LIV. H. — CH. IV. — DE L'ENFÀNT ET DU RESPECT
Thorreur, — C'est Texpression dont il se sert, — Thorreur de tous ces divertisssements empoisonnés, et « des autres « vanités corruptrices, des nudités de gorgeLet de toutes les (c autres immodesties, » qu'on se permet si souvent devant les enfants, 6u qu'on leur permet à eux-mêmes. « Rien ne « peut justifier en ces parents\ disait-il, ni devant Dieu ni « devant les hommes, une conduite si téméraire, si scandaa leuse et si contagieuse pour leurs enfants. »
Dans rétat de nos mœurs, il serait à souhaiter pour Tenfance, puisqu'on ne la laisse pas croître dans l'ignorance du vice, qu'on pût faire avec ses facultés naissantes un pacte qui suspendît leurs progrés et les retînt oisives aussi longtemps qu'elles ne pourraient se développer sans danger. Des âmes toutes neuves, non exercées et vides de tout, seraient bien moins éloignées de la sagesse que celles qui ont recueilli et portent avec elles des semences perfides. Alors, du moins, la seconde Éducation ne se consumerait pas presque entière à combattre et à détruire les vicieuses impressions de la première, et l'on ne serait pas réduit à s'applaudir comme d'un succès complet lorsqu'on est parvenu à guérir le mal déjà fait !
Toutefois, il le faut dire, et j'en ai été le témoin : souvent , aussi chez nous, dans le s familles chrétiennes, cette première Education est très-bien faite, admirablement suivie et conduite.
Dieu, en effet, a donné aux commencements de l'homme un instituteur naturel, et que nul ne saurait remplacer : combien de fois une bonne mère, une mère pieuse n'a-t-eile pas trouvé dans son cœur et dans les inspirations de la piété
1. Voici ce que m'écrivait, il y a peu de temps, un homme de grande vertu et de grande expérience ; Je suis chaque jour, comme médecin, à portée de voir que, dès Vdge de un à deux ans, la plupart des enfanU contractent de détestables hahitudeSt funestes plus tard à leur innocence et à leur santé. Les observations faites, à cet égard, aux parents, même chrétiens, sont presque toujours accueillies avec mépris.
'des secrets d'Education mille fois plus efficaces que toutes les théories pédagogiques î Je me donnerai h moi-môme la consolation d'en parler avec détail, lorsque je traiterai des droits et des devoirs de Tautorilé maternelle» En ce moment, je me bornerai à dire : non-seulement pour les deux ou trois premières années de la vie, ces soins d'une mère sont nécessaires à Tenfant, mais encore bien au delà.
Je ne saurai surtout jamais approuver qu'on livre h l'Education publique des enfants de quatre ou cinq ans, auprès desquels rien ne saurait remplacer la sollicitude maternelle*.
C'est à la mère à éveiller dans son enfant les premières lueurs de l'intelligence et le premier amour du bien*; à mettre sur ses lèvres les premières paroles de la foi et de la vertu ; à tourner ses premiers regards vers le ciel ; c'est à sa mère, en un mot, à le doter d'une âme chrétienne, comme elle lui a donné un corps humain ; et, si rien n'est hideux cotame l'exemple, heureusement bien rare! d'une mère soufflant l'irréligion au cœur de son fils, rien aussi n'est attendrissent et beau à voir comme le spectacle d'une mère chrétieuue donnant à un enfant béni de Dieu les premiers enseignements de la foi, lui racontant les touchantes histoires de la Religion, lui apprenant à joindre ses petites mains pour la prière, et faisant bégayer à sa bouche enfantine les noms les plus sacrés.
Telle doit être la première Education :}e l'appellerais plus volontiers VEducation maternelle. Elle doit se passer au foyer domestique : seulement, que la maison paternelle soit toujours, pour cet enfant qui commence à apprendre à vivre, une Ecole de pureté, de justice, de bonté, de vertu, dfe sagesse, de douceur ! que rien n'y vienne gâter son cœur ou son intelligence, pendant ces temps heureux ou se for-
1 . On comprend sans peine que je ne prétends point condamner ici les Sa?{es à'oiiUt ni même les Crichei,