‹ De l'éducation populaire dans l'Allemagne du nord et de ses rapports avecChapitre 79 sur 104 · ÉCOLES NORMALES D* INSTITUTRICES · texte numérisé non relu

ÉCOLES NORMALES D* INSTITUTRICES

La seconde année, les séminaristinnen ne s'occnpent que de cette partie de renseignement qu'on peut appeler supérieur; et presque tout le temps est consacré aux exercices pratiques de la direction d'une école. Ces exercices ont lieu, soit dans la classe inférieure et dans la classe moyenne annexées au séminaire, soit dans Técole gratuite. Dans les premières, les élèvesinstitutrices fonctionnent sous le regard et sous le contrôle des maîtresses ; dans l'école gratuite, elles sont laissées à ellesmêmes, sous leur propre responsabilité.

A part les objets d'études plus haut énoncés, le cours des deux ans comprend des leçons spéciales sur le but et l'essence même de l'éducation, et pour employer le mot technique, sur la pédagogie: on n'a pas peur de cette science dans la pairie etsonsTinspiration d'Overbcrg.

Il n'est pas nécessaire, en effet, d'avoir assisté è plus de deux ou trois des leçons données par M. l'abbé Grôning, inspecteur de l'école, et de madame la directrice Bucholz, pour se convaincre que l'enseignement, à Técole normale de Milnster, aujourd'hui encore est vivifié par ce précepte d'Overberg : «que le cœur contrôle toujours les leçons qui sV dressent à l'esprit. »

Rollin a écrit ces lignes : c La loi, quand elle est seule, est une maîtresse dure et impérieuse...; l'éducation est une mat* tresse douce et insinuante, ennemie de la violence et de la contrainte, qui n'aime à n'agir que par voie de persuasion, qui s'applique à faire goûter ses instructions en parlant toujours raison et vérité, et qui ne tend qu'à rendre la vertu plus facile en la rendant plus aimable. Ses leçons, passant de la mémoire et de l'esprit dans le cœur, s'impriment dansles mœurs par la pratique et l'habitude, et font, auprès de celui qui les reçoit, dans presque toute la suite de la vie, la fonction d'un législateur toujours présent, qui, dans chaque occasion, lui montre son devoir et le lui fait pratiquer. »

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Ces lignes semblent le résumé da système appliqué dans réoole normale d'institutrices de Munster.

lA but que se proposent M. Tabbé Grôaing et madame la directrice est celui-ci : Former des institutrices qui eovisagent , avant tout , renseignement comme le moyen le plus efficace de perpétuer dans la famille l'attachement a la vérité et à la pratique de la vertu chrétiennes^ qui, sous Tin* flnence habituelle de cette pensée, considèrent les fonctions auxquelles elles sont appelées non comme une industrie mais comme une mission ; qui soient résolues, pour l'accomplissement de cette mission, à puiser leurs inspirations dans ce seul sentiment, le devoir; et h faire aboutir tout enseignement à cette conclusion dernière, la foi. Un tel but étant posé, on ne s'étonne pas de voir les chefs de Fécole se montrer très difficiles sur les conditions de l'admission. Une de ces conditions essentielles est la recommandation expresseetsérieusement motivée des curés sur les paroisses desquels ont demeuré les aspirantes. Une fois inscrites au nombre des séminaristes, les futures institutrices apprennent à mêler à chacun des exercices, à chacune des leçons reçues et données, les inspirations de la pensée religieuse. Non pas qu'un régime sévère donne à Técole normale la sombre physionomie d'uo cloître ; tant s'en faut : les élèves assurément jouissent d'une liberté plus grande que les élèves de nos écoles normales françaises. A voir les élèves maltresses se rendre, deux fois la journée, de la maison paternelle à Fécole, et de l'école à la maison paternelle; à les voir traverser chaque matin, seules ou groupées à leur guise, la place qui sépare l'école normale de la cathédrale, il semble que la confiance des directrices dans les élèves puisse effacer, sans péril, les lois vulgaires de la discipline. Bien donc qu'un habillement uniforme remplace, pour les Seminaristinnen de Munster, les recherches d'une

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mise élégante» Téeole, on Je voit, n'a pas les allures d'un couvent.

Hais, d'abord, une instruction religieuse proprement dite est faite chaque jour par l'inspecteur de l'école. Ensuite, dans les leçons d'histoire, dans les explications des principaux phénomènes de la nature, les unes et les autres données par M. Tabbé Grôning , l'idée de la Providence, l'idée de la sagesse et de la toute-puissance divines, sont, à chaque instant, invoquées comme les fils conducteurs de l'intelligence humaine à travci*s les ténèbres qui Tenveloppent. L*histoire, sous la parole de M. l'abbé Grôning, n'est pas une suite de faits et de dates : elle est, avant tout, ce qu'elle doit être dans les écoles normales, à plus forte raison, dans les écoles élémentaires y un véritable cours de morale pratique ; et, à cepointde vue, il faut l'avouer, nul, plus pertinemment que le prêtre, ne peut adapter l'histoire générale aux exigences de l'enseignement primaire, et tirer, avec plus de profit pratique, de la série des faits leurs véritables enseignements.

Les séminaristes, je l'ai dit, apprennent à peu près tout ce qu'elles sont appelées à enseigner, dans la classe la plus élevée de l'école supérieure annexe; c'est-à-dire que le travail est en quelque sorte commun avec de jeunes filles de douze, treize et quatorze ans^ : fait anormal, il faut en convenir. « Ne craint-on pas, demandai-je aux directrices, qu'un tel

1. Je dois faire connatlro ici remploi delà journée pour les séminarîsles : Lever à 5 heures. De 5 heures 1/2 à 6 heures, méditation on commun avec les trois directrices. — Déjeuner à 8 heures ; messe que les élèves \ont entendre à la cathédrale. — Après la messe, étude de la religion pendant trois quarts d'heure— De 9 heures 1/4 à midi, leçons ordinaires,

— A midi 1/2, dtner, récréation, puis préparation à la reprise du travail.

— A 2 heures, travaux de Técole jusqu*à 5 heures, avec un quart d'heure de repos à 4 heures. — Le mardi et le jeudi, point de travail d'école. Les après-midi sont consacrées, en dehors des instants donnés aux exercices corporels, à des leçons de pédagogie, aux études de piano, de chant. *-

système ne fasse obstacle au développement des études, et qu'il n'impose aux esprits, par son application mémo, des entraves trop étroites? — «Les leçons spéciales de pédagogie, me répondait-on, élargissent rhorizon intellectuil des séminaristes. C'est dans ces leçons qu'elles se sentent véritablement institutrices; mais pour ce qui est de l'enseigne-

 7 heures, souper, récréation jusqu'à 8 heures; à heures, prière avec les directrices.

Voici maintenant le programme des éludes de la première classe de Técole supérieure annexée à Técole normale, éludes à Pensemble desquelles prennent part toutes les séminaristes de première année :

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De 11 h.

à midi.

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6 fa.

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