ACTE I. SCÈIfE II
existe une tendresse entre ces deux enfans , qui surpasse tout ce que l’on doit attendre d’une amitié fraternelle.
M"'. DE VALMONT
Dès le berceau ils ont été aussi étroitement unis. Frédéric ne recevait aucun présent sans en faire à l’instant hommage à Lucile ; en punissant l’un ou l’autre , on était sûr de les voir tous les deux en larmes ; et , ce qui m’a toujours paru charmant , c’est que la tendresse de mes deux autres filles pour leur Irère n’a jamais été troublée par la plus petite jalousie. 11 est vrai que Lucile est si bonne, si sensible , si touchante , que ses soeurs , qui l’aiment tendrement , applaudissent elles- mêmes aux soins et aux prévenances de Frédéric pour sa chère Lucile. J’ai craint un moment cependant le caractère d’Aglaé à ce sujet, mais, en l’examinant avec attention , j’ai vu que ses petits reproches étaient plutôt des espiègleries que la preuve de son mécontentement. Elle est bonne et sensible : on ne peut lui reprocher que d’être un peu bruyante, un peu bavarde , et peut-être plus portée qu’une autre à la coquetterie.
MIÎLITE.
Ces légères nuances disparaîtront , car elles ne sont pas même assez prononcées pour être appelées des défauts. L’exemple de ses deux sœurs est fait pour la diiiger ; les caractères légers suivent assez le chemin tracé pour le bien ou pour le mal , et ici elle n’a pas de choix ii faire. Mais la voici.
I,A NOlVEt.LE I.UCILE.