ACTE II. SCENE II
m’a donmi une guinée et un gros écu. Voilà pour payer tes provisions , ma bonne amie, m’a-t-elle dit.
Elle m’a donné six fois plus que je n’avais perdu
Ah ! pour celles-là ce sont bien des petits anges.
PEGGY
Mais pour les méchantes miss , j’espère bien ne les pas voir ; comme j’en aurais peur !
MOLLY
Et si elles venaient ici , maman , comment ferionsnous?
PEGGY
Moi , je monterais dans le grenier.
LA MÈRE DAWSON
11 ne faudrait rien faire de tout cela ; si par hasaixl elles venaient , leur tante et leurs cousines seraient avec elles , et je serais très-fàchée contre ma Peggy si elle n’étàit pas polie et honnête avec tout le monde.
PEGGY
Oh ! elles ne viendront pas, sûrement.
MOLLY
J'entends un carrosse qui s’arrête.
LA MÈRE D.AWSON, regardant à la porte.
Ah ! mon Dieu ! c’est milady elle-même avec les jeunes miss.
PEGGY
Et les méchantes y sont-elles ?
LA FAMILLE DAWENPORT.
LA MÈRE DAWSON
Oui, elles descendent de voiture avec leurs cousines.
PE GG Y, pleuraot.
Oh! ma mère ! j’ai peur, je vais m’enfuir dans le
LA MÈRE DAWSON
Finissez, Peggy, et soyez obéissante comme à votre ordinaire; cessez ces enfantillages. C’est aux méchans à se cacher et à avoir honte , et non pas à ceux qui n’ont rien à se reprocher.
LADY DAWENPORT, CAROLINE, SOPHIE, ANNA, CLARICE, LA MERE DAWSON , PEGGY ET MOLLY, qui se tiennent cachées derrière leui* mère.
LADY DAWENPORT.
Nous venons visiter votre charmante famille , ma chère Marie; depuis long-temps mes filles brûlaient du désir de vous apporter leur ouvrage. Vous viendrez danser samedi au soir dans la grande salle des marroniers , et vous aurez deux habits absolument semblables ; vous les aimerez sans doute , car ils sont choisis et faits par mes filles ; mais approchez donc, mes enfans, pourquoi êtes-vous si honteuses?