‹ De l'éducationChapitre 172 sur 245 · FINETTE, ARABELLA · texte numérisé non relu

FINETTE, ARABELLA

FINETTE

Je VOUS l’avais bien dit , miss , que votre voyage était une peine inutile , et que vous ne séjourneriez pas ici. Milady vous demande à l’instant même : les minutes sont comptées; il faut être à Londres à quatre heures , prête à six pour un grand dîner , recommencer une toilette , et à onze monter en voiture pour vous rendre à un bal d’ambassadeur.

ARABELLA

Ce n’est que cela ? Ma tante ne s’est donc point trouvée incommodée ?

FINETTE

Pardonnez-moi, miss, elle l’est réellement par la contrariété que lui donne votre absence; et, j’en suis sûre , sans la nécessité de sortir ce matin

ABABELLA.

pour les emplettes relatives à la fête du soir , cette pauvre lady aurait eu une attaque de vapeurs qui aurait peut-être duré deux heures : ses nerfs étaient d’une irritabilité! elle avait des impatiences! tout le monde tremblait dans la maison ; mais elle est devenue d’une humeur charmante Ah ! miss , que

de belles emplettes elle a faites pour vous! Vous paraitres ce soir dans cette brillante assemblée en Circassienne , en Grecque , en Egyptienne ; vous n’aurez qu’à choisir. Vous connaissez mon adresse, vos cheveux seront ou bouclés, ou nattés, ou liés, selon votre goût. Je me fais une fête de cette toilette : mon génie est réellement allumé par toutes les belles choses qui vous sont destinées. Point de diamans, madame n’en veut pas, c’est de trop vieux goût; les antiques sont bien plus à la mode. Elle vous a acheté une parure qui coûte plus de deux mille guinécs; vous aurez les douze Césars en ceinture, et un Alexandre sur l’épaule qui fiera l’effet le plus superbe !... Ah! miss, que vous êtes heureuse !

ARABET.1, A.

Votis le croyez ?

Fl NETTE.

Je voudrais en être plus convaincue, car vous avez une mélancolie qui me fait craindre que vous ne mettiez pas assez de prix à tous ces avantages. Peutêtre aussi cette tristesse est-elle une maladie anglaise , mais elle nuit à vos succès. J’en suis fâchée, miss, et je dois cependant vous en avertir , votre main-

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