ACTE I. SCÈNE V
bout d’ la rue, desbiaux arbres; j’ai dit, pardine ! v’ià où sont mes oiseaux , et pis j’ai marché par-là. Vl’à-t-il pas que le père Michel a couru après moi , i’m’a pris par le bras avec un air fâché. P’tite coquine, qui disait, si madame sait cela... £t pis il m’a ramenée... V’ià tout, madame.
M“*. DE VALMONT, à Më)iu.
Son récit naïf est tout-à-fait plaisant... Allez, ma chère Rose, dans un mois je vous mènerai à la campagne; vous entendrez chanter les oiseaux, vous irez cueillir des fleurs; mais, ici, il n’y a aucun de ces plaisirs. Profitez des leçons de madame Dumont : apprenez à écrire et à calculer ; et , en me satisfaisant, vous plairez à votre bonne et tendre maman.
ROSE
Oh ! madame, j’vous obéirai toujours comme à ma mère; mais je m’ennuie ben, pour dire vrai... Ne pouvoir pas tant seulement aller sous les arbres là-bas ! Ab ! 1’ vilain pays que Paris ! ma pauvre mère 1’ dit ben souvent aussi : G’ n’est qu’à cause de madame de Valmont que tu y vas. Rose; car c’est la perte de la jeunesse que c’t endroit-là. Pardine l je l’crois ben : ni fleurs , ni arbres , ni oiseaux; d’grandes maisons qui ne finissent pas.
M“*. DE VALMONT
Sortez, Rose; reprenez votre ouvrage; le travail dissipera votre ennui , et ne faites jamais rien sans me prévenir.
LA NOUVELLE LUCILE
ROSE
Oh ! jamais , madame.
M"*. DE VALMONT
Et VOUS, Aglaé, dites à vos sœurs de venir me trouver ici. Xespère que les toilettes sont terminées; je n’aime pas quelles y emploient un temps trop considérable. Je suis contente de la vôtre aujourd’hui , Aglaé ; votre parure est plus simple , moins affectée que celle de jeudi dernier, et vous n’en êtes pas moins bien mise.
AG LAÉ.
Ah ! maman, si je suis selon votre goût, je n’ai plus besoin des suffi'ages de personne.
(Elle embrasse M"**. de Valmonl, el sort avec Rose. )