Ohne Beschddigung des Leibes und Gesundheit
• Vous agirez mieux sur l'esprit des enfants par Taffection^ dit Lather, que par une crainte servile et par la force : Àls durch knechtische Furcht, (Âuslegung , von 1, Joah. 2, 14). De telles maximes étaient bonnes à répéter. Dans un plan d'études cité par Ruhkopf, on lit : « Si per crines seu aurem decenter trahendo disciplinaverit... • — Le Règlement de l'école de Worms (1260) accorde généreusement le droit de quitter l'école, sans payer, à Pélève à qui le maître aura fait des blessures ou brisé hs os. Une des fêtes d'école, en Allemagne, était la féU des verges. ^ Qu'on se reporte, du reste, aux mœurs générales de la primitive et pure Allemagne. V., entre autres, les dispositions du Code d'Aitenhaslau, cité par Grimm, dans les Antiquités germaniques.
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eipatUm de Tècole, pour employer le langage de la pédagogie moderne, ne fat point posée par la Réforme; bien loin de là ! qu'on lise la préface du Caiickisme de Luther, ses discours, ses traités relatifs à l'éducation; étudiez les règlements scolaires des électeurs de Saxe et des margraves de Brandebourg au seizième siècle» tout y part de Y Église et tout y revient^ Après Luther, le pasteur, comme avant lui, le curé, a la haute main sur récole. La maison d'école, le plus souvent, est une annexe matérielle de l'Église, et le chef de la paroisse règne dans Tune an même titre que dans Tautre*. Quand l'école a été fondée par le conseil de la commune (SfacUraih), le conseil exerce sur Textérieur du régime scolaire, si je puis ainsi dire, une juridiction qui ne limite en rien le gouvernement moral du pasteur ; et si le droit de patronage [PatronatreckC) s'étend, pour le conseil, jusqu'à la nomination du Sckvlmeisfer^ ce dernier doit être agréé par le consistoire, comme il devait l'être autrefois par l'évèque.
Ainsi rÊglise et l'école restaient, pour la Réforme, les deux termes du problème de l'éducation. Luther avait altéré la valeur absolue de ces termes ; il en avait conservé le rapport. Sous quelles influences et dans quelle proportion fut renversé ce rapport, nous le verrons; mais, au dix-huitième siècle, le
1. Par exemple, je lis dans une ComistoriaUOrdnung de Joachim : ■ Comme pour satisfaire an vœu de la religioo chrétienne (zut FOrderung der christlichen Religion), une école doit ôtre établie et entretenue auprès de chaque église, afin que les enfants, réconciliés avec le Seigneur Christ par le saint baptême, soient instruits dans les bonnes études et le catéchisme,.-* nous voulons... etc. •
2. Du reste, dès cette époque, il est recommandé aux maîtres d'école « de n'exciter contre le pasteur ni faction ni mauvaise volonté, ce qui produit Pamoindrissement du pasteur, le mépris de la prédication et des sacrements, mais de se conduire toujours vis-à-vis du chef de la paroisse avec respect. •( Km^flfiofwtind Consistorial'Ordnung yon lahre 1573.)— Prescriptions analogues dans les Articles généraux de la Saxe (tiiSO).
maître de Francke, Spener, pouvait encore écrire ces mots : « Les écoles sont la pépinière de TÉglise. Si Dieu vous a dioisi pour évéque ou surveillant d'une ou plusieurs églises» il vous a confié, en même temps, le gouvernement des écoles*. »
Au moyen Age, le Catholicisme avait mis TÉtat au service de la religion; la Réforme mit la religion au service de TÉtat. Je montrerai, plus loin, comment une telle divergence de principes se reflète pour TAllemagne actuelle, en ce qui touche au gouvernement de l'école, dans les détails de la législation. En ce moment, je mets en relief un seul fait : la suprématie de l'autorité religieuse sur renseignement du peuple, pendant la période qui m'occupe.
Les liens qui, dans les pays protestants, rattachaient le second à la première, se retrouvent, on le comprend d'avance, dans les parties de TAUemagne du nord que la Réforme n'avait pas envahis.
Prenons les pays Rhénans et la Silésie.
Dans les pays Rhénans , TÉglise catholique, au seizième siècle, est en pleine possession des prérogatives qu'aujourd'hui encore, au delà du Rhin, elle revendique commeun droit absolu * : dans les duchés de Clèves et de Berg, en Westphalie, etc., l'autorité religieuse, au temps dont je parle, décrète les mesures scolaires 3; expulse les maîtres qui enseignent clandes*
1. « Schalen sind Pflanzg&rten der Rircben... so bat er dir auch die Schulen zu bestellen mit anvertrauet. • {Spener^s pia desideria^ p. 135.)
2. F. le mémoire des arcbevéques et évoques de Cologne, d'OlmUtz, de MUnster, de Trêves , de Paderborn , de Bresiau , sur la constitution prussienne de 1S48, Denkschrift der kathoHschen Bischdfe Uber die VerfcusungS'Urkunde, p. 24 et suiv.
8. Ëcclesise reformatio a summis pariter et infimis, a capilibus simul et a parvulis ordienda est... ut consequens sit ab ipsis (parvulis) prave ac nequiter institutis reipublicœ perniciem imminere, quam ob rem,.. (CondL prov. Colon., part. Xïl, c. l, en 1536).
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tiDement, interdit ceux qui» de village en tiUaget colportent un enseignement suspect; nomme ou éloigne \eBSchubnei$ier^ selon les besoins de Fécole on l'intérêt de TÉglise ; jouit enfin d'an droit de surveillance ou d'inspeetion *• Un siècle plus tard, le traité de Westphalie règle les droits respectifs dos communions chrétiennes dont il reconnaît l'existence. A quel titre figure l'école dans les articles généraux du traité? A titre d'annexé de FÉglise ^. Et jusque vers la fin du dix-huitième, des pièces authentiques constatent que, pour les pays catholiques du Rhin, Fautorité religieuse accomplit, dans les écoles populaires, tous les actes de la souveraineté'.
Hème situation dans la Silésie. Quand cette province fut réanie à la Prusse, une stipulation expresse de la paix de Bres* laa (1742), et plus tard, de la paix de Teschen (1779), garantit le siaiu qno en ce qui touche aux intérêts religieux. Or, d'àpm le siaiu quo, l'évêque de Breslau nomme et révoque les
1. • Glancuiarii iUi magistelli qui in conventiculis vicatim docent probibeantar... scbolae minores in quibus pueri primis rudimenlis imbuuntur dUigenter repurgentar, prœceptis iilis didascalis seu praBceptoribus non tam eraditis quam sans doctrinae integraeque ac inculpatsevitsviris...» (ïbià.) m DeÎD videndum quo pacto pueri iustituunlur (in parochiis)... qui pneterea sint scholis prsfecti. • (Harzh. Condl. germ., t. Y, p. 802 et 808.) — V, aussi Synod, provine. mogunt.^ cap. 65, en 15i9. — • Praeciplmus Qtjoxta patrum antiquorum décréta, scholas instaurare, vel erectas conserfare debeant, et prœlati ecclesiarum ac alii quibus id muneris ex officie incombit, solerter providere ut pœdagogi et magistri idonei sint etprobi alque vit® omnino inculpâtes... • {Synod, provisic, Trevir*, même année.)
2. Instrumentum pac. 0., art Y, p. 31 : « Statuum catholicorum Landsaasîiy yasalli et subditî cujuscumque generis sive privatum, sive publi* corn augustanaeconfessionisexercitium... habuerunti retiueant id etiam in poslerum una cum annexis... Gujusmodi annexa habenlur institutio oonsistorioram, ministeriorum tam icholasHcorum quam ecclesiastioo* mm. *
3. K. le mémoire plus haut cité : Denkêchrift dur kvholischen Biscîiô/b, etc., p 28.
maitresS désigne les inspecteurs*, institue les directeurs des écoles normales d'instituteurs {Sckullehrerseminarien)^ exerce, par rintermédiaire des arcbiprétres et des curés, une surveii lance régulière sur Forganisation générale de renseignement du peuple'.
Suprématie directe de l'autorité ecclésiastique sur l'école, tel est le fait universel qui ressort avec une incontestable évidence de l'histoire de l'instruction populaire en Allemagne, jusqu'à la seconde moitié du dix-huilièmé siècle.
Or, ce fait lui-même est l'expression des principes fonda* mentaux qui, pendant la même période, gouvernaient l'enseignement primaire en Allemagne. Il faut dégager ces principes et les formuler en les résumant.
L'éducation doit être envisagée sous deux rapports : 1° relativement à l'enfant considéré comme individu , S"" relativemen t à l'enfant considéré comme membre nouveau d'une société constituée.
Au premier point de vue, l'éducation est la réhabUitation
1 . On lit dans un règlement d'un évêque de Breslau, à la date de 1699 : « Ludidirectorum in pagis et in oppidis inslitutio et quae ab iisdem ullo modo dependet ad vicarium nostrum generalem spectabunt. • (Art. 18.)
« Neque ullus Ludidirectorem sine vicarii generalis praBScita vel amoyere vel assumere praesumat. • (Art. 25.) — {Pastorale instar pragmaticœ sanctionis ecclesiasticœ pro normà et regvlà futuràj Breslau, 1699.) — Un règlement royal du commencement de ce siècle reconnaît encore le droit de nomination : « Die Aufstellung der Schulmeister seibst , so wie auch die Aufsicht auf ihre Lebre und Leben bleibt indessen ew. liebden, und der dazu bestimmten behdrde Uberlassen. • {Kabinets-Ordre^ du 12 septembre 1800.)
2. Ce droit lui est conservé dans le SchuUReglemmt de 1801 : ■ Yielmehr Uberlassen wir dem Fttrst-biscbof von Breslau als ordinario, und in den auswSirtigen Dîocesen den decanis dies Kereis-Schulinspeclores zu ernennen und anzustellen. » Seulement, Tévèque doit faire part de la nomination au comité gouvernemental. (Y. Denkschrift betreffend die Rechte der katholischen Kirche SchlesienSf par M. Bintel.)
S. Denkschrift, etc., p. 35 et 38.
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d'une Datare déchue. Elle a pour objet d* éclairer rintelligence obscurcie et de relever une volonté qui 8*égare.
La réhabilitation a lien par la gtSuce de Dieu qui se sert du travail de l'homme ^ Gonséquemment; l'éducation est, avant tout, l'initiation de Tème à la foi chrétienne ; les connaissances profanes doivent elles-mêmes aboutir à ce but suprême comme les rayons convergent vers le centre ; et le développement des facultés, s'il a lieu en dehors de l'inspiration qui en doit être la loi, devient nuisible au lieu d'être utile*.
Au second point de vue, l'éducation est la transmission de l'ensemble des traditions politiques et morales qui constituent la vie d'un peuple. L'enfant, de très bonne heure, doit être formé pour le milieu dans lequel il est appelé à vivre. Ce n'est pas l'individu qui doit essayer de transformer la société, pour la faire à son image, c'est la société qui prépare le moule dans lequel l'individu doit être jeté. A la hiérarchie d'après la* quelle sont distribuées les différentes classes au sein de l'État doivent correspondre, dans leur variété, les degrés de l'éducation chez un peuple.
Telles sont, dans leur expression la plus générale, les idées qui, durant l'époque où l'école fut l'annexe de YÉglisey présidèrent, dans r Allemagne protestante comme dans l'Allemagne catholique, à la direction de l'instruction populaire. Ce n'est pas le lieu de présenter la critique de ces idées ; je ne discute pas en ce moment, je constate.
1. Spener, dont le pt^tt^me, très différent de ce qu'on appelle aujourd'hui piétisme en Allemagne, insiste beaucoup plus que le dogmatisme de Luther, on sait pourquoi, sur • le travail de l'homme • et « le mérite des œuvres, » Spener aurait, à cet égard, relativement au luthéranisme primitif, une ceriaine teinte d'hétérodoxie : • Ailes , dit-il , zur Praxis des Glaubens und Lebens gerichtet werden muss. • {Fia desideria, p. 8S et passim.)
3. « Wer an Geschicklichkeit wachse , und nicht an guten Sitten , der lerue mehr hinler sich, aïs vor sich. • (Spener, op, cit, p. 87.) — Cf. Luther, passim; Rambach, der wohlunterwiesene ïnformaior^ etc.
Une période nouvelle 8*oavre pour rhistoîre de renseignement populaire au moment où la pédagogie, s'érigeant en seience indépendante . s*isolant des traditions séculaires qui avaient guidé ses premiers pas, formule ses prétentions à la souveraineté.
Transportons-nous immédiatement au cœur même de cette période. En regard de l'exposé qu'on vient de lire, plaçons le tableau des faits contemporains : le contraste en fera ressortir la physionomie et permettra d'en saisir le caractère dans un vif et saillant relief.
Nous aurons èi chercher ensuite l'explication de ce cMtra^te.