CHAPITRE PREMIER
SBcnoif 1. — Caractères généraux des législations scolaires dans les différents pays de l* Allemagne du Nord.
Le droit d'enseigner peut être exercé dans Tune on l'autre de ces trois conditions.
Ou il est absolu, comme en Angleterre, et, appartenant sans distinction à tous , n'est limité que par les lois générales du pays;
Ou il est soumis à certaines restrictions, comme en France» et est contrôlé, dans son application, par le droit de surveiU lance de TÉtat;
Ou il n'existe que par la volonté même de l'État, et ne peut être exercé qu'en vertu d'une autorisation spéciale des repré-* sentants du pouvoir public; tel est le régime auquel ce droit est soumis en Allemagne et notamment en Prusse.
On le voit dès l'abord : dans la question de l'enseignement, l'État, au delà du Rhin, plus que partout ailleurs, est en possession de l'influence prépondérante.
Or, nous noas hfttons de le dire, ce n'est pas l'État, dans son action directe, qu'il faut accuser de raltéralion morale dont nous venons d'indiquer le caractère. Dans les pays protestants de rAllemagne, si une puissance veille avec sollicitude è la défense des intérêts traditionnels, ce n*est pas la puissance à laquelle une pareille tâche semblerait devoir incomber, ce n'est pas TÉglise. Une Église qui ne s'appartient pas» qui a concédé au pouvoir séculier le jus refar^ mandiy qui a laissé inscrire sur les tables du droit public cet axiome : Ejus est religio cvjus est regio^ une telle Église, comme un individu habitué à compter sur la tutelle d'une main étrangère, doit manquer et manque en efret de coup d'œil, de sens gouvernemental et, pour tout dire, d'esprit de conduite. Joignez h cela l'action du principe déposé dans son sein, principe dont, sous peine d'abdication, elle doit accepter les développements, et vous vous convaincrez que, pour trouver l'élément modérateur de la société allemande , ce n'est pas dans l'Église quMl convient de le chercher. La seule puissance vraiment conservatrice, c'est celle sur qui pèse le poids de toutes les responsabilités, et à qui la nécessité fait une loi de rattacher toujours demain à aujourd'hui, d'être à la société qu'elle dispute aux révolutions ce que le lest est au navire, c'est l'État.
Dans lé domaine de l'éducation populaire, comme dans le gouvernement des autres intérêts sociaux, il faut donc s^attendre à voir l'esprit traditionnel inspirer les actes émanés de Tinitialive de l'État. Il va m'ètre facile de confirmer la théorie par les faits. Ces faits sont d'une haute valeur; car ils nous conduiront à Tanalyse de tout le système de l'enseignement primaire au delà du Rhin.
Sous l'empire de quelles tendances l'État, dans l'Allemagne du Nord, est-il, jusqu'à l'époque actuelle, intervenu dans le gouvernement de l'éducation populaire? Telle est la ques-
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lion. Il y faut répondre, pour les différents pays, par les documents et les textes