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CHAPITRE PREMIER

L'Enfant, ses qualités, ses défauts, ses ressources.

Nous Tavons dit : cultiver, exercer , développer, fortifier et polir toutes les facultés physiques, intellectuelles, morales et religieuses, qui constituent dans V enfant, la nature et la dignité humaine,..

Telle est l'œuvre de l'Éducation .

Le sujet personnel de l'Éducation, c'est donc l'enfant.

Il importe de l'étudier à fond, et de voir de près ce qu'il a en lui-même de grandeur, ce qu'il offre de ressources, et au nom de quelle noble nature, au nom de quelles facultés supérieures, il réclame les préoccupations les plus hautes et les plus tendres, et tous les soins d'un respect religieux.

Si ce livre tombe aux mains de ceux que j'ai eu le bonheur d'élever, ils ne seront point étonnés de mon langage. Sans doute, aux jours de leur Éducation, je leur parlais plus souvent de ma tendresse que de mon respect.

Je ne craignais pas cepen dant de leur révéler quelquefois à eux-mêmes le secret de mes devoirs les plus délicats envers leurs âmes; j'aimais à leur expliquer le mystère^du respect avec lequel les pieux instituteurs de leur jeunesse croyaient devoir les élever. Ces cliers enfants comprenaient ces leçons ; et c'est un hommage qu'il m'est aussi doux de leur rendre qu'il peut leur être glorieux de le recevoir : toujours ils se sont montrés dignes d'être élevés à l'école du respect.

Mais qu'est-ce donc que l'enfant, pour qu'il soit digne d'un respect religieux ?

L'enfant ! c'est l'homme lui-même avec tout son avenir renfemié dans ses premières-4innées ; l'enfant î c'est l'espérance de la famille et de la société ; c'est le genre humain qui renaît, la patrie qui se perpétue, et comme le renouvellement de l'humanité dans sa fleur.

L'enfanl ! c'est une aimable créature, dont la candeur, la simplicité naïve , la docilité confiante , gagnent l'affection et font naître les plus heureux présages : c'est la bénédiction de Dieu et le dépôt du ciel, une âme innocente dont les passions n'ont pas encore troublé le paisible sommeil, dont la droiture n'a pas encore été altérée par les enchantements du mensonge et les illusions du monde.

L'enfant ! c'est un cœur simple et pur, à qui la religion peut se présenter avec confiance, qui n'a pas encore d'intéféts secrets à défendre contre elle, et qui se laisse volontiers attendrir par sa voix maternelle.

C'est ce premier âge de la vie, si doux à voir, si aimable à cultiver, le plus souvent si commode à instruire, si facile à former aux devoirs les plus saints, et toujours si intéressant à étudier de près ! Ah ! je comprends que l'enfance ait été si chère au Dieu de l'Évangile l Tout respire en elle l'innocence et la grâce î II y a dans ce premier âge quelque

chose qui vient plus récemment du ciel, qui appelait toutes les bénédictions de cette main divine, et qui nous représente ici-bas les attraits les plus doux de la candeur et de la vertu.

Mais, me dira-t-on peut-être : on le voit, vous prenez plaisir à parler ici de ces enfants de bénédiction, qui sont rinnocence, la docilité, la sagesse mêmes ; que la nature et la grâce semblent avoir formés à Tenvi, et qui paraissent nés pour être Tamour du ciel et les délices de la terre.

Non, je parle ici de tous les enfants, quels qu'ils soient, je prends cet âge dans sa plus grande généralité, et je dis qu'il y a en lui une grâce, une dignité, une noblesse qui lui est propre : c'est je ne sais quoi d'heureux qui respire son origine céleste et qui n'est pas dans le commun des hommes : rien encore n'a été flétri et abaissé en cet enfant, tel que je me le représente. Il n'a jamais fait une indignité avec réflexion : il n'a pas encore menti avec habileté : il n'a pas encore méprisé sciemment ou haï la vertu : la justice, l'équité naturelle et la bonne foi sont toutes vives en lui. Sans doute, il porte en lui, avec la tache originelle, le penchant au mal qui est le triste apanage de notre nature : mais c'est un germe enveloppé dans la profondeur de son âme, qui n'a reçu encore aucun développement.

Je connais mieux qu'un autre les défauts du premier âge ; et l'on verra tout à l'heure que je n'ai aucune envie ni aucun besoin de les dissimuler. Les longues années que j'ai dévouées au soin des enfants ont été les plus douces, mais aussi les plus laborieuses de ma vi^, et si mes cheveux ont blanchi avant le temps, c'est au service de l'enfance. Qui s'est d'ailleurs occupé des enfants sans connaître, sans rencontrer tout ce qu'il y a à réformer en eux et à corriger par l'Éducation ? C'est donc aussi, je le dirai sans peine, c'est aussi dans cet âge qu'on trouve quelquefois, à

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côté des inclinations les plus heureuses, les instincts les plus dépravés, Tobstination, remportement, la jalousie, le mensonge, je dirai môme Fingratitude ; c'est surtout à cet âge que l'égoïsme, tout irréfléchi qu'il est, se montre passionné, capricieux, ardent. Je n'ai jamais rencontré de personnalité plus profonde que chez les enfants.

Quand leurs premières années ont été nourries dans la mollesse, avec quelle répugnance secrète ils repoussent toute vérité qui les blesse ! avec quel déplorable instinct ils saisissent tout ce qui est faux ou mal, et qui les flatte !

C'est de plus un âge curieux, mobile, inquiet, avide de jouissance, ennemi de la contrainte : c'est cet âge qui ouvre avec un si dangereux empressement les yeux à la vie pour en découvrir tous les charmes : cet âge qui promène avec inquiétude ses regards avides sur la riante scène du monde pour en voir les trompeuses beautés ; cet âge, enfin, où le cœur lui-même, quoique si jeune encore, s'éveille, et s'épanouissant pour la première fois à tout ce qui l'entoure, sollicite avec ardeur l'aliment qu'il faut à ses désirs, et se hâte de goûter les vaines joies qui peut-être flétriront bientôt son innocence !

J'avoue tout cela, et pourquoi le dissimulerais-je ? C'est précisément l'inexpérience, la faiblesse, les innombrables périls et surtout les défauts de ce premier âge qui intéressaient mon cœur, alarmaient ma tendresse, et qui réclament de l'indifférence elle-même une sollicitude et des soins paternels.

Je le répète donc, l'enfance est légère, inappliquée, présomptueuse, violente, opiniâtre : c'est l'âge de la dissipation, des emportements et des plaisirs, l'âge de toutes les illusions, et de là presque tous les écarts de cet âge et aussi tous les soins laborieux de l'Éducation ! mais, ajoutait Fénelon, c'est le seul âge où Vhomme peut encore tout sur lui-même pour se corriger. Ei^ie le demande, qu'y a-t-il de plus at-

tachant, et, je l'ajouterai, de plus digne de respect ({u'un être si jeune et qui fait des efforts pour devenir meilleur ? N'est-ce pas là un des plus glorieux et des plus attendrissants privilèges de Tenfance ?

L'âge mûr et surtout la vieillesse sont presque sans ressources contre leurs défauts ; ils ne peuvent que bien difficilement se redresser sous le pli malheureux qu'ils ont pris, et déraciner le mal qui a vieilli avec eux. 11 ne leur reste d'ordinaire qu'un naturel affaibli et gâté par l'habitude.

Quant aux enfants, s'ils ont, comme les hommes, les défauts de leurs qualités^ ils n'ont pas du moins encore ces défauts acquis que le progrès du temps, l'influence de l'habitude et la force fatale de la nature, pleinement développée pour le mal, font appeler justement des vices.

Tout est souple encore en eux et tout est neuf : il est facile de redresser ces tendres plantes et de les élever vers le ciel. Rien n'est usé, rien n'est invétéré dans ces jeunes et vives créatures.

Et voilà pourquoi, au milieu même de ses défauts, il n'y a rien de plus aimable à voir que la raison et la vertu naissantes d'un enfant, — lilium inter spinas^ dit l'Écriture, — rien de plus touchant à observer que les premiers efforts qu'il fait contre lui-même pour se corriger. Comme il faut l'exhorter et le soutenir alors ! avec quelle affection il faut lui faire comprendre, lui faire sentir qu'on bénit Dieu de son courage, qu'on en est heureux ! Il faut bien se le persuader, jamais on ne témoignera trop de tendres encouragements à un enfant qui travaille à vaincre son humeur et à se maîtriser, qui sent ses fautes, qui se les reproche, les avoue de bonne foi ; qui aime ceux qui le reprennent, et met de bonne heure la main au grand œuvre de son perfectionnement.

On ne saurait donc y prendre trop garde ; car souvent on s'y trompe : oui, trop souvent l'on s'effraie sans raison des

défauts du premier âge. Sous Técorce la plus raboteuse, il y a quelquefois un tronc vif et plein de sève qui donnera d'excellents fruits : comme aussi quelquefois une superficie douce et polie cache un fond trompeur et des principes mallieureux de corruption. Il faut surtout bien se défier de ce ' qu'on nomme de jolis enfants : je ne dis pas qu'on doit se prévenir contre eux; mais il faut bien y regarder: ils donnent rarement ce qu'ils promettent.

Au contraire, malgré les apparences de la légèreté et un entraînement trop vif pour le plaisir, un enfant peut être sage, raisonnable et sensible à la vertu. J'ai rencontré parfois de ces jeunes êtres qui, sous l'extérieur turbulent de leur âge, cachaient une raison déjà fort avancée, qui avaient un esprit net, un caractère ferme et décidé au milieu même de la mobilité de leurs impressions, et j'avoue que c'étaient ces enfants-là qui m'intéressaient le plus, que c'était avec eux que j'avais besoin de me mettre en garde contre les préférences de mon cœur.

Je ne fais donc aucune difficulté de le reconnaître : l'enfant, même celui qui a reçu du ciel, en naissant, le plus heureux caractère, est un être léger, volage, qui erre de désir en désir, à la merci de sa propre inconstance. Il semble que rien ne le peut fixer, qu'il est incapable d'appliquer sa raison à rien, de former une résolution, de prendre un parti sérieux : sur toutes choses il ne pai^aît suivre que les goûts, les fantaisies les plus frivoles, et n'avoir rien de fixe qu'une agitation éternelle ! Mais que les instituteurs religieux me permettent de le dire en leur nom : c'est l'œuvre et la gloire même de l'Éducation de vaincre cette légèreté et de fixer cette inconstance ; c'est aussi l'œuvre et la gloire de la jeunesse !

J'ai assisté à ce triomphe et j'en ai joui : j'ai vu des enfants, avant leur douzième année, fidèles aux heures du silence, attentifs aux leçons de la science et de la vertu, em-

pressés au travail, ardents aux combats de l'émulation, recueillis dans la prière, et je me suis dit : Quelle joie pure, quel honneur pour ceux qui élevèrent ces enfants, et qui sont parvenus à former des esprits si mûrs, des cœurs si fermes, des âmes si sérieuses, dans un si jeune âgel mais aussi comment ne pas aimer des enfants si courageux et si aimables ! quel bonheur de mettre à les former son amour et ses soins ! comment ne pas admirer une enfance si noble et si pure, si généreuse et si docile !

Qu'on me pardonne mes préventions pour cet âge ! mais, je dois l'avouer, je mets le plus grand prix à persuader ici aux instituteurs de la jeunesse que ce sont les défauts naturels de l'enfant, les défauts même dont on s'effraie le plus, qui doivent inspirer leur zèle, leur affection, je dirai presque leur respect pour l'enfance !

Qu'ils y regardent de près, et ils verront que l'enfant le plus agité, le plus turbulent, a, au milieu de tous ses défauts^ quelque chose de vrai, d'ingénu, de naturel, qui est d'un prix infini et mérite tous les respects. Dans un âge plus avancé, hélas ! nos bonnes qualités elles-mêmes ont des raffinements qui les altèrent : lui, l'enfant, il est naturellement droit et sincère : il n'a encore rien d'ajusté, rien de factice : il paraît quelquefois trop sans gêne, cela est vrai, et on s'en plaint. Pour moi, je ne m'en plaignais qu'à moitié, parce que je le trouvais presque toujours sans réserve affectée, sans envie, et, malgré son égoïsme naturel, sans retour inquiet ou savant sur lui-même, sans préoccupation intéressée.

Simple et aisé, libre dans sa course, l'enfant ne s'arrête point pour se composer avec art ; et dans ces moments précieux oii il aime quelquefois à se fixer auprès de vous, à vous écouter avec attention , vous serez étonné de voir, ce que j'ai vu mille fois, combien il est digne de la plus douce, de la plus intime familiarité ; combien votre culture a pénétré avant dans cette jeune terre; avec quelle facilité on

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trouve le chemin de son cœur , pour y graver rapidement les impressions les plus profondes.

Oui, Tenfant le plus étourdi, j'ai presque dit le plus violent, c'est celui-là même qui montre tout à coup à ceux qui savent s'en faire aimer un goût de candeur et de vérité qui ravit ; c'est lui qui fait sentir tout à coup dans son cœur, quand on a su l'attendrir, je ne sais quoi de doux, d'innocent, de gai, de paisible, qui émeut profondément. J'insiste à dessein sur cette pensée : quelles que soient l'àpreté de son caractère et la violence môme de ses passions, quand un enfant est sans bassesse, quand il a de la droiture, du courage, un fond de sensibilité vraie, un sentiment de religion, il ne faut jamais s'en inquiéter.

Fénelon parle quelque part d'un enfant qui lui fut confié pendant quelque temps, et qui, fort jeune encore , avait de l'esprit, de la hardiesse, de la facilité pour parler; mais un naturel fort jusqu'à la dureté, des passions très-vives, des fantaisies violentes, une humeur impétueuse, et nulle raison encore assez ferme pour se retenir. Une fois emporté, il ne revenait jamais de lui-même : on ne parvenait même pas à lui faire sentir son tort. Il se raidissait de sang-froid et méprisait la correction.

Mais c'étaient tous ces défauts-là mêmes qui donnaient à Fénelon de grandes espérances pour l'avenir de cet enfant : Ses défauts^ disait-il, viennent de son] tempérament et de son âge. Il y a tout lieu de croire que la bonne Education et une raison plus mûre les tourneront en vrais talents. C'est un vin dont la verdeur se change en force. C'est un naturel très-fort; Un' est question que de V adoucir. L'âge qui fortifie la raison, l'exemple., V instruction, l'autorité, tempéreront cette impétuosité enfantine.

Il faut avec lui beaucoup de douceur, de patience et de fermeté...

Il faut le mener avec une fermeté douce, patiente et

QUI EST DU A LA DIGNITÉ DE SA NATURE. 4o

égale'. Il y a un fond de raison et de force duquel on peut attendre beaucoup ; pourvu qu'on V accoutume peu à peu à se modérer^ cet enfant aura des qualités très-avantageuses.

Fénelon révèle ici un des secrets sans contredit les plus profonds de la nature humaine et de la morale chrétienne, et le plus important aussi à bien comprendre quand on se dévoue à TÉducation de la jeunesse.

Les natures les plus vives, les plus fortes et les plus heureuses ne sont pas, en effet, les natures sans défauts, sans passions et sans combats. Qui ne sait les combats et les victoires d'un saint Paul, d'un saint Augustin, d'une sainte Thérèse, d'un saint Jérôme, d'un saint François-Xavier et de tant d'autres ?

Il n'a jamais été question d'élever des enfants sans passions et sans défauts : j'oserais presque le dire, rien ne serait pire que ces enfants-là ; rien ne serait plus problématique que le succès de leur Éducation. Pour moi, je le pressentais toujours et j'avais l'habitude de le dire : Ce sont des eaux dormantes et trompeuses : il nous en viendra plus de mal que de bien !

Mieux valent mille fois les natures vives, impétueuses, passionnées. Sans doute elles ont besoin d'être fortement gouvernées ; mais aussi elles offrent de grandes ressources pour les grandes choses.

* Fénelon aimait les enfants. A soixante-quatre ans, il s'était chargé encore de surveiller, dans son palais à Cambrai, pendant un automne, l'Éducation des jeunes fils du duc de Cliaulnes : il n'en parlait qu'avec tendresse.

N'oubliez pas, écrivait-il à leur père, que vous m'avez promis la chère jeunesse pour la belle saison. J'en serai charmé.

Une autre fois : Je vous demande vos chers enfants, qui sont les miens. Ils ne m'embarrasseront en rien ;j'en serai charme et je serai lew premier précepteur au-dessous de M. Gallet.

Laissez-moi la petite jeunesse : ils me feront plaisir ; je tâclicrai de ne pas leur être inutile.

Une autre fois il écrivait à leur m&re : Pour la petite troupe, je suis charmé de l'avoir ici ; je les aime tendrement. Ilsme i^éjouisscnt. Ils ne m' embarrasseront en rien.

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Qu'entendent, en effet, par les passions, les maîtres de la morale? Ils entendent ces ressorts puissants, ces mouvements impétueux de Tâme qui la poussent à Famour et à la haine. A quoi les ont-ils comparées? A des coursiers généreux qui emportent et précipitent l'âme dans le bien ou le mal extrême, selon qu'une main ferme ou lâche s'est emparée des rênes.

Ainsi, que les enfants soient ardents, emportés, fougueux ; qu'ils aient une imagination vive , un esprit quelquefois altier, un caractère irritable, une sensibilité excessive : je no m'en effraie pas pour leur éducation ; ceux-là du moins . ne languiront pas, sans défauts, sans reproches, mais aussi sans vertu, dans la médiocrité ; je ne demande pour eux qu'une main capable de saisir les rênes, et de diriger habilement leur forte et généreuse nature.

Ces enfants, qui me donnaient tant de peines, avaient au fond un cœur excellent, un esprit élevé, une âme noble. Je les trouvais toujours vrais, sensibles, sincères ; c'étaient ordinairement d« tous les plus reconnaissants et au fond les plus dociles, ceux qui s'accoutumaient le plus courageusement à l'obéissance, au travail, à l'amour des lettres et au respect de leurs maîtres : plus prompts toujours à l'enthousiasme du bien qu'au ressentiment du mal ! Et, quand enfin l'heureux naturel qui était en eux, triomphant, par la grâce de Dieu et par leur éducation, des défauts et des faiblesses de leur âge, s'affermissait dans la sagesse et dans la vertu, ils devenaient en réalité ces enfants qui promettent à vingt ans d'être les plus aimables et les plus généreux des hommes *.

* Rousseau.

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