MF.LITE
Est-il un tableau plus touchant ?
M“*. DE VALMONT
Je vous admire , ma chère Lucile ; un sentiment de respect vient se mêler à la tendresse que j’ai pour vous. Non, jamais vous ne cesserez d’être ma fille. Je le vois, j’étais destinée à être la mère la plus fortunée. Je voulais établir mon cher Frédéric, et le choix d’une compagne digne de ses vertus était la-seule inquiétude qui tourmentait mon cœur. La fortune, favorable à mes vœux, fait que j’ai moimême formé celle qui doit rendre mon fils l’homme le plus heureux. En croyant suivre les seuls sentimens de la nature, il a lui-même dicté ma conduite. {EUe prend le médaillon et le présente à Lucile. ) Soyez toujours ma fille en devenant l’épouse de Frédéric.
IjUCILK, se je(an( • ses piciU.
Quoi , maman ! vous daignez élever jusqu’à ce bonheur la fille d’un pauvre soldat !
LA NOUVELLE LLCILB.
M«*. DE VALMOST
Boucher a servi son pays , ainsi je n’ai pas même le mérite , en ce moment , de sacrifier nos anciens préjugés. Mais croyez que je n’aurais pas balancé à rendre cet hommage de plus au mérite et à la vertu,
LUCILE
Mais la fille de Boucher ne possède rien au monde que l’éducation qu’elle doit vos bienfoits, et Frédéric devait prétendre h une fortune considérable.
M"!”. DE VALMONT
Cette considération ne m’arrêterait pas ; mais celle à laquelle vous aviez des droits comme ma fdle est bien sufiisante à nos désirs, et doit même rassurer votre délicatesse.
LU CIIÆ, se jetant dans ses bras.
O ma mère ! en perdant le bonheur de vous devoir le jour, combien je vais chérir la nouvelle existence que vous me donnez !
MÉLITE
Embrassez-moi, ma chère Lucile. Quelques heures d’une douleur bien cuisante ont développé eu vous toutes les vertus.
MÊLANIDE.
Que Frédéric va se trouver heureux ! Jamais, au - loment d’établir Lucile , il n’aurait pu supporter I déc de la voir attachée à up autre être qu’à lui.