ACTE I. SCEKB I
ployer à mon éducation , et j’en ai grand besoin , je le sens chaque jour davantage.
CLARICE
£b bien ! continuez , ma raisonnable cousine : vous avez perdu au moins quatre ou cinq lignes de vos précieux griffonnages ; nous vous en demandons
ANNA
Oh î je n’ai pas envie d’employer le temps en discussions : continuons de regarder ces gravures ; elles sont charmantes. A qui ressemble cette grosse dame sous cette allée du jardin? Voyons, devine.
CLARICE
A la grosse femme du vieux baronnet.
AHKA.
Justement. ( EUes viennent toutes deux sur le devant de Ut scène. ) C’est parfait ! jusqu’à son éventail déployé ! s’éventant de toutes ses forces ! Et son petit chien ! regarde. Ah I c’est sûrement sa caricature qu’on a voulu faire. C’est pourtant bien heureux d’avoir trouvé ce livre pour charmer un peu notre ennui pendant les huit jours que nous devons passer ici {plus bas ) avec nos respectables cousines.
(EUf« continuent à feuilleter le livre.)
SOPHIE
As-tu fini ton extrait sur les beaux-arts de la Grèce?
Oui. Et toi, où en es-tu de l’histoire romaine?
LA FAMILLE DAWENPORT.
SOPHIE
Je finis tout ce qui concerne Numa Pompilius
,'AHKA.
Et à quoi peut vous servir, ma belle Caroline, de connaître les arts de la Grèce? En bonne foi, c’est bien perdre son temps en recherches inutiles à noti-e sexe ; et pour moi , passé la grecque que je brode au crochet autour de mon scbàll , je me promets bien de laisser les Grecs très en repos sur leurs statues et leurs peintures.
CLARICE
En vérité, mes chères cousines, vous nous faites pitié. Ma tante vous donne les idées les plus fausses sur ce qui convient aux femmes de bonne compagnie. On vous élève en franches provinciales. Savezvous, par exemple, ma chère Sophie, que l’on se moquerait de vous dans un cercle si vous alliez y parler de mademoiselle Numa , et de monsieur Pompilius? Jamais, chez les amis de papa, je n’ai entendu dire un mot de ces personnages, et nous allions cependant l’hiver dernier dans les assemblées les plus brillantes.
CAROH>'E,
Je conçois très-bien , ma cousine, que l’on ne s’amuse point à discuter sur ces objets dans une société animée par le plaisir ; mais , enfin , on peut avoir ces’ connaissances sans en faire parade ; et elles sont absolument nécessaires pour servir le goût des plai-