‹ De l'éducation populaire dans l'Allemagne du nord et de ses rapports avecChapitre 73 sur 104 · IX. — Dessin · texte numérisé non relu

IX. — Dessin

Au séminaire, cette branche de renseignement doit se borner au dessin linéaire.

D'abord il faut que Télève apprenne à comprendre, puis à exécuter un dessin : partout où le talent fait défaut, on permettra Tapplication de moyens mécaniques. L'enseignement du dessin peut être mis en rapport avec celui de la géométrie. Toute tendance artistique doit être exclue ; Félève doit apprendre, dans le plus court espace de temps possible, à reproduire au trait les corps simples delà nature, à lever des plans, et à faire les travaux demandés par les besoins de la vie pratique.

Le dessin ne sera enseigné que dans les deux cours inférieurs : on y consacrera deux heures par semaine, au plus.

,X, — Musique.

La musique est enseignée, au séminaire, en vue de son influence religieuse et morale; mais, en outre, elle a pour bat (le former des maîtres de chant pour l'école élémentaire, des chantres et des organistes pour l'Église. Cet enseignement doit être constamment grave et subordonné à un but moral. Jomais l'art, en lui-même, n'est le but des études au séminaire.

Par ce que nous venons de dire, la voie est tracée à la méthode.

(.'enseignement du violon, au moyen d'exercices élémentaires gradués, strictement méthodiques, développe le talent musical en général : le but est atteint aussitôt que l'élève est en état de jouer avec sûreté les airs en usage à l'école. La musique de concert ne rentre pas dans le cadre de rensci-

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gnement. On examin^a seulement si l'on doit permettre, en vae de solennités musicales exécutées au séminaire, de suivre des cours de perfectionnement. De telles solennités doivent avoir des tendances morales, et ne prendront jamais le caractère de concerts publics.

L'enseignement du piano se lie étroitement à la théorie de rharmonie, et sert d'introduction à l'orgue. Nous recommandons ici une méthode sévère, et un choix de morceaux de musique grave et sévère.

Orgue. On commencera le plus tôt possible l'étude de mé* lodies chorales.

Les sujets chez lesquels il y a manque absolu de talent pourront être dispensés des leçons d'orgue.

Quant à ceux qui y prennent part» il faut qu'ils sachent, en sortant du séminaire, accompagner chacun une cinquantaine de mélodies chorales, et qu'ils puissent diriger le chant des fidèles à l'église.

Dès que les circonstances le permettront, on désignera, pour tous les séminaires de la monarchie, un seul et même livre de chorals, h l'usage des futurs chantres et organistes.

On pourra, ainsi, se rendre compte du but commun que Ton poursuit, et subordonner l'arbitraire individuel à l'idée générale consacrée par l'expérience.

C'est sous ce point de vue que Ton doit dès a présent envisager l'enseignement de l'orgue ; le séminariste s'exercera à reproduire avec sûreté ce qui est adopté à l'église, plutôt qu'à inventer du nouveau.

Chant. Pendant la première année, une leçon par semaine suffira pour exercer l'oreille, pour former la voix par des exercices rhythmiques qui se lieront h renseignement de l'harmoaic. Une seconde leçon sera consacrée à l'étude de chorals et de Ldedei' populaires à une ou à deux voix.

«304 THOISIÈHG PARTIE. •

Les deux cours supérieurs sont combinés dans deux leçons de chant; rien n* empêche que les élèves des cours inférieurs y prennent part.

Dans le chant d*église, le choral figure en première ligne ; les élèves doivent arriver à chanter au moins soixante mélodies sans l'aide du livre de chorals; chacun, à tour de rôle, figurera comme préchantre. 11 va de soi que Ton donnera les renseignements nécessaires sur les altérations que les mélo> dies primitives ont pu subir dans les diverses provinces, sur leur caractère et la manière de les étudier.

Le chant liturgique mérite toute notre attention. Il s'en faut que tout soit dit, que tout ait été fait à l'égard du culte évangélique. C'est une raison de plus d'exiger de la part des séminaristes et de leurs maîtres respectifs, que, dans une participation intime à la vie de l'Église, ils aient soin d'étudier les besoins qui se manifesteront à cet égard et d'y satisfaire. Nous leur recommandons provisoirement les exercices lilorgiques de la cathédrale royale, à Berlin, publiés par F. A. Strauss.

L'exécution des motets, hymnes, psaumes etc., de composition ancienne ou moderne, tels qu'ils se trouvent dans les recueils de Hientzsch , Erk et Graef, Jacob et A., servira à former le goût et le sens musical des élèves ; en outre, elle les familiarisera avec l'usage des chœurs; et là est le plus puissant moyen de relever extérieurement le culte évangéliqae.

Dans ces mômes recueils, on pourra faire un choix de chœurs séculiers parmi lesquels le LtVi populaire ; dans sa forme la plus noble, et les chants patriotiques doivent figurer en première ligne-, les séminaristes auront ainsi les matériaux nécessaires pour pouvoir, dans la suite, par l'école et les sociétés chorales, lutter avec succès contre le chant trivial, efféminé et mou.

Do \h suit quo, dans le choix dos morceaux, on doit 6tre

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dirigé non-seolemonl par des considérations musicales, mais aussi par des vues pédagogiques : le directeur du séminaire aura donc à surveiller ce choix. Il va de soi, que le texte des h'eder sera expliqué dans les leçons de langue allemande.

Enseignement du chant. Le maitre doit ici se tenir en garde contre Terreur de croire qu'il a mission de faire des élèves du séminaire de véritables compositeurs. Le but le plus pro« ehain de cet enseignement ne peut être autre que de les mettre à même de comprendre un morceau de musique, en tant qu'organistes et maîtres de chant.

Jamais cet enseignement ne pourra être purement théorique ; chaque élève devra faire immédiatement Tapplicalion pratique de ce qu'il vient d'apprendre.

Quatre leçons par semaine, à répartir entre les trois cours, suffiront pour l'étude de l'harmonie et pour l'enseignement des méthodes de chant en usage dans Técole élémentaire. *

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