‹ De l'éducation populaire dans l'Allemagne du nord et de ses rapports avecChapitre 71 sur 104 · III. — Enseignement religieux · texte numérisé non relu

III. — Enseignement religieux

L'enseignement religieux qui se distribue fréquemment dans les séminaires, sous le nom de : cDoctrine chrétienne», et qui désormais figurera, dans le programme, sous le titre de Catéchisme, doit, en donnant aux idées des élèves direction et appui, et, en les initiant à la connaissance d'eux-mêmes et aux vérités du salut, fonder leur vie chrétienne sur la base des vrais principes.

Cet enseignement continuera d'avoir pour règle les livres symboliques destinés à l'enseignement populaire de l'Église évangélique, savoir : le petit catéchisme de Luther^ et, le cas échéant, le catéchisme de Heidelberg.

On a très souvent abandonné le champ Kbre aux commentaires des maîtres et aux rédactions des élèves. Mais, quand même il ne serait pas à craindre qu'on ne laissât une trop grande latitude à la subjectivité du maître, il y a ici un inconvénient inévitable; c'est la possibilité que les doctrines vraies^ qu'il aura exposées, ne soient mal comprises, et qu'il n'y ait autant d'erreurs que d'élèves.

Il est donc indispensable de suivre, pour cet enseignement, un traité élémentaire, contenant tout ce que le maître d'école doit savoir d'une manière sûre et précise. C'est le devoir du

1. ■ Lehren und Erfahrungen fur chrislîiche Armenschullehrer. •

290 TaOISlÈME PÂITIE.

professeur d'expliquer ce traité, et de le mettre à la portée des élèves, sans y rien ajouter maiérieUemenf.

Après avoir demandé Tavis du Conseil ecclésiastique sapérieur, nous avons arrêté, que le petit catéchisme de Luther serait introduit dans les séminaires, comme texte de l'enseignement du christianisme.

Au delà du cercle restreint de son action immédiate au sein de récole, on veut, à bon droit, que le maître évangéiique prenne une part active à la vie ecclésiastique du temps présent. Mais, pour cela, il est nécessaire qu'il connaisse le passé et les développements successifs de l'Église chrétienne. On a essayé, avec peu de succès, d'enseigner aux séminaristes Tbisloire ecclésiastique. En général, un cours d'histoire ecclésiastique ne saurait trouver place dans les programmes de l'enseignement du séminaire. On doit s'y borper à faire connaître aux élèves, — sous la forme de biographies et par groupes, — les hommes et les faits les plus importants et formant époque, ainsi que le développementdela doctrin^ évangéiique, du culte, de la constitution de rÉgliseï nous n'avons pas besoin d'ajouter que les points principaux, seront : les temps qpostqliques, la Réforme, la situation présente de l'Église, et la propagation de la foi par les missions. Cela suffira pour faire du maître futur un chrétien zélé et éclairé, prêt h prendre part, avec dévoûment, aux efforts des propagateurs de la foi évangéiique.

Sous ce dernier rapport, il n'est pas besoin d'un enseignement régulier et suivi : on fera connaître les faits les plus saillants par des extraits de livres et journaux, etc.; il serait à désirer que les séminaires , comme tels , fussent membres vivants des associations pour missions et établissements analogues.

Tant qu'il n'existera pas de guide destiné spécialement à initier les élèves à la connaissance de la vie de l'Église, en con-

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formité avec les principes queDOusvepons d*exposcr, on pourra faire usage de l'Histoirie ecclésiastique de Calw, pt de THistoire de FÊglise chrétienne par Leippoldt.

L'exposé systématique de la doctrine chrétienne, résultant soit des explications dogmatiques et morales du catéchisme» soit du commentaire des articles de foi ou des passages de rÉcriture, n*est point dans les attributions du maître d*école ; il est réservé au pasteur. A Técole, on se borne à mettre le catéchisme à la portée de rintelligence des enfants, et, s'il est nécessaire, on le fait apprendre par cœur.

Le moyen le plus sûr que possède l'école élémentaire pour affermir et développer la vie chrétienne dans l'esprit des enfants qui lui sont confiés, c'est l'exposé de Y Histoire biblique.

Cet enseignement, sans s'égarer dans les abstractions des idées dogmatiques, doit s'attacher à exposer clairement les faits de l'éducation divine du peuple élu et du genre humain tout entier.

Oa exigera que le futur maître d'école soit capable de raconter, sans secours d'aucune espèce, les histoires bibliques dans la forme convenable pour l'école élémentaire; qu'il puisse analyser ces histoires; et qu'il les rattache aux fêtes et solennités de l'Église , afin d'établir une connexion étroite entre Fécole et le culte. Dans le choix des histoires , il faut avoir égard a l'âge et au degré d'instruction des enfants.

Pendant la première année, on analysera donc les histoires bibliques, en s'attachant à conduire les élèves à l'intuition des vérités fondamentales de la vie chrétienne. Dans la seconde année, l'explication du catéchisme leur donnera et affermira en eux la claire intelligence de la foi chrétienne, selon la confession évangélique. Dans la troisième, enfin, on cherchera toutes les occasions de perfectionner leur enseignement religieux.

Se réglant toujours sur l'année ecclésiastique, on lira dans

récole élémentaire les Évangiles et Épi très de chaque dimanche : et, en outre, avec les élèves les plus avancés, les psaames, les livres des prophètes et les épitres du Nouveau Testament.

Afin de préparer le maître à cet enseignement, on suivra, au séminaire, le même ordre, pour la lecture de la Bible, que dans l'école élémentaire.

De plus, on expliquera, et Ton fera apprendre par cœur une maxime hebdomadaire. On rattachera cette étude à Texercice pieux du malin ou à la première leçon de renseignement religieux.

Les notions historiques, archéologiques, etc., indispensables pour rintelligence des livres bibliques , dans la mesure des besoins de Técole élémentaire, seront données par le mailre, quand Toccasion s* en présentera ; mais il aura soin de se restreindre au nécessaire.

L'explication des maximes bibliques et des cantiques se fera au séminaire pendant la première année, parallèlement à l'enseignement historique de la Bible, et suivra les différentes époques de l'année ecclésiastique; on restera ainsi en harmonie avec la marche de l'école élémentaire.^

Dirigé d'après ces principes fondamentaux, renseignement religieux formera, pour l'école élémentaire, des maîtres ayant la conscience de leur vocation, et possédant des notions suffisantes de la parole , de la doctrine et de la vie de l'Église évangélique.

Pour cela, il faut qu'au séminaire l'élève se soumette à la discipline de la parole et de Tesprit ; que maîtres et élèves puisent largement au trésor des grâces divines, et que le séminaire présente, dans son ensemble, une communauté de vie chrétienne et évangélique ( eine evangelisch - chrisilicàe Lebensgemeinachafi) . »

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lY. — Lecture et langue allemande.

Cette partie de renseignement est d*une haute importance , tant sous le rapport de la culture intellectuelle en général que de l'instruction scolaire. Ici, également (comme pour renseignement religieux) , les connaissances du futur maître d'école devront dépasser le cadre de l'école élémentaire.

Dans l'école élémentaire» les enfants apprennent, en aussi peu de temps que possible, à lire les imprimés et les manu* scrits. On les exerce à lire, avec l'inflexion de voix et l'expression convenables, la Bible, les Cantiques. Ils doivent comprendre et retenir le texte au point de pouvoir le reproduire exactement. Enfin, il faut qu'ils sachent exprimer par écrit, correctement, sous le rapport du sens et de l'orthographe» les idées indispensables pour les relations habituelles de la vicjb L'exposé systématique de la grammaire allemande est exclu de l'école élémentaire.

Jusqu'à présent, on n'a pas assez soigneusement initié les maîtres futurs à une méthode de lecture sûre et simple. Cette négligence est cause que, dans beaucoup d'écoles, on enseigne encore à lire d'après un procédé mécanique, que souvent on n'y atteint qu'après des années, parfois même jamais, le but qu'avec l'application d'une méthode rationnelle on atteindrait en peu de mois.

Sous ce rapport, il ne suffira pas de présenter des considérations sur telle ou telle méthode : il faut que le professeur exerce les séminaristes de première année à enseigner la lecture, et qu'il continue à diriger ces exercices dans les détails les plus minutieux, jusqu'à ce que l'élève possède sérieusement la méthode. ^

Le temps n'est point encore venu de prescrire une méthode

exclusive : depuis quelques années, il a été fait plusieurs tentatives, que rexpérience n'a pas suffisamment justifiées. On est en droit d'espérer qu'au séminaire même se développera un système d'enseignement susceptible d'une application générale. Les autorités provinciales sont invitées h suivre avec une attention particulière tout ce qui sera ou a été tenté dans ce but.

En outre, dans les exercices à faire sut* le livre de lecture, il faut avoir égard aux besoins immédiats de l'école élémentaire plus attentivement qu'on ne l'a fait jusqu'à présent. Il ne suffit pas d'enseigner aux séminaristes à expliquer un texte quelconque; il faut, au contraire, que le livre de lecture en usage dans les écoles de la province serve de base h des exercices pratiques.

Jusqu'à présent, il n'existe point de livre de lectures scolaires que l'on puisse introduire partout : il faut du moins adopter pour chaque proviface, un ouvragé qui, dans toutes les écoles des séminaires, serve de guide p6iir les études.

On ne perdra point de vue que l'enseignement dont il s'agit ne se reproduit pas, en théorie, dans l'école élémentaire; au séminaire, il comprendra, à l'exclusion de la gt^animalre générale et philosophique, la théorie de la proposition simple et complexe; la construction, les périodes, les diverses espèces de mots avec les déclinaisons et conjugaisons ; eil sorte que les élèves soient en état d'analyser exactement lés propositions du livre de lecture, en se servant d'une terminologie grammaticale claire et simple. En même temps , on aura égard h l'orthographe et à la ponctuation, et on n'oubliera point que l'analyse par elle-même, n'est pas le but , mais qu'elle doit servir uniquement à faciliter rintelligeneé du texte*

Jusqu'à ce qu'il y ait un manuel approprié aux besoins du séminaire, les terminologies et définitions seront données par le professeur; ou bien Ton se servira des grammalréB élémen-

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taires de Nodblg^ Bohm ou Steinert. Du reste, le professeur trouvera des tib^erf âtions utiles sur renseignement de la langue allemande au séminaire , dans les ouvrages de Wackernagel, Kellùer et Otto. ,

Dans les deui cours supérieurs, on envisagera cet enseignement sous les points de vue suivants:

Application des connaissances acquises dans la classe inférieure; intelligence sûre et complète du texte; là est le moyen le plus efficace d'arriver à lire avec l'expression convenable. Or le talent de bien réciter des morceaux difficiles est le meilleur témoignage de l'état général de l'instruction du séminariste.

On lira les morceaux de prose et de poésie, on les fera lire, on les discutera ; on les fera reproduire verbalement et par écrit, soit littéralement, soit sous une forme différente.

Dans le choix de ces morceaux on ira du facile au difficile, en tenant compte des idiotismes de la langue ; on aura soin de mettre le texte en harmonie avec le reste de renseignement.

Dans les classes inférieures et moyennes, les rédactions des élèves auront pour objet le texte des morceaux qu'on aura lus. Dans la classe supérieure, ils pourront s' exercer sur d'autres points et sur des questions relatives à la mission du maître d'école. C'est également dans cette classe que le maître futur sera exercé à rédiger les pièces concernant ses fonctions, les lettres d'affaires, etc.

A l'enseignement de la langue allemande se rattacheront les lectures à faire par les élèves en leur particulier.

Pour chaque cours, on fera un choix de livres ; et, à des époques fixes, l'élève atara à rendre compte de lu manière dont il aura lu les ouvrages qui lui auront été désignés. A part l'influence que ces lectures peuvent avoir sur l'esprit, le cœur et le caractère du séminariste, il faut avoir égard, dans le choix

des livres» à Taclioû que, par delà les limites de Técole élémentaire, le maître peut exercer sur riostruction et sur les mœurs du peuple.

Sera exclue de cette lecture la littérature classique proprement dite : on admettra tout ce qui est favorable au développement de la vie de l'Église et de la morale chrétienne, à Tétude intelligente de la nature; tout ce qui, gr&ce à un style clair et populaire, est propre h passer dans l'esprit et dans le cœur du peuple. Le choix des livres doit être fait d'après les besoins particuliers de chaque province ; mais, en général, on peut recommander : les biographies de Luther, par Hathésius et Wildenhahn ; de Mélanchton et Yalérius Herberger, de Paul Gerhardt et Jacob Spener, par Wildenhahn ; d'Oberlio, par Schubert ; les Annales évangéliques , par Piper ; les écrits populaires de Horn, Gotthelf, Ahlfeld, Redenbacher, Stœber, etc. ; les contes de Grimm ; les œuvres de Gaudius, Krummacher, Hébel ; les esquisses prussiennes» par Werner Hahn ; la Patrie, par Gurlmann ; Germania, de Yogel, etc.

Le livre de lecture de ^akernagel fournira l'occasion,— sans faire un cours d'histoire littéraire, — de donner aux élèves les notions nécessaires sur le développement de la littérature nationale, et sur la vie de ses principaux représentants.

Les élèves du cours supérieur seront exercés, en vue des fonctions du maître d'école à l'Église, à lire convenablement des sermons et des chapitres de la Bible.

y. — Histoire et géographie.

L'histoire nationale formera le point central de l'enseignement de ces deux sciences; l'enseignement de l'histoire s'appuiera sur celui de la géographie, et réciproquement.

L'expérience a constaté que Y histoire universelle ne peut

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être enseignée utilement dans les séminaires ; qu'elle n*y introduit que des idées fausses on mal comprises» et qu'elle fait négliger des choses plus importantes.

L'étude de Thistoire universelle exige des connaissances qui manquent aux élèves-maitres. Il n'est pas possible, d'ailleurs, que les séminaristes, dans l'espace de deux ou trois ans, à raison de quelques leçons par semaine , s'approprient une telle histoire, de manière à en tirer des résultats utiles pour eux et pour l'école élémentaire.

Par contre, il importe que le maître inculque à ses élèves les souvenirs patriotiques, la connaissance de nos institutions et de nos hommes illustres, et qu'il leur inspire de l'estime et et de Taffection pour la dynastie régnante.

11 suit de là que le séminaire donnera de préférence ses soins à l'histoire allemande, et, en particulier , à l'histoire prussienne et à celle de la province ; on mettra ainsi les élèves sur la voie de progrès ultérieurs, pour le temps qui suivra la sortie du séminaire.

Ce qu'il importe de connaître de l'histoire universelle sera mentionné dans les leçons d'histoire biblique ou d'histoire allemande, ou résumé dans la biographie d'hommes ayant fait époque.

On fera ressortir en particulier les jours de fêtes nationales; elles donneront lieu de faire connaître aux élèves les meilleurs chants patriotiques (texte et air).

A ce propos, nous signalerons^ comme usage à imiter, la célébration, dans plusieurs séminaires, de jours commémoratifs patriotiques et évangéliqnes-chréliens, en tant que ces derniers ne seraient pas déjà fêtés à l'Église.

Comme de tels jours nous signalerons : le 18 janvier; le 18 février; le 18 et 25 juin ; le 5 aoAt; le 15, 18 et 23 octobre ; et le 10 novembre. Le cadre pourra être élargi, selon les circonstances locales.

298 TàOlSiÈBtÈ ^AtlTlE.

Là eélébrUliôii d^ o^s fètcs dotlticrâ Heu ft rctécutlon de chants po^Julrtirès, auxquels prendront part tous les élèves et professeurs, et à des réeits historiques^ sotts une forme populaire.

Tant qu'il n't atira point de traité élémentaire de rhistoirc allemande, conforme aui principes que nous venons d'exposer, les professeurs du séminaire auront à extraire leurs matériaux d'ouvrages historiques et biographiques ; pour la manière de concevoir l'histoire, le maiiuel d'histoire allemande pat* Dittmar pourra servir de modèle.

L'enseignement historique est réservé aux deux classes supérieures ; l'enseignement de la géographie, âui deux classes inférieures.

Programme du cours de géographie : la sphère; les cartes , les mers avec leurs détroits ; les continents, en généra] ; leur position, leur configuration, leur étendue et leur population; productions, montagnes et t*ivières; division politique ; capitales et principales villes de commerce. En première ligne l'Europe, et en particulier l'Allemagne, la Prusse, la Province; production, industrie, commerce, divisions et institutions politiques.

Géographie mathématique : forme, divisions de la terre; ses dimensions, mouvements de rotation et de translation; la lune; les étoiles fixes, les constella tionâ, les planètes, les satellites et les comètes.

Provisoirement, on pourra se servir du nianucl de Voigl, en se bornant aux notions que nous Venons d'indictuer.

L'enseignement de la géographie rendra toujours ses leçons sensibles par l'usage du globe, de la sphère et des cartes; on doit, de plus, exciter Tintérèt des élèves par des descriptions pittoresques, telles qu'on les trouve dans les ouvrages de Grube, Vogel, Kohi, Zimmermann, etc.

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