INTRODUCTION. VII
nations célèbres l'iiistoire de leurs malheurs, elles me répondraient peut-être : Nous sommes tombées depuis que, l'Éducation nous faisant défaut, les hommes chez nous ont défailli.
Que faut-il, en effet, pour former, pour soutenir, et, s'il en est besoin, pour régénérer une nation? Avant tout, des hommes.
Les nations ne s'élèvent, ne grandissent et ne se conservent, ne rajeunissent et ne se renouvellent que par des hommes. Quand voit- on les peuples s'aiGTaiblir, déchoir de leur grandeur et se précipiter à leur ruine ? Quand les hommes leur manquent.
Or, les hommes ! sans doute c'est Dieu qui les donne ; mais, Dieu le voulant ainsi, c'est l'Éducation qui les fait.
Des hommes ! sans doute encore, il y en a toujours : mais ce qui contribue à la grandeur, à la prospérité morale et intellectuelle d'un pays, ce ne sont pas les hommes tels quels : ce sont les hommes faits, les hommes achevés, les hommes élevés.
Qui a sauvé autrefois la France au sortir du chaos de nos guerres civiles, et préparé la grandeur du siècle de Louis XIV? C'est la prodigieuse force de l'Éducation qui fut donnée à la jeunesse française pendant les quarante premières années duxvir siècle, et la multitude d'hommes éminents qu'elle fit surgir de toutes parts.
Où en sommes-nous à cet égard?
Nous présentons depuis longtemps déjà un spectacle étrange.
Jamais la France ne fut couverte d'un peuple plus nombreux, plus actif, plus agité même.