‹ De l'education (volume 3)Chapitre 1 sur 67 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

que soient ses malheurs, il y a toujours pour elle une admirable ressource qui peut suffire à la régénérer, malgré ses égarements et ses fautes. Que lui faut-il? Une seule chose : qu'elle se laisse élever !

C'est par là que Dieu a fait les nations guérissables, dit la Sagesse éternelle * : la forte Éducation des générations naissantes peut toujours'puissamment contribuer à tout relever, à tout sauver.

Qui ne sait la profonde parole de Leibnitz : «J'ai toujours pensé qu'on réformerait le genre humain, si on réformait l'Éducation de la jeunesse.^ »

« La bonne Éducation de la jeunesse, disait encore ce grand homme, c'est le premier fondement de la félicité humaine, »

En effet, c'est l'Éducation qui, par l'influence décisive qu'elle exerce sur l'enfant et sur la famille, éléments primitifs de toute société, fait les mœurs domestiques, inspire les vertus sociales et prépare des miracles inespérés de restauration intellectuelle, morale et religieuse. C'est l'Éducation qui fait la grandeur des peuples et maintient leur splendeur, qui prévient leur décadence, et au besoin les relève de leur chute.

Il se rencontre là une des plus grandes lois du monde providentiel et moral.

Aussi, quand Dieu veut châtier un peuple, que fait-il? il lui retire ses instituteurs, et alors, les instituteurs manquant, le peuple dépérit et tombe : Cum prophetia defecerit, dissipabitur populus.

Si je demandais à l'Espagne, au Portugal et à d'autres

* Sanahiles fecit nationes orhis terrarum. (Sap.)

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