauche porté en avant.

Vaciller. — La paume dela main droite placée horizontalement sur l'extrémité du pouce gauche, exécute plusieurs mouvemens d’oscillation.

Perdre, — Les mains fermées devant la poitrine, la

paume en haut, descendent et s'ouvrent en se jetant en avant.

Air. — On agité la main devarit la bouche, en respirant.

Cafe. — Feindre l’action de le moudre en imitant avec un poing le moulin, et avec l’autre le mouvement.

Clair. — La main fermée devant la figure, le revers en dedans, s'ouvre en écartant les doigts; en même temps les yeux, qui étaient à demi fermés, s'ouvrent, et la physionomie s'épanouit,

Vieillard. — Feindre de s'appuyer sur un bâton, le corps courbé.

Ami. — Les deux mains placées l’une au-déssus de l'autre près du cœur, dans une position horizontale, la paume en haut, s'éloignent et se rapprochent alternati vement du cœur, pour peindre les épanchemens du cœur et leur réciprocité.

Bonté. — La main se porte sur les lèvres, qui y appliquent un baiser. La physionomie exprime la sensibilité.

Douceur. — Les doigts de la main droite écartés et courbés vers le haut de la figure, descendent lentement en se réunissant par leur extrémité. La physionomie prend part à l'expression de cette qualité.

Complaisance. — La paume de là main droite passe plusieurs fois circulairement sur le cœur; puis les déux mains renversées sont portées en avant avec empressement pour montrer de l’obligeance.

Indulgence. — La paume de la main droite passe, à plusieurs reprises, sur celle de l’autre main ; de‘gauche à droite, Expression de douceur.

Tolérance. — Les deux mains renversées se laissent

aller en avant autant que les bras peuvent s'étendre, avec une expression de physionomie qui peint la facilité du cœur. | |

Affabilite. — Signe de douceur; puis les deux mains renversées se présentent en s'abaissant à plusieurs reprises et de différens côtés; les regards suivent ces mou vemens avec une expression de bonté.

Politesse. — Pendant que le coude droit se rapproche du corps, la main fermée se porte vers l'épaule gauche, en faisant un mouvement de rotation de dehors en dedans; la tête s'incline.

Prévenance. — La main droite, le pouce en bas, la paume en dehors, se porte en avant; les deux mains renversées et rapprochées s'avancent en s’élevant un peu, comme pour offrir,

Humanite. — Les deux mains étendues descendent en glissant sur les côtés de la poitrine; le bras se déploie horizontalement de gauche à droite; enfin, la main vient s'appliquer sur le cœur.

Pitié. — La main s'applique sur le cœur; en même temps, les yeux sont fixés tristement du côté gauche, et la tête inclinée à droite.

Compassion. — Ajouter au signe précédent celui de douleur, en pressant le poing sur le cœur.

Charité. — L'index se dirige vers le ciel, ensuite la main s'applique sur le cœur; de là contre l’avant-bras gauche placé horizontalement devant la poitrine; puis le bras se déploie horizontalement de gauche à droite ; enfin, la main vient de nouveau s'appliquer sur le cœur,

Bienfaisance. — Imiter l'action de donner avec les

deux mains, à plusieurs reprises, avec un air de bonté et de satisfaction.

Imprudent, — La main droite étendue, le pouce en haut, se porie en avant en imitant les mouvemens d’un poisson qui se précipite sur l’appât.

Prudent. — Après avoir fait le signe précédent, la main se retire rapidement pour imiter le poisson Ki) reconnait le danger.

Autorité. — Le bras étendu, à la hauteur de la tête, se porte de gauche à droite, en faisant plusieurs fois, avec l'index, le geste du commandement.

Puissance. — Les deux bras, les poings fermés, se portent avec force en avant, et s'arrêtent en se roidissant. Le pouce se lève à la hauteur de la tête.

Obéissance. — Les deux mains renversées s’avancent en descendant vers la gauche; le corps suit ce mouvement.

Soumission. — L'index se porte rapidement sous la main gauche étendue horizontalement à la hauteur de la poitrine. — Signe d’obéissance.

Empressement. — La main droite courbée passe rapidement sous le menton de droite à gauche. Les deux mains ouvertes, la paume en dedans, les doigts écartés, et tournés les uns contre les autres, se portent en avant par plusieurs petits mouvemens brdsqtide

Emportement. — Les doigts de la main droite, écartés et recourbés, se portent, plusieurs fois, de basten haut contre la poitrine. Les yeux étincellent, le corps s'agite,

Prudence. — Le bout de l'index se porte au frout ; puis les deux mains, placées du côté gauche, et fermées

comme pour tenir des rênes, semblent tour à tour les urer et les lâcher avec: précaution.

Sagesse. — Les deux index, accolés l’un conire l’auire, se portent ainsi en avant dans un plan horizontal ; puis les deux mains ouvertes, placées l’une à côté de l'autre, un peu relevées par leur extrémité, s’abaissent lentement. La physionomie exprime la gravité.

Modération. — Les deux mains ouvertes descendent du haut de la poitrine vers le cœur, comme pour en calmer l'agitation.

Dimensions. — Les deux mains jointes, les pouces en haut, s'éloignent horizontalement l’une de l’autre. La main droite, le pouce en haut, appliquée sur le revers de la gauche dans la même position, s’en sépare en se portant en avant sur un plan horizontal; puis la main droite, étendue sur la paume de la gauche; s'en éloigne en s'élevant verticalement à la hauteur de la tête.

Proportion. — L'index et le médius écartés, pour figurer un compas, tracent un demi-cercle sur la paume de la main gauche; puis les deux mains courbées, les doigts collés et tournés en bas, s’avancent l'une devant l’autre; enfin, le signe d'égalité.

Temps. — La main droite se jette par-dessus l'épaule, puis se porte en avant. |

Durée. — Appuyer le pouce droit en croix sur le gauche, et les avancer ainsi autant que les bras peuvent s'étendre. st

Grandeur. — Ta main droite, dans une position horizontale , s'élève au-dessus de la tête.

Cause. (Voyez ci-devant, page 55D.)

Effet. — L'index et le pouce de la main droite sem-

blent détacher quelque chose qui serait suspendu entre l'index et le pouce de la main gauche.

Rivalite. — Les deux pouces levés, les autres doigts étant fermés, placés l’un à côté de l’autre, s'élèvent et s'abaissent alternativement à une petite hauteur.

Vérité. — Porter la main droite sur le cœur , puis étendre le bras en signe d'assurance.

Évidence. = Signe de vérité; puis les deux mains fermées et croisées devant la figure, le revers en dedans, se portent en avant en s'écartant et s'ouvrant avec force.

Jugement, — Les deux mains, comme sielles tenaient une balance, imitent le mouvement de ses plateaux.

Raiïsonnement. — Les deux mains font alternativement, et à plusieurs reprises, le signe d'effet; seulement les pouces et les index sont dans une position horizontale.

Doute. — Les deux mains renversées se halancent à la hauteur des épaules, et la tête se penche tantôt à droite, tantôt à gauche. Les épaules se haussent. |

Soupcon. — L'index droit se porte au front, puis il'se secoue un peu vers la gauche; les yeux, à demi fermés, se dirigent du même côté.

Conviction. — La main droite, les doigts courbés et tournés en dedans, descend avec force le long de la poitrine; le dessus du corps se penche en avant.

fPM — La main droite, l'index et le médius écartés l’un de l’autre, se porte au front, le revers en dedans.

Science. — La main droite, avec l'extrémité des doigts réunis, frappe, à plusieurs reprises, sur le front; de là elle s'élève, en s'ouvrant, au-dessus de la tête,

Génie. — La main droite porte l'index au front, puis elle s'élève, au-dessus de la tête, en s’ouvrant et agitant les doigts pour imiter la flamme.

Habilete. — L’index droit, après s'être appuyé sur le front, s'élève vivement au-dessus de la tête; le poignet exécute en même temps un mouvement de rotation de dehors en dedans.

Talent, — Signes d'habileté; puis la main fermée descend du front, en imitant l’action de donner.

2°, L'Oraison dominicale.

Nous donnons ici l’'Oraison dominicale telle que la récite le sourd-muet dans son langage. Au lieu de traduire les mots par des signes, nous avons cherché à décrire tous les mouvemens, tels que le sourd-muet les exécute, puis nous avons mis à côté de chaque description partielle, le mot français qui y correspond ; ainsi nous ne donnons pas ici l'Oraison dominicale traduite dans le langage mimique, mais, au contraire, la pantomime de l’Oraison dominicale, traduite littéralement en français. Cette marche nous a paru préférable, parce ‘que la syntaxe du langage des signes étant différente de celle de la langue française, si nous avions décrit l'Oraison dominicale mot pour mot, il aurait fallu sacrifier les inversions du langage mimique à la construction française, et nous n’aurions pas rempli notre but, qui est de donner un échantillon de la syntaxe de la langue des signes, de ses ellipses, et de son génie particulier. Ici, non seulement le sourd-muet sup-

prime la terminaison mimique composée du signe

grammatical, qui, dans le système de l'abbé Sicard, accompagne le signe radical de l'idée, mais il supprime encore les conjonctions et les pronoms comjonctifs ; 1l réunit dans un seul et même signe la valeur du verbe auxiliaire, qui est purement grammaticale, avec Ja va-

leur réelle du verbe qui exprime l'action.

1°, L'index de la main droite se porte du côté gauche au côté droit, en Notre

décrivant une courbe horizontale.

| 2, Les deux mains s'appliquent audessus des hanches, et descendent : Père quement sur le ventre en se rappro- Chant.

3°. Les deux mains élevées à la bauteur de la tête, placées l’une sur l’autre,

et affectant une forme concave, se sé-, le ciel parent en décrivant le cintre dunel

voûte.

même hauteur dans la gauche entr’ou-

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