‹ De l'éducationChapitre 84 sur 245 · ACTE n. SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE n. SCÈNE VIII

mécontentement ? Ah ! madame , qu’il m’en a coûté jusqu’à ce jour de garder avec vous le silence sur tous les malheurs qui accablent ma jeunesse !

HISTRESS TÉACnUM.

Relevez-vous, Cécilia, et, par un aveu sincère, tirez-moi du doute aflfreux où me livre une correspondance secrète que cette lettre m’a fait découvrir.

CÉCILIA

Un seul mot me fera paraître aussi innocente , aussi pure que l’est le fond de mon cœur; un seul mot aussi va compromettre l’existence et le repos de l’être qui m’est le plus cher au monde. Que cette situation est déchirante ! Faut-il cesser de conserver votre estime et votre touchante amitié ? Faut-il vous communiquer un secret qui peut aussi troubler la tranquillité dont vous jouissez ?

MISTRE8S TÉACIIUM.

Quel est donc le degré de confiance que je suis parvenue à vous inspirer , Cécilia ? Ce que vous avez osé confier à une jeune personne de l’àge de I3ctty , craignez-vous de le communiquer à une amie tendre et réfléchie ?

CÉCILIA

La crainte de vous compromettre par ma confidence , madame , a pu seule me décider à me priver des secours que j’aurais puisés dans vos conseils, et l’heureuse Betty n’ayant déjugé que vous, j’étais bien sûre que votre sensibilité et votre cœur généreux

CÉCILIA

la mettraient à l’abri «le tout danger , et quelle ne pouvait craindre votre courroux pour une action digne d’obtenir votre suffrage.

MISTRESS TÉACHUM.

Pourquoi donc hésiter k me confier vos secrets ? Pourquoi me mettre dans la douloureuse position de blâmer vos démarches mystérieuses ? Si le motif en est louable, osez compter sur le cœur d’une amie. Rien ne m’enpêcbera de vous servir, CécUia, si cela est en mon pouvob'. Rassurez-vous, osez vous expliquer avec sincérité : ce que vous m’avez dit redouble mon impatience et ma curiosité.

CÉCII.I A.

Eh bien 1 madame , cette lettre que j’ai baignée ce matin de mes larmes, cette lettre est écrite par la mère infortunée de votre Cécilia , réfugiée dans un asile modeste, voisin de votre demeure, et craignant d’y être découverte par une ennemie puissante qui l’enlèverait pour jamais à mes soins et à ma tendresse.

MISTRESS TÉACnUM, sérieusement.

Cécilia , lady Arabella m’a souvent dit que vous étiez orpheline.

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