‹ De l'éducationChapitre 17 sur 245 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

Le théâtre représente le cabinet de lady Dawenport. Sur la droite est une table avec un encrier et des livres. Elle est disposée pour que quatre personnes puissent y écrire.

CAROLINE ET SOPHIE sont occupées à écrire sur des cahiers; de l’autre côté delà table, les cahiers sont blancs, il n’y a pas même le titre sur la première page; sur la gauche du théâtre, ANNA et CLARICE sont assises avec un livre d’images sur leurs genoux.

« CL.4RICE

\u\ la drôle de figure ! c’est absolument milord Lyncei quand il se promène dans le parc de Saint- James avec son air gauche et raide.

ANNt.

Oh! oui, Clarice, tu es charmante pour les ressemblances ; je le vois là avec son chapeau à la main.

LA FAMILLE DAWENPOBT.

et sa grosse cravate, comme quand il nous salue. Quelle figure grotesque ! il est odieux, ce pauvre lord !

CLARICB.

Papa dit cependant que c est un homme de mérite.

AWNA.

Le mérite a donc une bien mauvaise tournure ! Il y a de quoi en dégoûter.

CAKOLIKE, cessant un moment dVcrirc.

Ah! ma cousine, comment peut-on confondre la tournure avec le mérite! c’est avoir une idée bien fausse des choses qu’il importe le plus de distinguer.

ANNA

Mes idées ne sont point fausses, ma chère Caroline ; et , pour vous en donner la preuve , permettezmoi de vous dire que votre ton de docteur ne convient nullement à une jeune personne de treize ans qui parle à une demoiselle prête à se marier; car enfin , ma chère Caroline, je serai peut-être duchesse l’hiver prochain, présentée à la cour, répandue dans les cercles les plus hrillans; et je me vengerai de tout votre beau savoir , et de votre petit ton capable quand je viendrai voir ma tante , et que , vous baisant sur le front, je vous dirai : Bonjour, petite.

c AKÜLI NE

La vengeance sera douce, ma chère Anna; et je ne suis point jalouse de paraître la première dans le monde. J’aurai encore trois ou quatre années k em-

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