‹ De l'éducationChapitre 170 sur 245 · ACTE I. SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE I. SCÈNE V

pas entendu parler de lui. Je connais les sentimens et l’affection de nia mère : l’orteil et la fausseté sont si loin de son àme, quelle n’a jamais 'dû présumer,..,

M“*. MORTON

Avez-vous fait connaître à Milady votre éloignement pour un subterfuge que les principes réprouvent?

AHABELLA.

Dix fois je me suis rendue près d’elle bien déterminée à lui ouvrir mon cœur; je ne l’ai presque jamais trouvée sans milord Lindsey ou sa mère ; et quand j’ai cru saisir quelques instans favorables à ma résolution , mes jambes chancelantes, ma voix éteinte, m’en ont ôté la force.... Je ne puis que lui écrire; et c’est sur cette lettre, dont va dépendre ma destinée, qu’il m’était si nécessaire de venir m’appuyer de votre expérience , obtenir vos conseils. Vous ne désapprouvez pas, mon amie , la répugnance invincible que j’ai à me soumettre è la volonté impérieuse de Milady ?

M"'. MORTON

Pourrais-je vous blâmer? Il est des circonstances , Arabella, où la plus brillante fortune , les plus grands honneurs , ne sont plus qu’une vaine fumée que )a vertu doit faire disparaître pour laisser voir les objets dans leur réalité. Quand ces avantages sont légitimes , la raison peut , même sans efforts , nous les faire dédaigner; mais, lorsqu’ils sont acquis

ARABELLA

par des moyens illicites , l’honneur les réprouve , l’esprit juste et droit les regarde comme avilissans , et votre sentiment vous a bien guidée. Mon avis , cependant, n’est point que vous écriviez à votre tante; j’ai un autre projet qui me parait plus sûr,

et dont l’issue peut-être sera plus avantageuse

Mais qui vient nous interrompre ?

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