‹ De l'éducation (volume 2)Chapitre 39 sur 122 · CONCLUSION DU SECOND LIVRE · texte numérisé non relu

CONCLUSION DU SECOND LIVRE

Si l'enfant, aux yeux de la Philosophie éclairée par la Foi, paraît un objet digne d'un religieux respect, c'est qu'au-dessus des grâces et des prérogatives naturelles à cet âge, lise trouve quelque chose de plus haut et de plus divin qui doit inspirer ce respect, et l'élever jusqu'à Dieu lui-même*

En effet, le créateur, le père, le modèle de cet enfant, c'est Dieu. Toutes ces grâces naïves, sur lesquelles nous avons

reposé nos regards avec tant de complaisance, sont les reflets de la nature divine elle-même; et, si son Education doit * remonter si haut et se faire avec un soin si religieux, c'est que, créature sublime, il porte dans le fond de sa nature, dans rélévation, dans la puissance et Tharmonie de ses facultés, la ressemblance même de Dieu.

Cet humble enfant est destiné à un double royaume. S'il porte dignement sa couronne sur la terre, le royaume des cieux lui sera ouvert quelque jour; et si, quoique abaissé au-dessous des anges ici>bas, on lui en donne quelquefois le nom, c'est que Dieu lui prodigua, comme à Tange, la vie, l'intelligence et l'amour, et avec cette riche nature, toutes les riches facultés, tous les dons, tous les attributs merveilleux qui en découlent.

Faisons Vhomme à notre image et à notre ressemblance : ces admirables paroles, dit Bossuet, nous révèlent que Dieu, en créant l'homme, ne s'est pas proposé d'autre modèle que lui-même^ et qu'il a voulu faire reluire magnifiquement dans la créature humaine les traits de sa perfection et de sa gloire.

Je ne veux pas m'éjendre plus qu'il ne convient sur ce mystérieux sujet : toutefois je ne puis m'empêcher de faire remarquer ici quelle trinité surprenante se rencontre dans l'unité d'une nature créée et imparfaite, ety laisse entrevoir une image si vive et une si étonnante ressemblance du Dieu très-haut.

Dieu est la vie, l'intelligence, l'amour sans bornes ;

Dieu est la vérité, la beauté, la bonté suprêmes.

£h bien ! il a plu à ce Dieu que ces perfections constitutives de sa propre essence fussent le fond même de l'être en ce faible enfant. Dieu a voulu que les puissances les plus hautes de sa divine nature fussent réfléchies dans les facultés naissantes de cet être si humble.

Cet enlant,il vit donc, il pense, il aime, comme Dieu aime,

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