‹ De l'éducationChapitre 140 sur 245 · ACTE II. SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II. SCÈNE III

les sentimens que vous éprouvez, que ce lieu me parait délicieux. J’y reconnais tout ce que vous avez peint. L’image de notre tendre père se représente ici à mes yeux ; je le vois dans ces jours heureux où son amitié pour vous nous préparait le choix de la meilleure des mères. Tous vos récits sont si exacts, que cette terre que nous n’avions jamais vue nous parait être aussi le lieu de notre naissance. Ne pouvez-vous pas y acheter une propriété , et venir passer ici tout le temps de la belle saison?

M“'. DE MORINCOURT.

C’est aussi mon projet. J’y retrouverai des souvenirs bien doux , quoique mêlés de tristesse. J’irai souvent pleurer sur l’humble gazon qui couvre les restes de ma mère. C’est d’elle , mes enfans, que j’ai toujours h vous raconter les traits les plus touchans et les plus faits pour être gravés dans de jeunes cœurs. Jamais on ne réunit tant d’esprit , de douceur, de modération. Hélas I elle succomba sous le poids de tous les malheurs réunis; et mon correspondant à Paris, chargé de veiller à ses besoins , m’apprit qu’elle avait terminé sa douloureuse existence , après avoir perdu ma sœur.

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