INTRODUCTION. XIX
Nous l'avons proclamé le siècle des progrès î ! ! Sa marche se précipite, il est vrai ; il a des pieds de fer et des ailes de feu ; mais la terre tremble et fuit sous ses pas, et il achèvera peut-être sa course avant d'avoir atteint la fermeté de l'âge mûr !
Il y a bien parmi nous ce que l'on nomme les hommes départi. Mais qu'est-ce à dire, et qu'en peut attendre la France?
Hommes de parti : c'est-à-dire hommes qui ne seraient rien, s'ils n'étaient au service d'un parti : hommes dont les passions, les intérêts du jour, vantent, exagèrent, grandissent outre mesure le mérite, pour les besoins des partis.
Sans doute, il y a des partis honnêtes, des partis nécessaires en des temps malheureux.
Mais l'homme qui sauve son pays n'est plus un homme de parti ; il s'en dégage, il les domine de toute la hauteur de son dévoûment, de son génie et de sa mission, et il les rallie !
Là est la véritable force, là est la véritable gloire !
Quant aux hommes de parti, que sont-ils ? que peuvent-ils ?
Ils ont quelquefois dans le caractère ou dans l'esprit telle quahté ou tel défaut; ou bien ils doivent au hasard des circonstances telle position qui les fait exalter par tous ceux dont c'est l'intérêt du moment.
Alors on exagère tout en eux; ils ne font rien, ils ne pubhent rien qui ne soit admirable ; ils sont le drapeau du jour ; bon gré mal gré, on en soutient l'honneur. Il y a en leur faveur une sorte de gageure ; il faut aller jusqu'au bout.