SCÈNE VIII
Les mêmes; MATHURINE et LA FERMIÈRE COLLOT.
MATHURINE
Est-il ben vrai, ma mère, que c’te belle dame est vot’ fille , et que vous allez être plus riche que nous tous? Ça fait la joie de tout le village. Je viens
VOUS embrasser une des premières , et vous dire que mes affaires vont aussi très-bien : j’ai été vendre toutes ces breloques qui m’ont fait un peu de plaisir , mais bien plus de, peine ; j’en ai fait un joli sac d’écus , je les ai apportés à Pierre , il croyait que ça tombait du ciel , enfin il a su ce que j’ai fait pour le tirer de peine, et il a dit qu’il passera sa vie à m’en récompenser. Noos avons déjà quatre hommes qui travaillent à notre champ ; la joie est rentrée chez nous , et c’est à vous , à vous seule que nous le devons.
M"*'. DE MORINCOÜRT.
Combien l’iiommage que vous rendez à ma mère est touchant ! Votre confiance en ses avis , votre reconnaissance , m’attestent qu’elle a vécu heureuse parmi vous , et adoucissent , s’il est possible , le regret que j’ai de n’avoir pu moi-même m’occuper toute ma vie de son bonheur.