XVIII INTRODUCTION
c'est Dieu qui les fait et qui les donne. Eh bien ! depuis longtemps Dieu n'en donne pas, ou, s'il les fait et les donne, l'Éducation les défait : l'épouvantable état de société où nous sommes et le temps mortel où nous vivons les corrompt ou les étouffe ; et la malédiction de Dieu a précipité, sous nos yeux, l'orgueil de ceux en qui on espérait le plus î
Sans doute, ici nul n'est de meilleure condition que ses frères, et tous doivent s'accuser et gémir.
Sans doute, encore, il y a aujourd'hui du zèle, de la bonne volonté et même un ardent désir de faire de grandes choses ; on ne peut le méconnaître ; mais tout cela, il le faut avouer aussi, se révèle avec un caractère d'orgueil, d'égoïsme et de faiblesse misérable.
Quand Dieu voulut faire le xvir siècle et sauver la France, il répandit un souffle de vie sur une multitude d'hommes, laïques et ecclésiastiques, mais tous chrétiens, humbles et forts, auxquels il donna, avec la résolution d'une sainteté décidée, un goût d'abnégation, un bon sens des affaires, un courage enfin et une tenue des grandes choses, dont nous sommes singulièrement dépourvus ; et puis, pour tout dire, ils firent de grandes choses parce qu'ils ne songèrent pas ambitieusement à les faire.
Ils sentaient bien, sans doute, qu'il se préparait quelque chose de grand dans ce siècle ; mais ils ne le célébraient pas fastueusement : ils auraient craint de se célébrer eux-mêmes.
Pas un des grands hommes du xvn^ siècle n'a dit : le xvn» siècle !
Le XVII" siècle n'a été nommé qu'après eux : et nous, nés d'hier, nous avons glorifié déjà notre xix'' siècle!