O II
C 6 ) beautés , sa puissance , ses- mystère* mêmes, qu'on habituera son esprit et son coeur, à se soumettre aux décrets de l'éternel; c'est par une pratique salutaire <ju'it doit apprédérW dogmes et lëculle; c'est enfin, dans les grands secours de h religion qu'il doit trouver un bouclier capable det briser les traits des passions qui vont assiéger tout son être. Non est loquendum f $ed,gubernandum. t .,;
On Voit que je suis bien éloigné de partager cëtteopinon du mentor d'Emile. .
« Qu'il ne faut point parler dç Dieu ni « de la religion à un epfant , avant l'âge- « de dix- huit à vingt ans, parce, qu^lors « seulement ^ peut s'ep former une juste « idée ». Cette opinion bizarre â déjà été fortement réfutée , elle n'a même. frappé ' que par son originalité , puisqu'il en résulte comme l'a très biçn observé:
Bergieri que lçs trois-quarts et demi du genre hunwn, doivent, être privés de religion. A vingt ans en effet , près-, que tous les hommes sont ce qu'ils seront dans la suite , leurs habitudes sont formées* leur éducation est finie, leurs
rapports sociaux commencent > et si jusque-là cette jpasse d'homrtQM vpcu, sans religiqn, elle jpQurrk ^iv cçntifltfert ainsi pendant lô.nç^ç de SQU'.exisjençe* •
Mais ^dès la plus t^nfjre eqfencç* ona Su faite éonnoître.et aimer la religion, les traces quelle aura. laissées dans un jeune / <Jç&ur> seront duijâfrles; plu$v€jjes seront répétées., plus elles deviendront chères*:
Ainsi $wis, çpus afrrêttfr .au* »abspt ? dnes. de JuJ. Eteassjeaju i mewtfïssk sceau h lenseignerpent de la religion, par ufl double moyen 9 > If exposition de fces preuves,; et sa pratique entière* . ,,;...-„.,•.• i
Cette e^posi^ipp 4 QMici^éç^s§^e pfiur affermir ,1a foi dçi'elèye*! dissiper Jets* i>U^ge;i$d^ rifi^wldièlil^;,' rtt^îlrf^elijft fa tf$s« [ honte de l'ampur propre, résister 3ux> mauvais exemples, aux raiçonuemens; d$X'\tnt$0!ft\iié, îpx efforts delà cupidité Offres .donc ^ prôuteç .simples Mtàïi imjtosaiiteA, ifffctor i*w rtëfrrs i^e'taife^ moptrgz leur; force $ipgulièiîe'<jui Jes ftr ftif triompher d<# hairles, des passions et des ofyslacljes 1 de. tout geqre, pendant, tant d$ siçcle^ Cependant, [placez, à côté
les argument de t'impietc, les sophismcs de là mocterttfc philosophie , le iystème delirartt t de lWhtfè et l'aveugle défecrté.
Que^pah àê9 ■ c^iâpâtttaisokm sitnplttsV Wlère S'ôîi aitt£ttd>tër fhii^e jtosticte de cet atrias de corruption ; qu'il en* dévoile lé but odieux par des conséquences naturelles j' qu'il v&tfe dans fàntétfêr personnel le mobile petfid^db toutes les optatatis; anii-re)ïgieuëelf*; dëtts lepici^éi>rt*e ! totJS les gértae$>dd'itàt>iéte et à&ÏÏtoÔredulitê y dans toOt^ les passons erifin, une honteuse tendance àlïrtgratitude poulie 'créa-* leur et le conservateur^ tous les êtres.
' Gomnïèlfes mddei*në$ ^hil&sèphès se sont sinfâLfiièremfeÀt bttttcttés àf-përsifêfe ^
ti0A*ient'cfy art-êter un ëfè^e; ces deux' points Sottt: d'ailleurs l'âftg'cfa christia* nismè, C& sont eu* q*i garantissent lu réalité delà 1 Revête tidnl pbt dey pr^uves^ aussfcèxtraotdînafr*^ pôr ex^fripte a votre tflivë'î' ^uefcfuè spécieux qiie soient' tes sbphismés : de ; Mffcf édulitë^p&urrdnt-ils janiais empêcher qu'on miracle soit te preuve la plus
(9) évidente -et la plus forte passible? La
philosophie a-t elle pr*odiiit une preuve aussi frappante que celle d'un commandement impérieux fait à la nature même,' qui s'empresse de lui obéir? En déifiant la nature , en lar comblant d'honneurs suprêmes, les incrédules ont* ils su la faire agir par une seule parole? Les plus sa vans d'entr'eux ont-ils expliqué comment on ressuscite un mort par la force de troismots simples: sors du tombeau?
Ou bien ont-ils démontré comme on peut guérir uYi lépreux, par ce commaddément admirable:/^ le veuco^ois guéri?
Si les incrédules n'ont pu faire de telles démonstrations , oh t -ils du moins prouvé que la vue d'un miracle n'est pas d'une influence universelle et à la portée de tous les hommes? Certes, il ne faut pas une grande pénétration , ni beaucoup de raisonnement, pour croire à ce que les yeutf voyent,*à ce que: fe toucherreéonnoît, à ce que les oreilles entendent; il suffit de croire au rapport de ses sens et quel être n'y croit pas, si ce n'est- le
( io ) philosophe qui a craint devenir fou à la Vue d'un miracle? (i).
La preuve qui naît des miracles, est ]a seule qui satisfait à-la- fois les sens et l'esprit, lorsqu'il s'agit de croire qu'un homme a parlé de la part de Dieu. Quelle que soit eri effet l'excellence delà morale ou 1 énergie des systèmes d'un homme, la raison n'est pas assez frappée; mais lorsqu'une doctrine porte l'auguste empreinte de la divinité , par des actions si extraordinaires qu elle seule a pu les faire, tout est prouvé sans 'réplique en sa faveur; tout fait surnaturel ne peut émaner d'un homme.
Les autres preuves de* la divinité du Christ , sont toutes aussi simples et frappantes, mais les borates de cet ouvrage ne me permettent pas de les retracer , même sommairement. Quand les élèves, les auront bien méditées , il faut savoir les préparer à l'acte le plus important du
(î ) JJ. Rousseau.
christianisme, à I^çpmmunion,} s%Is. I^n
exige , elle .sera van »gage certain de Jeur, conduite future 7 un- antidote éprouve contre les passions j une source d!amQ^r pour, Djeu et le ppoçiiî^ Qui* malgré les efforts di^L vi^e.etîTexeœplejdu mot}f|e # celtii q\4 a fççt 1 1 cijch^jçîstîe f vec ,foi et fery^ur ? . eflaporl|Ç : jû?qiji^ 5 î^ t tombe» le souvenir des sensations délicieuses qu'il * a éprouyées dans urie première commui^içm , \çs Jraits qu'jelle jgrave dans uu cœur $ipiple ? ,pe s'pffaçe/jt j^mairentièrement. • J'en appglle^ jpus .cçu\ qui ont éprouyp cette p^ix intérieure,- ce doux saisissement, cette joie p^re qui remplit une ame chrétienne daps ce moment 30-
JDès qpe j^eSj. élèves. auront rempli ce devoir $&çré 9 fo}ip$ 9 fi*ryQ$ maires > comme par vos„par<?re$, qu'ils sç consi- .
dèrent.de'ja comme des hommes clignes de ponnpître tous leurs rapports avec 1^ SfjNsiëté^ <gv 'jjl? agissent dans cette persupsip^j^pi^ clans 1 etgde ? §oit dans, leufs, d^ss^e^
que èé n'est point tnte vaine formalité' qu'ils orit remplie,' thais bien Pengageihent lé plus iacré, de instruire pour pratiquer leurs devoirs, travailler à devenir meilleurs , corriger leurs passions et se miamtériir vertueux! S'ils sont pei - : su'adés de là sainteté dé cet engagement , - ils;nlépris'erbht sans pemefès nombreux sophismes dtf l'rntëlîgloh , ! dôïïtils refconnoîtront les principes odieux et les con* séquencesdésastrêuses.Maïs voyons nousmêmes , cetix du méntôr d'Einïïe! sur ce point ; ils sohi très nombreux et la réfutation de tfous, çkhranderoil! plusieurs volumes. Nous tfexatmirtef ôhs doiic que * ceux qui attaquent trèispfrinrs essentiels de la religion, l'existence d'un seul dieu , la révélation , et la nature de l'unie;* encorenoïJs ne discuterons sur cesi^oints, que les sophîsmeS qiîi n'ottt< plds déjà été' réfuté par le savent Eer)gièiK . !
Voici comment Rousseau conduit à là cbniïoissancé dû vrai Dieu : ' « Le w" monde est-il éternel du'créé^Y a-t'fl w un principe unique des choses ?*ï* eri « ' k : t^i! deu* ou ^Kïsiëifi'é î'Qufelîe efer J
/ . « leur nature? Je n en sais* rien, et que <( / na , iïtiporte? » Ci):
. Donc.il est indifférent au genre humain de reconnoître un pu plusieurs Dieux, £t alors pourquoi tant de profondes recherches dans la nature pour prouver qu'elle seule est le principe unique des choses? Donc il importe peu à, l'humanité de savoir, si l'univers est éternel ou créé jmais alors à quoi servent ces nombreux systèmes sur la matifyp'e, sur le mouvement, sur les eçprits?
Dotic.il n'eM, pas nécessaire de conudttre le principe unique des choses et alors . chacun peut adprer le premier objet qui plaît à son caprice, à ses sens, à son esprit.
. Maisis'il feoi, admettre dix êtres sp- .
prîmes; comme autatit de causes pre» .
raières de ce qui e6t, autant vaut ressusciter Je pagnanisme et l'idolâtrie; alors sans la certitude d'un seul Dieu, là conititéioa , le désordre, le bouleverse-
(i) Emile, tome a , page 209.
ment et le délire se j'épandfônt dans toutes les classes; les passions seront érigées de nouveau en divinités particulières , et les peuples feront encore ruisseler le sang sous l'étendard de la cruelle superstition. '
Telles sont les conséquences affreuses ' où nous conduiroit J.«J. Rousseau; cependant il avoir dit quelques pages auparavant. « Tout mouvement qui n est « pas produit par un autre, ne peut « venir que d'un acte spontané , volon- « taire et les corps inanimés n'ont point '- « de volonté. Je crois donc qu'une vo-' 1 « lonté meut et anime la nature ». Or ' s'il y a un principe unique , il ne peut y en avoir plusieurs. Cependant encore * dans la même page , il avok • fait- cette conclusion. « Que là rtiatière'Soit ëter-I m tielle ou créée , qu'il y ait un principe : a passif, ou qu'il n'y en ait pas, toujours > « est-il certain que tout 'annonce une ce intelligence unique ». Etoit^ee donc; ' pour se jouer de lui même que cet e'crivain se livroit à de pareilles contradictions? • ' : , ; . * i ' •
Voyons maintenant à qui ce philosophe conseille de faire connoître la divinité. « Ce mot esprit n'a aucun sens « pour quiconque n'a pas philosophé , « un esprit n'est qu'un corps pour le «. peuple et les enfatis ». (1). Ainsi le peuple et les enfans ne pouvant se faire une juste idée de la divinité; ne doivent ni ne peuvent la connoître, ainsi ce n'est qu'à ce qui n'est pas peuple qu'il faut enseigner la connoissance du «vrai Dieu. * Mais cette portion de. l'humanité dit V auteur y est si peu de chose , que ce n'est pas la peine de la compter. Autant il vaut dire, que celui-là seul qui a philosophé, mérite d'être compté -pour quelque chose , et qu'il peut bien juger le mot esprit.
Le même auteur avoit dit peu auparavant. « Pénétré de mon Insuffisance, je.
« ne raisonnerai jamais sur la nature de (S Dieu, que. je n y sois forcé par le sente timent de ses rapports envers moi;
(i) Emile, tome a , page 3i5.
( '6 ) <c ces raisonnemens sont toujours témé- « raires, un homme sage ne doit s'y « livrer qu'en tremblant et sûr , quil a ri est pas fait pour les approfondir » .
Comme l'auteur a tenu parole! Comme il a été d'accord avec lui-même! Qui donc Pa forcé à examiner la, nature du mot esprit? Et puisqu'il se déclare nettement incapable de l'approfondir, pourquoi le déclare-t-il vide de sens pour les quatre-vingt dix-neuf centièmes de l'espèce humaine ? Quelle logique !
Nous en trouverons une toute semblable dans les idées de cet auteur sur l'âme. « 11 ne m'est pas plus possible dé <* concevoir comment ma volonté meut « mon corps , que comment mes senti- « mens affectent mon âme.... soit quand « je suis passif, soit quand je suis actif, ce le moyen des deux substances me «' paroit absolument incompréhensible»»
Si ce n'est pas nier l'existence deTânje, c'est du moins fortement douter de stf liberté, de sa spiritualité et de sa force; c'est méconnoître une cause dont on ressent habituellement les effets. Mais
C>7.) voici notre philosophé qui célèbre la,
liberté de l'âme. « Non, l'homme n'est « point un , je veux fet je ne veux pas; « je me sens à la fois esclave et libre, « je vois 4e bien, je l'aime, et je fais le « mal ; je suis actif quand j'écoute la « raison, passif quand mes passions * m'entraînent , et mon pire tourment « quand je succombe , est de sentir que « ^ai pu résister ». Ainsi l'âme est libre, puisqu'elle possède une force de résistance capable de maîtriser les passions* Ainsi par cette force on peut concevoir comment lés sentimens affectent l'âme.
Le mentor d'Emile n'auroit il pas tout Connu et apprécié d?ns l'homme lorsque! a dit : « Content de la pkee où « Dieu m'a mis , je ne vois rien après û lui dp meilleur' que mon espèce; et ci ii j'avois à choisir ma place dans l'ordre « des êtres, que pourrois- je. désirer de a plus que dette homme? m. Il fa ut, donc eniire que Rousseau éroit assez éclairé sur Pobjët de son choix 4 , dès-lors il devoit comprendre le moyen d'union dés deux substances dans -l'homme, c'est
le point le plus admirable de cet être et qui mérite le mieux un éloge; il est vrai que celui de l'auteur . ne subsistç pas long* temps > il ne tarde pas Jt l'qbsr, curcir. Voici sa rétractation. <c Homtaç w ne cherche plus Fauteur du mal , c'est « toi-même ; il n'existe point d'autre ce mal que celui que tu. fiais , qu que tu « souffres, l'un et l'autre vient 'detoi....
« Chez nos funestes progrès, tyez ijo$ « erreurs et nos vices, ôtez l'ouvrage $e « l'homme et tout est bien, » En vérité cen'étoit pas la peine de montrer le plus vif attachement pour un tel êt^re. Mais cet outrage ne dure pas plus que l'éloge qui le précède, c'est maintenant la Providence qui va recevoir les violentes apostrophes .du même auteur,. «,JLe ta- « bleau de la nature , ajoute-t-il , ne « m'offre qu'harmonie et proportions , < ( celui du genre humain, ne m'offre qpe «. confusion , désordres ! Le concert « règne entre Içs élomens, çt leshoryinries « sont dans le chaos 1 Les animaux sont « heureux et leur roi seul est misérable!
« O sagesse! ou sont tes lois ? Q provins
(19) « dence est-ce ainsi que tu régis le a monde? (i).
Qui pourroit concilier de si étranges contradictions ? Cela est-il bien capa-r ble d'instruire, un élèy<e, de 1 eeltfirer;suc l'essence de lame, sur sa liberté ou sa captivité f sur la bonté de l'homme , ou sur l'injustice de la Providence? Concluons plutôt que le mentor d'Emile a raisonné sans idées justes , c'est ce que sa naïveté nous confirme : « Je sais que « mon ame est, sans connoître son es- « sence : je ne puis donc raisonner sur « des idées que je, n'ai pas ». Pourquoi donc en avoir tant raisonné ?
Enfin nous trouvons le même désordre dans les argumens de cet auteur sur la révélation. « Vous m'annoncez, « dit-il , un Dieu né et mort il y a deux « mille ans , -dans je ne sais quelle petite « ville, et vous me dites que ceux qui « n'auront point cru à ses mystères sen ront damnés ? Pourquoi votre Dieu
(i) Emile, tome 2, page aïo.
« a-t-il fait arriver cesévénemenssiloin « de moi , puisqu'il veut que j'y croye ?
« Est-ce un crime d'ignorer ce qui se « passé aux antipodes ? Autant vau- « droit m'obliger de savoir ce qui se fait u dans la lune (1).
'Voilà de quel respect ce 'sage gouverneur sait entourer la révélation ; voilà comme il dispose un jetirie coeur à la foi dans la puissance divine! mais écoutons comme il sait aussitôt s'appre'cier lui-même. « Fuyez ceux qui sous pré- *« texte d'expliquer la nature, sèment « dans les cœurs de : désolantes doc- « tFÎnes , et dont le scepticisme appa- « rent est cent fois plus affirmatif que « le ton décidé de leurs adversaires (2) G est cependant ce qu'a fait continuellement Fauteur, puisque tous! ses systèmes se rapportent aux seules explica* lions de la nature. Ainsi d'après lui-même on doit fuir son enseignement*
( 1) Emile , tome 5 , page 29, (2) ldem,-idem,pqge 49*
Mais si l'on né doit être persuadé ni des jaisonnçmens philospphiques , ni de la révélation, que faùt-il donc croire? L'homme a nécessairement besoin d'avoir foi en quelque chose. Est-ce qu'il ne faudroit révérer que les préceptes de Hôusseau ? Quels fruits en ont retiré ceux qui ont osé les suivre? L'histoire le dira en caractères de sang. Mais suivons le mentor. « Dans quelle horrible discussion me « voilà engagé] de quelle immense « érudition j'ai besoin pour remonter a dan* les plus hautes antiquités, pour a examiner , peser , confronter les pro*.
* phéties, les révélations, les faits, tous
* les monumens de la foi , proposés dans
* tous les pays, pour en assigner les « temps, les lieux, les auteurs -, les ocr fc casions!: Quelle justesse de critique
* m'est nécessaire pour distinguer les « pièces authentiqugs dès pièces suppo-
* sées, pour comparer les objections « aux réponses, pour juger de l'im- « partialité des témoins, de leur bon â sens, de leurs lumières ; pour savoir
* si l'on na rien changé, supprimé, * « ajouté , falsifié etc. ».
à moins de la lui démontrer vraie dans toutes ses parties; et au même instant il fait un éloge aussi éloquent qufodmirable de 1 évangile , qui contient toute la révélation J , • i • .. <
Suivons plutôt les $age$ leçons que h main de 1 expérience nous a tracées date l'enseignenfyetU . dir ctiristianisme y, rie nous écartons jamais de ses' bases , ; la divinité du Christ et la révélation ç ces bases sont aussi sublimes qu'immuables, elles seules coiiduisentij^ Vainourr sincère de la divinité. e< à une resJpèbtueuse confiance daus ses lois secrètes;^ dompter les passions et les vices; à sentir la patrie et le priace , à respecter l'ordre et les lois,^ifih à faire des hommes raisonnables, nori-seulemeht en théorie, mais encore eh pratique (i)/ ;■■:. ,
Ce n'est pas. ainsi qu'un auteur de Ja Rochelle, traçoit il y a peu d'années uh système d'éducation* Il ne considéroitla
> • t » » il»
(i) Non.eoira: paranoïa nobis Soïum , eed fruenda sapientia est; Gie. De fi/ii&.u u »
(*5> religion que par ses rapports politiques; « les lois seules disoit-il , sont la source « de notre tranquillité et de nôtre bonce beur...» L'honneur et l'adresse sont les « meilleures voies que l'homme puisse!
« employer pour parvenir au but de ses « in te'rêts, c'est-à-dire l'adresse qui est (c prudence , et non la ruse mère de la « fourberie.... Toutes les fois qu'il y a « conflit entre les devoirs , la préférence « sans doute doit d'abord appartenir à « Dieu.... L'homme ne peut communier quer avec son créateur que par l'a dm i- <c ration de ses œuvres, par la voix de c* sa propre conscience et par la stricte « observation des lois que Dieu lui « même a écrites dans son cœur » ( i ).
On a rendu justice aux talens de cet estimable écrivain, mais on ne peut louer sa philosophie , malheureusement formée à l'école des Voltaire et des J.-J. Rousseau. Cependant si M. Gaudin ne s etoit • . -
(i) Avis a mon Fils, par Jd. Gaudin, juge et bibliothécaire de la ville, dg^ Rochelle; pages ii , 44 > 55, 57 , *5i , etc/
(a6) pas passionné pour ses modèles, il y auroit vu sans peine la contradiction et la duplicité. Si comme Voltaire, il ne considéroit la religion que sous des rapports purement politiques, il devoit penser à ces autres réflexions du mime auteur* « Si le christianisme n'est que « l'œuvre de l'homme , il ne produit pas « plus d'effet que le platonisifte........
ce A quoi servirait l'idée d'un Dieu qui « n'auroit sur vous aucun pouvoir?
ce Alors je suis mon Dieu à moi-même, « je sacrifie le monde entier à mes fanci taisies, si j'en trouve l'occasion. Si les a autres sont moutons , je me fais loup, ce Dès- lors tous les .liens de la société « sont rompus, tous les crimes secrets (( inondent la terre ».
Si M, Gaudin, par h sensibilité de son cœur , a pensé que les lois, peuvent seules faire le bonheur de l'homme, n'auroit- il pas dû 9 comme magistrat , s'apercevoir que les lois n ont jamais tout prévu ni tout atteint, et que la corruption s'est créé un, ^rt de les éluder , même de les enfreindre avec impunité ?
. ( *7 ) t Si enfin il vouloit répeler > après J.-J.
Rousseau, queJDieu a écrit ses lois au cœur de l'homme , pourquoi ne pas suivre son auteur dans cet aveu décisif?
« La religion naturelle est insuffisante « par les obscurités qu'elfe laisse dans i< les grandes vérités quelle enseigne.
« C'est à la révélation à les écïaircir ».
Alors M. Gaudiri n'eût pas douté de l'impérieuse nécessité dans laquelle est l'homme, de communiquer avec la divinité par la révélation , encore mieux que par le$ lois naturelles.