‹ De l'éducation populaire dans l'Allemagne du nord et de ses rapports avecChapitre 65 sur 104 · V. — - Musique · texte numérisé non relu

V. — - Musique

Le candidat doit avoir été exercé h lire les notes; il sera en état déchanter correctement cinquante mélodies chorales qui seront déterminées pour chaque séminaire.

Violon : exécuter des gammes et des morceaux faciles.

Clavecin : exécution correcte et prompte de toutes lesgammes, et d*un morceau que le candidat aura étudié» à son choix; exécution d'un morceau facile à vue.

Orgue : exécution intelligente des exercices élémentaires de la méthode de Schutz.

A ces connaissances pratiques doivent être jointes les notions théoriques nécessaires pour l'admission au séminaire.

Là où les circonstances permettront de conduire les candidats au delà du minimum des connaissances^ tel quilvieni d'être fixé, on se gardera bien d'anticiper sur l'enseignement méthodique du séminaire, et de viser à une variété encyclopédique \ le but du présent règlement est que les candidats acquièrent les connaissances en harmonie avec leur vocation future. Le surplus du temps et des forces sera donc consacré à une élaboration approfondie des objets que nous venons d'indiquer.

On a lieu de présumer que, si l'on se conforme aux présentes dispositions, le séminaire recrutera des élèves familiarisés avec le but et le caractère de la vocation d'instituteur , aptes à profiter des leçons ultérieures » et qui , sérieusement prcparés^ dans les limites prescrites, permettront aux élablissements dont il s'agit de remplir la mission

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imposée, à savoir la formation d'instito leurs primaires capa* blés et dévoués.

Berlin, 2 octobre 1854.

Le ministre des Cultes, de V Instruction publique et des Affaires médicales,

Signé :liE'Rkï}MEK.

Certes, on ne reprochera pasau règlementqn'on vient délire de n'être pas empreint de l'esprit religieux et (radilionnel ; on n'accusera pas ses auteurs d'avoir voulu détourner les futurs niaUrcs de la voie de simplicité dans laquelle il importe, atout prix, de les maintenir. Ce document est l'un de ceux qui témoignent le plus nettement, de la part des autorités prussiennes , d'une ferme résolution de rattacher l'école aux réalités vivantes : h TËglise, à la Commune, à la Famille. Eh bien! on le voit cependant, Thomme d'État qui a signé ce règlement, le ministre qui a fait une si rude guerre h l'esprit de désordre, dans toutes les sphères de l'enseignement public, n'a pas craint de réclamer des candidats aux écoles normales un ensemble de connaissances qui peuvent paraître très étendues. En renonçant à de salutaires exigences, il aurait cru compromettre le caractère et l'existence des écoles normales : il ne l'a pas voulu.

J'ai dit ailleurs quelle était, au point de vue qui nouspréoc* cupe, la pratique des écoles normales anglaises. Dans les ré« glements de la national Society et de la british and foreign Society^ j'ai trouvé, comme dans ceux des séminaires d'outre- Rbin:P des conditions d'admission d'une double nnture: conditions de moralité établies par une enquête, conditions de capacité résultant d'un examen; 2^ la stipulation d*un temps d'épreuve à Texpiralion duquel on prononce l'admission défi* nitive.

3(U notsiàxE FAATtfi.

Ainsi, en Angleterre comme en Altemagnè» Tépreife destinée à constater la capacité est placée au second mfig, mais elle subsiste. Quelle que soit l'importance que Ton attache aux garanties se rapportant à l'ordre religieux ei moral, on ne perd pas de vue que la mission de l'instituteur est d'agir sur l'intelligenee par l'enseignement, en même temps que sur rame et sur le cœur par l'exemple. On croirait faire une chose funeste pour les écoles normales, et y paralyser^ à l'avance, l'enseignement des maîtres comme le progrès des élèves, si on y admettait des candidats d'une capacité trop inégalie. On | exige un certain niveau d'aptitude, à l'entrée de l'école, afia | de pouvoir compter également sur un niveau indi spensabte, k la sortie. Ces faits doivent être médités. Nous ] lirons ultérieurement è en tirer des conclusions.

Le second point qui mérite d'attirer l'attention, dansTorga^ nlsalion des séminaires allemands, c'est la fixatioitide la durée du cours normal, et, comme conséquence, le m< ide de répartition de l'enseignement entre les années d'études.

On a agité, au delà du Rhin comme en France,, la question de savoir s'il convenait d'étendre à trois années^ ou de restreindre à deux ans la durée du cours des études ndraiales. Cette question, au moment où je visitai rAllemsgne, venait d'être résolue dans le sens de la triennalité : c'est par exception qu'au séminaire de Côpenitk la durée des éludes a été resserrée en des limites plus étroites. Voyons done c«omment on plaide, en Allemagne, la cause de la triennalité, el. laissons parler un des directeurs d'écoles normales les plus m utorisés ; il est utile, surcesujet, d'entendre M. SU>lz,enburglaî -même^: a Ce n'est pas trop d'avoir a agir sur l'i nteltigencc ; et la volonté des futurs matti*es et à fortifier leurs, sentimem s chrétiens

1 . Fortgesetzte Nachrichtm iiher den Zustav ^ und Geist det ( ShuUehrer^ Seminars zu Bunzlau; 1S52.

ÉCOLES NOEMALES D'INSTITUTEURS. 2S&

jusqu'à rftgedeSl ans, pour que la missioa d'institutear puisse leur être confiée avec une certaine assurance de suecès. Le rétablissement d*un cours d'études de (rois ans a été aceueilli par tous les séminaires a?ec une vive satisraction. Et» en effet, cette prolongation est salutaire partout oà l'école normale est dirigée selon l'esprit qui doit l'animer ; le but de la prolongation n'est pas d'ajouter, pendant la troisième année, de nouveaux objets d'études, mais de revenir sur les matières enseigoées pendant les deux premières années, de noanière non pas à entreprendre une sèche répétition» mais à fortifier les connaissances acquises, et à donner au futur maître une intelligence claire des besoins de Técole; de manière surtout à ce qu'il ne s'agisse pas d'un travail mécanique, mais de l'élude qui convient à un homme raisonnable, à savoir la pratique intelligente de l'enseignement à ses différents degrés.

c II est facile de se convaincre que cette troisième année d'école, loin d'être superflue, est indispensable pour l'achève* ment de la tâche qu'on se propose. Hais, dîra-ton, cette prolongation d'études développera des sentiments de vanité. Erreur, que réfute l'expérience. La vanité se développe par la demi-éducation, qui aveugle l'homme sur son ignorance réelle; mais elle s'évanouit là où, le christianisme étant d'ailleurs le fondement et le principe inspirateur de l'éducation, on s'attache à faire sentir à Télève le peu qu'il sait, en lui inspirant le désir d'acquérir davantage. «•

c Les séminaristes, continue M. Stoizenburg, reçoivent les derniers perfectionnements de leur éducation pédagogique dans l'école annexe où ils enseignent eux-mêmes. L'école-modèle est donc en même temps l'école d'exei'cice (Ubungsschvle).

« Les futurs maîtres ne peuvent, dans leurs fonctions, obtenir un véritable succès s'ils n'y apportent un esprit sincère d'amour et de dévouement ; il ne suffit donc pas qu'ils acquièrent, dans le séminaire, rinstruction nécessaire et la pratique

de la méthode ; il est désirable que, pendant la dernière atl-* née, ils entrent en relation avec un instituteur qui soit pour eux un modèle, qui leur montre, par son exemple de tous les jours, comment on consacre à une école toute son activité et tous ses soins, comment on acquiert la connaissance individuelle des enfants pour développer leurs facultés; coiQment , enfin, un véritable maître trouve son bonheur dans Taccomplissement de ses devoirs.»

Ce à quoi M. Stolzenburg attache la plus grande importance, c'est aux exercices de l'école annexe, où les jeunes maitrès de troisième année appliquent les connaissances acquises.

« Cette école, è Bunziau, est ouverte le matin de 8 heures à 11 heures, et le soir de i heure à 3 heures. — On partage ainsi les heures entre les divers objets d'études :

« i** heure. Religion, première et troisième classes.

n £* heure, a. Lecture,grammaire, dessin ; première classe, b ; seconde et troisième classes : Lecture et écriture.

« 3* heure, a. Première classe : Calcul, histoire naturelle, écriture, b, Seeondet;lasse : Leçons de choses, calcul et chant. c. Troisième classe : Leçons de choses et calcul.

t L'instruction est donnée par les séminaristes de dernière année, sous la direction et avec Tassistanced'un maitre-adjoint

de récole. »

Ainsi, le but de la prolongation du cours, pendant une troisième année, est «non pas d'ajouter de nouveaux objets cFétude, mais de revenir sur les matières enseignées,» et de tout ramener a la pratique. Il en est ainsi dans les séminaires allemands; et il en doit être ainsi dans toute école normale où une intelligence sérieuse de la mission d'instituteur préside à la direction des études.

Il faut voir, d'après ce principe, comment est distribué renseignement dans les séminaires d'outre-Rhin.

A rÉ^ole normale de Berlin,.la lecture, l'écriture, la gram-

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maire, l'histoire S l'histoire naturelle, la géographie et la géométrie sont complètement étudiées dans les deux premières années; c'est en les enseignant eux-mêmes aux élèves de l'école annexe, et seulement ainsi» que les futurs instituteurs, pendant la troisième année, s'entretiennent et se perfectionnent dans ces connaissances.

Yoici, pour les autres objets d'enseignementi ce qui est assigné à la troisième année :

Rdigicn (2 heures par semaine). Parties principales de l'histoire ecclésiastique.

Pédagogie (réservée à la troisième année). Semestre d*été : Notions générales sur la science de Téducation, fondées sur l'étude des points les plus essentiels de la psychologie. — Parties principales de l'histoire de l'éducation , surtout depuis la Réfome.

— Semestre d'hiver : Étude raisonnée de Forganisation et de la marche d'une école.

Histoire naturelle. Répétition des études précédentes. Notions de minéralogie et de géographie.

Physique. Notions élémentaires.

Dessin. Dessin ornemental, de la tète, des animaux.

Chani. Chœurs. Etude méthodique de l'enseignement du chant.

Telles sont uniquement les matières réservées à la troisième année» dans le Schullehrerseminar de Berlin. Tout le reste, je le répète, appris dans les deux premières années, est enseigné par les futurs instituteurs, pendant la dernière pé-

1. Programme du cours d* Histoire. -^V année : Partie principale de l'histoire des peuples anciens; époques les plus importantes de Fhistoire littéraire ; biographie de quelques grands hommes ; transformation des mœurs des sociétés anciennes par le christianisme. — 2* année : Histoire du Brandebourg , de Prusse et d'Allemagne, en y rattachant celle des autres peuples.

268 tapi9i]k|is Fiim]s.

ripde, aux élève» àp Véeo]e ^pnes^e. Qn ptt pra paralyseir tout progrès, et porter un coup fata| ^\^x étqde» pornia|ep », mm prétexte ^e simplîficatipp, Fpf) fti^\ i|pcuipplé les pbjet3 4*ctnseigoemeot fi^^^ la dernièrp apnée. Qp ;i copipris qu'agir ^wi e^t été placer les f^lèveç-piaitrps {ipfs ^p; ppp^i^on^ d*ap travail sérieux, et habituer leurs eçprifs, dapç unecopir^ précipitée à travers un efipinp trop yagle» k ^ payef de p()p^ en négligeant les idées.

Prenons ipaîntepap^, pon p)ps np çéininaîre ^ifyefpé par les traditions de l'esprit administratif prussien ^ ina|9 un établissement placé spus une ipfluence d'up parnpt^re fpn|^ fait différent, prenons l'École normale eatboIiqi|e deFpIda : les objets d'étude nous y paraîtront cboisis, et la distribution entre les trois qns qpérée d'après des principes absolument conformes è ceux qui règlent l'organisation intérieure du ç^ifiir naire protestqpt de Berlin. I| faut Ijre avec attention les articles suivants du règlement de l'Ecole normale de f nlda :

§ 11. — Les objets d'étude, an sépsinaire, pendant le cours des trois années» sont :

a. La religion, jointe à la connaissance des histoires bi|>liques et de Phistoire ecclésiastique.

b. Notions sur les facultés de l'ème et sur la logique, qui sout le fondement de la pédagogie; et science des méthodes.

c. La langue allemande. Cette étude comprend des exercices de lecture, de prononciation, d'écriture et de composition, d'après un thème donné.

d. Arithmétique et étude des formes. Cette dernière conduisant à la géométrie.

e. Connaissance du monde. Gépgrapbieh, içtoire patiirell^, éléments de géographie, histoire, et spécialement histoire d»-

/. Calligraphie.

ÉCOLES NOEMiLEf d'instihtieurs. 259

g. Diissin.

h. Musiqife, chant, piano, orgue, bass^^ yiolon, accovd de Torgnc, du piano.

t. Science de la direction de l'école e| instructions spr la pari réservée à l'instituteur (ians le service des églises. Exercices pratiques dans l'école annexe et répétitions donnéef aux séminaristes les plus faibles.

/.Notions d'horticulture^ et de la taille des arbres fruitiers; éveptuellement aussi, éducation des vers à soie.

Il doit être organisé des exercices gyinnastiques.

§19. — L'enseignement triepqal du séminaire se divise en trofscoursannifels, et en conséquence, les séminaristes sont divisés aussi en trois classes. Dans les cpurs de pren^i^re ^t secoqde anpée, les séminaristes apprennent comme diciples ce que, plus tard, ils doivent enseigner comme maîtres; le cours de troisième année est consacré au développement progressif de rinstituteur, et l'op y ramène tout \ l'applicafiop.

§ 15. — M répartition des objets d'enseignement entfe les cours est faite par le directeur du séminaire en conseil des maîtres ordinaires; elledoitétresouraise,anmoisde février, à l'eiamen de la Régence provinciale. Toutefois, le plan suivant ( qu'on peut modifier selon les qxigence^ spéciales) doit être considéré comme modèle.

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