VI ÉLITE
Ne parlons point de reconnaissance, la mienne est si vive qu’elle ne peut être que sentie; je l’affaiblirais en voulant l’exprimer... Que serais-je devenue, depuis deux ans, sans vos bontés touchantes, jirivée de fortune, privée de mon malheureux père, sans parens, sans appui?
LA NOUVELLE UJCILE.
M"'. DE VA LM ONT
Ne vous retracez pas des malheurs aussi cruels, ma chère Mélite : il en est dans le nombre que rien ne saurait réparer ; quant à votre fortune , avant peu elle vous sera rendue. Vous savez que cela ne tient plus qu’è quelques formes, et vos malheurs vous auront fait connaître que l’éducation est un trésor qui brave même la méchanceté des hommes; car enfin, ma chère Mélite , les services précieux que vous avez bien voulu rendre à mes enfans ne laissent pas en question qui de nous deux est l’obligée.
MÉLITE
Mon cœur prononcerait aisément cependant sur ce point. Mais enfin, madame, devons-nous espérer revoir promptement Frédéric ?
M"“. UE VA LM ON T
Dans quinze jours son congé sera expédié. Quelle joie pour mes fdlcs ! Quels transports pour mon fils et pour moi 1 11 m’écrit à ce sujet, et son style se ressent un peu du délire ; sa lettre , quoique touchante, est d’une folie !.... Je crois que celles qu’il adresse à ses sœurs seront curieuses à lire. Il fait précéder sou retour par des présens : cette boîte contient deux portefeuilles, et son portrait en médaillon pour Lucile.
MÉLITE
Pour Lucile ?... Je n’en suis point étonnée , il