‹ De l'éducationChapitre 52 sur 245 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Les mêmes, excepté BETSY.

LADY DAWENPORT.

Lisons donc ces phrases innocentes qui peignent, dites -vous, vos sentimens pour votre compagne chérie.

(Lady Daweoport parcourt U lettre à voix basse.)

ANNA I bas à Clarice pendant cet intervalle.

Je suis au désespoir.... L’extérieur sévère de ma

lA LA FAMILLE DAWENPORT.

tante m’ôte jusqu’à la force d’insister pour empêcher cette cruelle lecture. Ah ! Clarice, pourquoi ai-je rejeté vos avis !

LADY DAWENPORT, lUant.

K Comment te peindre , ma chère Gécilia , l’ennui mortel et le dépit que j’éprouve en me voyant enfermée pour huit mortels jours encore dans le vieux et triste château de mes pères, avec mes vertueuses cousines et ma respectable tante? Je te dirai peu de choses sur leur extérieur : elles ne sont nullement jolies; leur maintien, leur parure , leurs grâces, ont une analogie singulière avec tous les lords et les ladies Da-wenport qui décorent les murailles du salon et de la salle à manger du château. Ma tante est grande , sèche et passablement laide , j’espère que nous la verrons un jour figurer dans la collection des tableaux dont je te parle avec un petit serin sur le doigt. C’est juste l’attitude spirituelle qui lui convient, {Ladj Dawenport souriant. ) Jamais il n’y eut de pédante plus parfaite et plus admirée dans son petit cercle de famille. Quand on a prononcé ici le nom de milady Dawenport , et ce quelle a dit, il semble qu’on ait cité une des plus belles lois du royaume.... La bonne femme voit que nous sommes très-au-dessus de ce sot enthousiasme ; sa vanité en est blessée au point qu’elle nous traite avec beaucoup de hauteur , et ajoute par cette conduite à l’ennui mortel qui réside dans ce séjour. Nous aurions bien essayé, en reconnaissance de ses bons procédés, de développer

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