INTRODUCTION. XXIII
Que celui où toutes les plus petites raisons empêchent toutes les plus grandes choses !
Que celui où les intérêts et les hommes pariiculiers dominent et absorbent les intérêts et les hommes publics?
Certes, je ne veux pas être injuste envers mon temps et envers mon pays; je le reconnais : aujourd'hui encore, il y a beaucoup d'hommes qui ont reçu de Dieu tout ce qu'il faut pour être utiles et rendre de grands services ; mais chacun a son excuse, son prétexte ou sa raison.
J'irai plus loin : depuis cinquante années, il y a eu parmi nous des hommes que les dons de la nature et une haute Éducation intellectuelle avaient faits des hommes de génie. Cela est vrai ; mais une mauvaise Éducation morale en a fait des hommes pleins d'une personnalité orgueilleuse ; l'orgueil a renversé le génie : et leur ruine a été effroyable.
Et, eu fin de compte, partout ce sont les hommes qui font défaut; et voilà pourquoi presque toutes les œuvres religieuses ou sociales manquent de l'homme qu'il leur faudrait : j'en citerai un exemple.
Une loi pour l'enseignement a été obtenue : plusieurs ont craint que la loi ne suffît pas, et ont fait même, à cette occasion, plus de bruit qu'il ne convenait peutêtre.
D'autres ont dit : La loi suffira, mais les hommes ne suffiront point.
Les hommes manqueront pour mettre à profit cette loi et la liberté qu'elle donne.
Qui a bien jugé?
L'expérience décide en ce moment. A l'heure où je parle, s'il y avait des hommes, la France serait couverte