‹ De l'éducationChapitre 177 sur 245 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

ARABELLA, CLARY et ANNA.

CLARY

Madame Morton est occupée à recevoir du monde, et vous étiez seule h pleurer dans votre chambre : cela n’est pas bien, Arabella. Ici, ne devez-vous pas compter sur les consolations de l’amitié?

ANNA

Oui , sûrement , en racontant le sujet de ses peines , on les diminue. J’éprouve toujours cela. Ouvreznous votre cœur, ma chère Arabella ; dites-nous ce qui vous affecte si vivement au moment où nous pensions que vous touchiez au plus grand bonheur?

ARABELLA

Cette consolation m’est encore enlevée , mes bonnes amies. Vous le savez, on ne peut disposer que de ses propres secrets , et je serais forcée , en vous racontant ce qui déchire mon âme , de vous confier ceux des autres.

AaABELIM.

CLAR Y

La discrétion ne consiste seulement pas à se taire , mais à respecter le silence. Nous n’insisterons point, Arabella. D’ailleurs, une conversation tout éloignée du sujet de nos peines est souvent aussi un moyen plus sûr de distraction , et notre seul désir est de vous faire sortir de la douleur qui paraît vous accabler.

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