PRÉFACE
cUne philosophie est à Thumanité ce qu'un nuage est à la terre. Le nuage plane dans les sphères supérieures; on ne sait ce qu'il porte que lorsqu'il a éclaté : salutaire ou funeste, selon que, de ses flancs, il laisse échapper sur les moissons une pluie fécondante, ou qu'il en fait jaillir les tempêtes. »
C'est de la bouche de M. de Schelling, en. 1852, à Berlin, qu'il nous a été donné derecueillir ces paroles.
De telles paroles, de la part d'un tel homme, ont une portée qu'on ne peut méconnaître. Les pages qu'on va lire n'en sont, à bien des égards, que le commentaire et la démonstration.
Notre livre est né des études qu'a provoquées la mission dont nous avons éléchargé dans les différents pays de TÂlle magne du Nord. Cette mission, térooi* gnage précieux d'une double bienveillance % ouvrait devant nous de vastes horizons. A part les questions techniques dont nous devions spécialement nous préoccuper, elle appelait nos investigations sur les points les plus divers d'un domaine encore inexploré.
1. M. Charles Giraad nous fit l'honnear de noas charger spontanément de la mission dont il s'agit. Le ministre qui préside avec tant d'éclat aux destinées de l'instruction publique, M. Fortoul, voulut bien la confirmer dèsies premiers jours de son avènement au pouvoir.