‹ De l'education (volume 3)Chapitre 7 sur 67 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

plusieurs. S'il n'y en avait qu'un, la France serait peutêtre déjà sauvée ! Que faire ?

Prier, afin que Dieu rende possible celui qui est nécessaire.

Heureux les peuples desquels on peut fedire la parole de l'Évangile : Fuit homo missusa Deo : il y eut un jour pour eux un homme envoyé de Dieu * !

Mais je suis élevé ici à des pensées plus hautes, et les doctrines évangéliques éclairent admirablement ce que je médite en ce moment.

L'homme est le grand moyen employé par Dieu pour sauver l'homme. Une telle mission est sans contredit la plus grande gloire que Dieu puisse donner à un homme ici-bas.

Cette gloire est presque toujours douloureuse, sanglante. On ne sauve les hommes qu'en se dévouant, et quelquefois en mourant pour eux.

Le plus souvent ils ne veulent pas être sauvés : alors il faut les sauver malgré eux, et mourir pour eux et par eux.

C'est alors ce je ne sais quoi d'incomparable et d'achevé que les grandes infortunes ajoutent aux grandes vertus.

Dieu a trouvé cela si glorieux, qu'il en a réservé la gloire à son Fils.

J'ai dit que Dieu sauve l'humanité par l'homme : et il est à remarquer ici que, quand Dieu voulut lui-même tra-

^ Tels furent : Judas Machabée à Jérusalem ; Constantin , vainqueur par la croix aux portes de Rome ; saint Léon le Grand, devant Attila ; saint Pie V, à Lépante ; Jean Sobieski, sous les murs de Vienne ; Jeanne d'Arc, à Orléans.

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