‹ De l'éducation populaire dans l'Allemagne du nord, et de ses rapports avec les doctrinesChapitre 81 sur 107 · M. deMaistre · texte numérisé non relu

M. deMaistre

£d premier lieu» les pays protestants ne possèdent pas cet inépuisable contingent que fournissent à la France les congrégations religieuses. Le protestantisme s'efforce bien, à l'heure quUl est, de relever les ruines qu'il a faites; il entreprend^ sur le modèle des ordres religieux catholiques, de reconstituer, à son profit, les communautés renversées par ses mains; mais les établissements de diaconesses sont un hommage à des institutions longtemps méconnues plutôt qu'un instrument efficace aux mains de la réforme^.

En second lieu, la séparation des sexes, dans l'école, n'est pas, en Allemagne, un fait général, comme en France. Aller à Hanovre, par exemple : dans de grandes écoles, et jusque dans l'école modèle annexée à l'école normale primaire, vous trouverez de jeunes garçons et de jeunes filles de douze et treize ans réunis dans la même classe. Ailleurs, comme à Weimar, dans la grande Bûrgurschule, si des classes spéciales sont assignées aux jeunes filles, ce ne sont pas des maîtresses mais des maîtres qui y sont chargés de renseignement. Quand je visitai ces établissements, de tels faits me frappèrent, comme

1. L'institut des Diaconesses, dont la maison^mère {mutterhaus) est à Kaiserswerth,n'a pas donné à toute l'Allemagne, depuis sa fondation (en IS33),plus de 450 directrices d'asiles, institutrices, gouvernantes.

La nature des choses oppose au développement d'une communauté religieuse protestante des obstacles évidents. « On se marie frop , chez nous, • me disait, à Kaiserswerth, une des directrices de la maison.

Ces obstacles ne sont , au reste , qu'une raison de rendre hommage au zèle et à la charité du fondateur de Kaiserswerth, M. le pasteur Fliedner.

La durée du cours des études à l'École normale d'institutrices de Kaiserswerth est de deux ans. Dans le jardin annexé à rétablissement, on exerce les futures institutrices à certains travaux d'horticulture.

Conditions d'admissions aux cours des directrices des salles d'asile {kleinkinderschulen) : n'avoir pas moins de 17 ans ni plus de 40 ; savoir lire, écrire, avoir quelques notions du calcul, et la connaissance de la Bible; être animé de sentiments chrétiens et de l'amour des enfanls. Le cours dure 5 mois.

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ils m'avaient surpris à Londres, au siège de X honte anû colonial School' Society. J'adressai aux directeurs MM. Robbeleh et Hanschmann^ des questions analogues à celles que m'avait suggérées le spectacle de Gray*sinnroad^. Des réponses qui là comme ici tue furent données, H faut tirer cette condlusiod qu'edtre lecaliile des organisations anglaisés ou allemandes et la vivacité du tempérament français , il n'est pas d'assimi* lation possible. « Je crois sans péril la réunion des sexes dans l'école, nous disait, 2k Londres, un bomme très compétent, Tinspecteur Spécialement chargé par le Oommiitee of Council de la direction des écoles normales d'institdtrieeë, le révérend Cook ; je ne prends pas sur moi de la conseiller, mais je n'ai pas de faits à alléguer contre ce régime'. »

Au seuil de la question des écoles normales d'institutrices, une question préliminaire se présente à iious, question qui préoccupe en ce moment la science pédagogique au

1. Je saisis celte occasion de remercier ces deux honorables directeura de leur parfaite obligeance. — M. Hanschuiann, dont les utiles travaux sont connus, a conduit les deux grands élablissements qui lui sont conGés, la BUrgeràchule et le Schullehret-Seminar, à un haut degré de prospérité.

2. Qu'on nous permette de renvoyer le lecteur au chapitre II de notre livre sur Vlnstntction primaire à Londres, dans ses rapports avec Vétat social.

3. Bn France, au contraire, s'il e^t un point sur lequel les hommes appelés à observer un certain ordre de faits émettent un avis à peu près unanime, c'est la nécessité de pourvoir, en des établissements distincts, à l'éducation des jeunes filles et à l'instruction des jeunes garçons. Interrogez les curés et les autorités préposées, aux divers degrés de la hiérarchie, à la direction de l'enseignement populaire \ les uns et les autres affirmeront que la réunion des deux sexes, dans 1 école, constitue un élément de désordre, que l'instituteur le plus attentif est impuissant à combattre.

On sent, du reste, que les périls dont on parle se manifestent surtout dans les écoles établies au centre des populations manufacturières.

Dans les communes rurales, on le comprend sans peine, c'est à la sortie de Técole, pendant le trajet quelquefois très long, et à travers bois, auquel sont contraints les enfants, que le danger pedt se prcfduire.]

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delà du Rhin, et dont le succès de l'école normale de Munster, la création récente de Técole normale de Droyssig, ainsi que les efforts des diaconesses dans les parties protestantes du pays» font pressentir la solution définitive; c'est celle-ci: les enfants des deux sexes peuvent-ils être réunis dans l'école?

Au point de Yuemaral^ comme on le voit par les exemples contraires de la France et de Tltalied'une part, de l'Angleterre et de l'Allemagne de l'autre, il y a là une question d'organisation physique et de climat; mais, après la morale, après la législation, la pédagogie a son mot à dire,et ce mot, selon nous, le voici :

A partir de l'âge où Tinstruction doit se développer parallèlement à l'éducation , c'est-à-dire à partir de la sixième année environ, le caractère, les facultés, les aptitudes intellectuelles des enfants des deux sexes se heurtent réciproquement par des faces presque directement opposées. Gonséquemment, les moyens à employer doivent être différents comme la matière sur laquelle il faut agir. Là où un signe suffira pour exciter la jeune fille, une vive impulsion sera parfois nécessaire pour entraîner le jeune garçon. Peut-être, au contraire , telle circonstance donnée , le phénomène inverse devra-t-it se produire. Telle démonstration qui affectera immédiatement la sensibilité de la première, passera, sans y laisser de traces, sur l'esprit moins impressionnable du second ; mais le raisonnement qui se gravera dans la pensée de celui-ci, effleurera, pour s'évanouir aussitôt, l'imagination de celle-là.

Le but de l'enseignement, d'ailleurs, pour les uns comme pour les autres, n'est-il pas essentiellement distinct? Prenez la branche d'étude qui semble plus que les autres devoir être commune aux deux sexes, prenez l'instruction religieuse : quelle différence, pour un maître intelligent, dans la manière de présenter à des esprits si divers uoe seule et même vérité! Le choix des histoires bibliques, selon qu'elles seront offertes

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à ceui*ci ou à ceux-là, ne serait-il pas lui-même très souvent dissemblable?

Comment, d'ailleurs, appliquer aux uns et aux autres, les mêmes principes de discipline morale? Une réponse hardie sera séante dans la bouche du jeune garçon, qui vous choquera de la part de la jeune fille; ce qui serait courage chez le premier serait défaut de réserve et effronterie chez la seconde,etc.

Ce n'est pas tout : quand les deux seies sont réunis dans l'école, récole, la plupart du temps, est dirigée par un instituteur ^ Que résulte-t-il de ce fait? c'est que, dans la plupart des écoles mixtes, les jeunes filles sont forcément privées de l'enseignement professionnel qui convient a leur sexe. Qu^une jeune fille sache lire, écrire, chiffrer, rien de mieux ; mais qu'elle ne s^entende pas à manier l'aiguille, quoi de pire? Parcourez les villages de la Bretagne ou du centre de la Frani e, les districts manufacturiers d'Angleterre ou d^Allemagne, ces villes de lltalie méridionale où l'incurie de l'homme semble en proportion de la splendeur du ciel, et voyez ces populations sales et déguenillées : vous constaterez les résultats de l'absence d'un enseignement spécial pour les filles.

Il me souvient d'une réponse qui me fut faite dans un village du Nivernais. Je gourmandais une mère de famille dont les enfants portaient des vêtements en lambeaux. « Tiens, dit-elle, vous croyez donc que j'ai de quoi f)ayer une couturière à la

1. Hors le cas prévu par le décret du 31 décembre 1853, art. 9, « des institutrices peuveBl être chargées de la direction des écoles publiques coDQmunes aux enfants des deux sexes qui , d'après la moyenne des trois dernières années, ne reçoivent pas annuellement plus de 40 élèves. »

La Circulaire du 3 février ajoute : «Une institutrice ne devra être substituée à un instituteur, dans une école mixte, que là où il sera reconnu que rétablissement d'une école spéciale de ûlles est impossible. »

Ainsi, la pensée du décret est ceile-ci : en principe, condamnation des écoles mixtes; puis, si les circonstances rendent impossible la création d'une école spéciale de filles, substitution, en des cas déterminés, d'une institutrice à l'instituteur.

semaine ? Des habits» ça va tant qile ça va, et ^tiandçane tient plus, on s'arrange! » Dans celte abdication des devoirs qu'impose lé sbin d'une certaine dignité extérieure, il y a, qu'on ne s'y trompe pas, une cause de décadence ^ui réagit nécessairement sUr l'ensemble même des habitudes de la vie ; toutes les idées d'ordre se tiennent et sont solidaires; le désordre physique n'est souvent que le reflet du désordre moral.

Au delà du Rhin, comme en France, les conclusions pratiques de ces observations tendent chaque jour h passer de la théorie dans les faits. Pour rester dans la /^^^r^ce catholique de Munster, régence exceptionnelle à ce point de vue, il est vrai, cette circonscription renfermait, en 4817, soixante et une classes de jeunes filles dirigées par des insti tutrices. Elle en poissède aujourd'l^ui cent vingt; il y a même seize écoles mixtes, quant ait sexe, où des institutrices ont remplacé les instituteurs.

De tels faits révèlent, au premier coup d'œil, la présence d'une école normale de maîtresses, et la faveur dont cette école normale est eu possession.

Munster, le foyer des utopies sanglantes au seizième siècle, est aujoui*d^hui l'asile des paisibles études. Contemplez ces prisons aériennes qui, maintenant encore, accrochent leurs barreaux de fer aux parois de la tour Saint-Lambert^s Kirche: ce sont les cages^où palpitèrent, il y a trois cents ans, les restes mutilés des trois anabaptistes. Du pied du RathÂaus, de ces arcades dont les étroites ogives dessinent élégamment la grand'place, les habitants de la vieille cité voient les instruments du supplice suspendus sur leurs têtes, pour les uns comme un souvenir, pour les autres comme une menace, pour tous comme un enseignement.

Or, jamais ville n'a mieux profité d'une leçon. 11 semble que Munster ait voulu parcourir en deux ans le cycle des perturbations sociales que d*autres, après trois siècles, n't)iJt

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pas encore fei^mé; depuis longues aimées, la capitale de ta Westpbalie ne connaît plus ces crises stériles qui sont au développement régulier d'un peuple ce que la fièvre est à la vie : la ville de Jean deLeyde est devebue la cité d'Overberg.

L'école normale d'institutrices de Mûoster date de l'abnée 1852. Ainsi qiie la petite succursale de Paderbom, elle vit de Ses propres revenus. Sa dotation se compose des biens d'un ancien cou ventde femmes supprimé en 1811 « A ce couvent, au temps de sa prospérité, se rattachait une école supérieure de jeunes filles (Hëhere TôcMerschule) et une école gratuite (Fretschule) pour les enfants pauvres.

De telles institutions ne devaient point succomber dans la transformation qui s'opérait : une partie des revenus de l'ancien couvent est, aujourd'hui encore, annexée à l'école normale des institutrices : une autre est consacrée à une école gratuite qui reçoit quatre cents jeunes filles indigentes; l'autorité ecclésiastique de MiiDSler, de tout temps si favorable aux progrès de l'instruction du peuple i, 'ne cesse pas

d'étendre sur l'ensemble de ces établissements son patronage le plus bienveillant.

L'école primaire supérieure admet les jeunes filles de 6 ans à 14 ou 15 ans. Les élèves sont réparties en trois classes ; elles y reçoivent un enseignement complet, et qui n'est autre, sauf certains développements, que l'enseignement donné aux élèves mêmes de l'école normale. Il comprend : la religion, la lecture, l'écriture, l'arithmétique, le dessin, l'histoire sainte, la géographie, des notions d'histoire naturelle, la langue allemande et l'étude du français, le chant et le piano, et les ouvra-

1. Voyez le règlement très complet, promulgué sur tout l'ensemble de renseignement primaire, par l'autorité épiscopale^ pour la province do Munster, le 2 septembre ISol, ( Verordnung fUr die deatschen und Trivialschalen des Hochstifts MUnster), et l'ensemble des documents relatifs aux écoles, recueillis par M. Ernest Rassmann. MUnslor, 1838»

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ges de femmes {u>eibUche Handarbeiten) . Cet enseignement est donné par le directeur de Técole, trois maîtresses et une sous-mailresse.

Les élèves-institutrices, les séminaristes (Seminarisiinnm) passent! deux années dans l'établissement. La première an*née, elles suivent toutes les leçons et pratiquent tous les exercices de la classe la plus élevée de l'école annexe. L'école annexe devient ainsi un établissement' préparatoire, une sorte de pépinière où se recrute l'école normale, et où» dès rage de treize et quatorze ans, les futures institutrices puisent avec une instruction déjà développée, l'esprit d'une vocation que détermine et conserve renseignement des années suivantes : usage excellent que l'on retrouve en Allemagne, on l'a vu, dans presque toutes les écoles normales^ et qui, en ouvrant la porte de ces établissements à des candidats dont l'intelligence est préparée, épargne tout à la fois, au grand profit des écoles, aux élèves les difficultés d'études sans préliminaires, et aux maîtres les fatigues et les dégoûts d'un enseignement dont l'esprit inculte des élèves est incapable de profitera

1. Une mesure d^un caractère analogue a élé prise récemmcnc en ce qui concerne l'École normale d'institutrices d'Aix. La directrice de cet établissement a été autoisée à recevoir, en qualité de pensionnaires, de jeunes personnes n'ayant pas atteint l'âge fixé par les règlements. Seulement des précautions ont été prises pour que l'admission des jeunes filles de 13 à 14 ans ne fit point perdre à l'école son caractère distinctif et spécial : 1* Ne seront reçues que les élèves qui désirent conquérir le brevet de capacité, et se livrer à l'enseignement; 2* les admissions n'ont lieu que sur l'autorisation du Recteur, et sur la production des pièces exigées des aspirantes ayant atteint l'âge normal ; S» les élèves dont il s'agit n'entrent à l'école qu'en qualité de pensionnaires libres, et ne peuvent obtenir de bourses ou de fractions de bourses avant l'âge fixé par les règlements ; 4" enfin le montant de la pension est versé, comme les sommes payées par les élèves ordinaires, dans la caisse du receveur général du département.

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La secoDde année, les 5émtnam/mn/?7i ne s'occupent que de cette partie de l'enseignement qu'on peut appeler supérieur; et presque tout le temps est consacré aux exercices pratiques de la direction d'une école. Ces exercices ont lieu, soit dans la classe inférieure et dans la classe moyenne annexées au séminaire, soit dans l'école gratuite. Dans les premières, les élèvesinstitutrices fonctionnent sous le regard et sous le contrôle des maîtresses ; dans l'école gratuite, elles sont laissées à ellesmêmes, sous leur propre responsabilité. #

A part les objets d'études plus haut énoncés, le cours des deux ans comprend des leçons spéciales sur le but et l'essence même de l'éducation, et pour employer le mot technique, sur la pédagogie: on n'a pas peur de cette science dans la pairie et sous l'inspiration d'Overberg.

Il n'est pas nécessaire, en effet, d'avoir assisté à plus de deux ou trois des leçons données par M. l'abbé Grôning, inspecteur de l'école, et de madame la directrice Bucbolz, pour se convaincre que l'enseignement, à Técole normale de Munster, aujourd'hui encore est vivifié par ce précepte d'Overberg : « que le cœur contrôle toujours les leçons qui sV dressent à l'esprit. >

Rollin a écrit ces lignes : c La loi, quand elle est seule, e^t une maîtresse dure et impérieuse...; l'éducation est une maitresse douce et insinuante, ennemie de la violence et de la contrainte, qui n'aime à n'agir que par voie de persuasion, qui s'applique à faire goûter ses instructions en parlant toujours raison et vérité, et qui ne tend qu'à rendre la vertu plu^ facile en la rendant plus aimable. Ses leçons, passant de la mémoire et de l'esprit dans le cœur, s'impriment dans les mœurs par la pratique et l'habitude, et font, auprès de celui qui les reçoit, dans presque toute la suite de la vie, la fonction d'un législateur toujours présent, qui, dans chaque occasion, lui montre son devoir et le lui fait pratiquer. »

Ces lignes semblent le résuipé du système appliqué dans réeole normale d'institutrices de Uûnster.

Lé but que se proposent M. Tabbé Grôning et madame la directrice est celui-ci : Former des institutrices qui envisagent , avant tout, renseignement comme le moyen le plus efficace de perpétuer dans la famille l'attachement à la vérité et à la pratique de la vertu chrétiennes^ qui, sous Tinfluence habituelle de cette pensée, considèrent les fonctions auxquelles elles sont appelées non comme une industrie mais comme une mission ; qui soient résolues, pour l'accomplissement de cette mission, à puiser leurs inspirations dans ce seul sentiment, le devoir; et à faire aboutir tout enseignement à cette conclusion dernière, la foi. Un tel but étant posé, on ne s'étonne pas de voir les chefs de l'école se montrer très difficiles sur les conditions de l'admission. Une de ces conditions essentielles est la recommandation expresse et sérieusement mottvée des curés sur les paroisses desquels ont demeuré les aspirantes. Une fois inscrites au nombre des séminaristes, les futures institutrices apprennent à nièler à chacun des exercices, à «chacune des leçons reçues et données, les inspirations de la pensée religieuse. Non pas qu'un régime sévère donne à l'école normale la sombre physionomie d'un cloitre ; tant s'en faut : les élèves assurémept jouissent d'une liberté plus grande que les élèves de nos écoles normales françaises. A voir les élèves maîtresses se rendre, deux fois la journée, de la maison paternelle à l'école, et de l'école à la maison paternelle; à les voir traverser chaque matin, seules ou groupées à leur guise, la place qui sépare l'école normale de la cathédrale, il semble que la confiance des directrices dans les élèves puisse effacer, sans péril, les lois vulgaires de la discipline. Bien donc qu'un habillement uniforme remplace, pour les Seminaristinnen de Munster, les recherches d'une

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mise élégantei Técole, on le voit, n'a pas les allures d'un couvent.

Mais, d*abord, une instruction religieuse proprement dite est faite chaque jour par l'inspecteur d^ Técole. Ensuite, dans les leçons d'histoire, dans les explications des principaux phénomènes de la nature, les upes et les autres données par M. Tabbé Grôning , l'idée de la Providence, l'idée de la sagesse et de la toute-puissance divines, sont, à chaque instant, invoquées comme les fils conducteurs de Tintelligence humaine à travers les ténèbres qui Tenveloppent. L'histoire, sous la parole de M. l'abbé Gpôning, n*est pas une suite de faits et de dates : elle est, avant tout» ce qu'elle doit être dans les écoles normales, à plus forte raison, dans les écoles élémentaires, un véritable cours de morale pratique ; et, à ce point de vue, il faut l'avouer, nul, plus pertinemment que le prêtre, ne peut adapter l'histoire générale aux exigences de l'enseignement primaire, et tirer, avec plus de profit pratique, de la série des faits leurs véritables enseignements.

Les séminaristes, je l'ai dit, apprennent à peu près tout ce qu'elles sont appelées à enseigner, dans la classe la plus élevée de l'école supérieure annexe; c'est-à-dire que le travail est en quelque sorte commun avec de jeunes filles de douze, treize et quatorze ans^ : fait anormal, il faut en convenir. « Ne craint-on pas, demandai-je aux directrices, qu'un tel

1. Je dois faire connaUre ici remploi delà journée pour les sémiaaristes : Lever à 5 heures. De 5 heures 1/2 à 6 heures, méditation en commun avec les trois directrices. — Déjeuner à 8 heures ; messe que les élèves \oht entendre à la cathédrale. — Après la messe, étude de la religion pendant trois quarts d'heure.— De 9 heures 1/4 à midi, leçons ordinaires.

— A midi 1/2, dîner, récréation, puis préparation à la reprise du travail.

— Â 2 heures, travaux de l'école jusqu'à 5 heures, avec un quart d'heure de repos à 4 heures. — Le mardi et le jeudi, point de travail d'école. Les après-midi sont consacrées, en dehors des instants donnés aux exercices corporels, à des leçons de pédagogie, aux études de piano, de chant. —

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système ne fasse obstacle au développement des études, et qu'il n'impose aux esprits, par son application mémo, des entraves trop étroites? — «Les leçons spéciales de pédagogie, me répondait-on, élargissent Thorizon intellectuel des séminaristes. C'est dans ces leçons qu'elles se sentent véritablement institutrices; mais pour ce qui est de l'enseigne-

A 7 heures, souper, récréation jusqu'à 8 heures; à 9 heures, prière avec les directrices.

Voici maintenant le programme des études de la première classe de récole supérieure annexée à l'école normale, études à l'ensemble desquelles prennent part toutes les séminaristes de première année :

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à midi.

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