M™». LK BLANC
En vérité, madame, personne ne peut vous reconnaître, vous portez ce carton avec une aisance, vous marchiez dans la rue d’un pas si leste !.... il semhle que vous n’ajez fait d’autre métier de la vie.
M*"*. PE FUnVIT.I.E.
Le sentiment qui m’anime , ma chère madame Leblanc, me ferait entreprendre sans peine des choses plus dilHciles. Je n’ai qu’un fds , objet de ma tendresse, âme de toutes mes actions; son bonheur ou son infortune , malgré mes soins et ma prévoyance, vont éti’e fi.xés pour la vie ; son oncle.
3 LES DELX ÉDUCATIONS.
dont il est l’héritier , veut l’établir avec la fille unique de M. Toutor, à laquelle on commence par donner cent mille écus de dot ; c’est un parti qui enchanterait bien des mères; mais rien ne m’a éblouie; j’ai voulu voir , j’ai voulu connaître , sans en être ‘ connue , celle qui va porter un nom que je chéris , transmettre à mes petits-fils, ou leur faire perdre ce respect pour les mœurs , cet amour de l’honneur qui ont fait la base de la conduite de notre famille. J’ai quitté ma terre à l’insu de mon frère. Si l’amour a fait naître dans de jeunes cœurs le désir de ' se déguiser pour connaître l’objet auquel on les destinait , la tendresse maternelle m’a suggéré la même idée, et vous me charmez en .m’assurant qu’il est impossible de ne pas me prendre pour votre porteuse de paquets.
M“'. LEBLANC
Impossible , je vous assure. Mais si mademoiselle Brillantine ne vous parait pas répondre à vos désirs , que ferez-vous auprès de monsieur votre frère ?
M™'. DF, FURVILLE.
Mon frère est un homme sensé. Les dépenses nécessaires dans l’état que doit avoir mon fils lui ont fait chercher la fortune , mais il connaît tout le prix d’une sage éducation. Malgré lui , j’ai cru remarquer dans sa correspondance quelques inquiétudes sur celle de mademoiselle Brillantine : d’ailleurs, je suis plus riche qu’il ne le croit; je n’ai jamaisdit ni caché ma fortune; mais, retirée du monde depuis