XXIV INTRODUCTION
de maisons d'Éducation chrétienne, d'établissements libres, et la jeunesse française serait sauvée; les congrégations religieuses et le clergé, au lieu d'ouvrir çà et là quelques rares collèges dont plusieurs peut-être subsisteront avec bien de la peine, auraient, par le bienfait de cette loi, répondu à tous les vœux des familles catholiques, et ouvert les cent collèges qui nous manquent.
Mais hélas ! il faut l'avouer, nous sommes dans un cercle vicieux : l'Éducation seule pourrait former les hommes qui nous manquent, et les hommes qui nous manquent pourraient seuls nous donner l'Éducation qu'il nous faut.
On ne sortira de ce cercle vicieux que par un prodigieux effort d intelligence, de dévoûment et de courage!
C'est ce qu'on a fait au commencement du xvir siècle. La situation n'était guère meilleure.
Mais qu'on y prenne garde, cène sont pas des hommes médiocres qui nous ont fait et élevé le xvir siècle : c'est un saint Vincent de Paul, un Richelieu, un cardinal de BéruUe, un Olier, et tous ces grands instituteurs de la Jeunesse séculière et cléricale, dont l'intelligence, le dévoûment et l'énergie passèrent de loin tout ce que notre temps peut imaginer.
Le règne de Louis XIIÏ fut admirable pour ceux qui savent regarder de près ; le roi manquait, mais il y avait un homme : cet homme, dont Fénelon, malgré ses inclinations contraires, a dit depuis :
« Armand, cardinal de Richelieu, changeait alors la « face de l'Europe, et, recueillant les débris de nos guerres « civiles, posait les vrais fondements d'une puissance su- « périeure à toutes les autres.