‹ De l'éducation (volume 2)Chapitre 86 sur 122 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Ëducation industrieUe et commerciale.

Ëdacation 8Tti8tiq[ne.

Je ne sais si cette grande puissance de notre nature qu'on appelle Tlndustrie et FArt a été jamais plus noblement célébrée que dans ces deux pages de Timmortel évéque de Meaux, que mes lecteurs me sauront gré de mettre sous leurs yeux au commencement de ce chapitre :

« Je ne suis pas de ceux, dit Bossuet, qui font grand état « des connaissances humaines, et je confesse néanmoins que • je ne puis contempler sans admiration ces merveilleuses « découvertes qu'a faites la science pour pénétrer la nature, a ni tant de belles inventions que Tart a trouvées pour « raccommoder à notre usage.

« L*homme a presque changé la face du monde : il a su c dompter par l'esprit les animaux qui le surmontaient par « la force; il a su discipliner leur humeur brutale et con- « traindre leur liberté indocile. Il a même fléchi par adresse « les créatures inanimées: la terre n'a-t-elle pas été forcée, « par son industrie, à lui donner des aliments plus conve- « nables ; les plantes à corriger en sa faveur leur aigreur

CE5 ClvER<E3 SORTES D EDCCATIO.T-

»T«iiiri3 iiii-mea j se tourner en remèdes pour

• U s^rîii; saperîla de meunier comme il sait iiiéna;;er les . <-U>««iiis. ai>'*« i^iil il<^ sortes de miracles qu'il fait Êiire « Booft i<r» it»ur» jux pins inLniitablt^â : je veux dire aa t'ea • tf*4l>au, II*» lieux ^raniis ennemis, qui saocordeat nèaa-

■ BMD» U Quus servir dans des opéniLiuns si utiles et si né-

4 Qnui plus: U est monté jusqu'aux cieux pour uiar<jher à ploaj'ùrtmfliii: il a appris aux astres îi le guider dans ses N voïiiK<^!i ; pour mesurer plus éiçalemenl sa vie, il a obligé ( le soleil îi rendre compte, pour ainsi dire,de tous ses pas,

• Hais laihHons h. la rhiilorinue celle longue et scrupuleuse t èaomèrauon, ut contenions-nous de remarquer, en thèolo- I (;iens, que. Dieu ay:inl formé l'homme, dilToracle deVÈ-

• criture, pour '>tre le chef de l'univers, d'une si noble insti-

■ tution, ()iioir(ue changée par son crime, 11 lui a laissé un « certain insiini:t de chercher ce qui lui manque dans toute

■ rtlendue de la nature. C'est pourquoi, si j'ose le dire, il « fouille parloui hardiment, comme dans son bien, et il n'y a ■ aucune pariie de l'univers où 11 n'ait signalé son industrie.

K Pensez mamienant, Messieurs, comment aurait pu a. prendre un lel ascendant une créature si faible et si expo- ■■ sêe, selon le corps, aux insultes de tontes les autres, si ■ elle n'avait i:n son esprit une force supérieure à toute la • nature visiljle, un souille immortel de l'esprit de Dieu, an - rayon de .■,! tace, un Irait de sa ressemblance. Non, non; ■ il ne se peut autrement.

" ^^ "l 'excellent ouvrier a fait quelque rare machiae, au-

' '^^^ "S peut s'en servir que parles lumières qu'il donne.

* ^'su a fabriqué le monde comme une grande machine

" BMe*^ seule sagesse pouvait inventer, que sa seule puis-

■ O liom"''*'^ construire.

l '"e ! il t'a établi pour l'en servir; U a mis, pour

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a ainsi dire, en tes mains tonte la nature pour rappliquer a à tes usages; il t*a même permis de Toruer et de rembeliir a par ton art; car qu'est-ce antre chose que Fart, sinon c rembellissement de la nature? Tu peux ajouter quelques c couleurs pour orner cet admirable tableau ; mais comment « pourrais-tu faire remuer tant soit peu une machine si « forte et si délicate, ou de quelle sorte pourrais-tu faire a seulement un trait convenable dans une peinture si riche, « s'il n'y avait en toi-même, et dans quelque partie de ton « être, quelque art dérivé de ce premier Arr, quelques féa condes idées tirées de ces idées originales ; en un mot» « quelque ressemblance, quelque écoulement, quelque por- « tion de cet esprit ouvrier qui a fait le monde?

c Que s'il est ainsi, qui ne voit que toute la nature con- « jurée ensemble n'est pas capable d'éteindre un si beau « rayon, celte partie de nous-même, de notre être qui porte « un caractère si noble de la puissance divine qui le sou- (c ti.ent; et qu'ainsi notre âme supérieure au monde et à « toutes les vertus qui le composent, n'a rien :\ craindre a que de son auteur * ? »

Voilà les nobles et 'saintes pensées que la Religion nous donne de T Art, de l'Industrie et de la puissance l'homme !

£t même, en descendant de ces vues si générales et si sublimes à des considérations moins élevées et à des détails secondaires^ nous verrons que, depuis Bossuet, Timportance de l'industrie et des arts, et, je dois l'ajouter, du commerce, n'a fait que s'accroître dans les pays civilisés.

Vlndustrie^ en effet, intéresse la vie humaine à l'égal presque de Tagriculture; car, si l'une ravit au sol la sève de vie renfermée dans son sein et la transforme en mille biens pour les habitants de la terre, l'autre s'empare des forces matérielles de la nature, les assujettit, les met au service de

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