ACTE II. SCÈNE IV
Jenny, et Marthe était le nom de la cadette ; leur père fut attaqué d’une violente maladie et en mourut. Un moment avant d’expirer il les appela toutes deux et leur adressa ces paroles : « Mes chères filles , » vous allez bientôt vous trouver sur le vaste théây> tre du monde ; je ne serai plus auprès de vous » pour diriger votre conduite , et malheureusement, » le fruit de mon travail suffisant à peine à votre » existence , je n’ai rien à vous laisser ; mes conseils » seront votre seul héritage. Travaillez avec cou- » rage pour gagner votre vie; car vous ne trou- » verez personne pour vous secourir. Vous , Jenny, » je vous connais laborieuse ; mais je suis plus )) inquiet de ma chère Marthe : cependant, comme » vous m’aimez tendrement, j’ai l’espoir que mes » dernières paroles vous feront une grande impres- » sion. Soyez douces, vertueuses et industrieuses ; » ces qualités dirigent l’esprit et le cœur des riches « et leur font connaître la véritable utilité de leurs » trésors; elles consolent et soutiennent aussi les infortunés et leur procurent souvent un sort plus » heureux. Ne faites jamais une mauvaise action , » quand même on vous promettrait pour récom- » pense toutes les jouissances possibles. Il n’y a pas » de biens qui puissent vous rendre la paix que » procure une bonne conscience... » Jenny et Marthe reçurent en pleurant amèrement les derniers avis de leur vertueux père; elles les suivirent fidèlement; et, comme elles étaient fort jolies, elles fixèrent l’attention et l’estime des deux plus riches
60 LA FAMILLE DAWEWPORT.
négocians de la ville , qui les épousèrent à cause de leurs vertus ; ce qui prouva que les dernières paroles de leur tendre père avaient pour elles été un véritable héritage. »
LADY DAWENPORT, $ë»éremenl.
C’est parfaitement lu , ma chère Peggy; vous aurez la bonté et les vertus de ces aimables enfans , et je ne doute pas que votre sort ne soit aussi heureux.
SOPHIE
Elle est charmante cette petite Peggy.
CAROLINE
Recevez cette petite boîte, comme un gage d’amitié.
LADY DAWENPORT.
Vous élevez vos enfans d’une manière parfaite , ma chère Marie , et vous en aurez la juste récompense.
LA MÈRE DAWSON
Vous donnez, milady, l’exemple de toutes les vertus ; nous vous imitons autant qu’il est en notre pouvoir.