CH. IV. CUNCLI'.SION
de cet affreux péril, c’est l’affaiblissemenl de l’antique et forte Éducation que recevaient autrefois les grandes races européennes.
Un homme d’un sens profond l’a dit : Chez une nation, quand V arhloeralie est “perdue, tout est perdu!
Oui, l’affaiblissement des grandes races est la ruine des sociétés. Bon gré, mal gré, tout dans la société n’est pas tête et chef. Mais quand la tête fléchit et chancelle, tout fléchit avec elle et tombe. Lorsque les grandes familles d’une nation et la grande bourgeoisie descendent, s’abaissent, il faut que tout descende et s’abaisse avec elles.
Chez nous comme ailleurs, tout ne peut se relever que par la grande et forte Éducation de la jeunesse.
Je l’écrivais il y a quelques années, et je le répète ici volontiers : « Un gouvernement qui voudrait se délivrer des grandes races et les déraciner du pays, pourrait se réduire à exiger que, par respect pour elles-mêmes, elles élevassent leurs enfants dans leur intérieur, seuls, loin de leurs semblables, dans l’horizon rétréci de l’Éducation particulière et du précepteur privé. »
Les grandes familles européennes ont, depuis longtemps, trop cédé à cette inspiration funeste. Combien la France en a souffert! combien n’en souffre-t-elle pas encore à l’heure où j’écris! Et que dire de l’Italie et de l’Espagne? mais c’est assez.
Il est temps d’achever ce volume. C’a été pour moi un long travail, et en l’achevant, je demande à Dieu de le bénir une dernière fois.
Je n’ai pas ici la prétention d’avoir fait quehiue chose de neuf et de grand : si ce livre a quelque mérite, c’est parce qu’il n’est point un livre nouveau. Je n’ai pres(pie fait que recueillir et résumer les témoignages, les aiito-
UV. V, œNCLUSION.
rites, les plus sages leçons des anciens maîtres; et je dirai volontiers coniine Roi lin ; Ce qu’il y a de meilleur dans cet ouvrage n’(‘sl point de moi; mais qu’importe, pourvu qu’il soit utile à la jeunesse?
Sans doute, j’ai écrit, pres(]ue à mon insu, l’histoire des jeunes àntes que j’ai connues et élevées, et eu même temps, le récit de mes expériences et des plus heureuses années de ma vie; mais ces expériences elles-mêmes ne sont |ias nouvelles : elles sont plus ou moins aussi celles de tous les instituteurs dévoués, qui m’ont précédé dans la carrière.
Je le reconnais d’ailleurs : les industries du zèle dans l’œuvre de rRducation sont variées à l’inlini : aussi je ne veux ni imposer mes méthodes, ni blâmer celles des autres : j’ai écrit pour dire ce (pie je crois lion à faire, et quelquefois ce que j’ai fait moi-même; mais assurément on peut faire autrement, et bien mieux fali'é. Je ne condamne donc rien, et j’approuve avec joie tout ce qui est utile.
Je n’ai point écrit d’ailleurs [lour tlattcr ni les parents, ni les enfants : <iuaud on aime, on ne llattc point : on dit la sinqile vérité avec alVection, et l’on est compris, comme le sont ceux qui ont foi en ce qu’ils disent et qui désirent vivement le bien de ceux à qui ils parlent. C’est le mot du Prophète : Credidi, propler quod loculus sum.
Quoiqu’il en soit, il est certain qu’il y a en ce moment une grande chose à faire parini nous, c’est de relever l’autorité et le respect dans l’Éducation : j’ai voulu apporter à cette oeuvre mon humble effort, et ç’a été l’inspiration particulière de ce volume.
11 me reste à faire un autre essai, cpii n’est pas sans rapport avec le premier, celui de travailler à relever les //umanités, au moment même où, battues en brèche de toutes parts, elles menacent ruine : c’est ce que je vais entreprendre dans le volume suivant, qui traitera de la luiule Éduralion iulellerluelle.
FIN nu OKUXIfcMF. VOLUME.