‹ De l'éducation populaire dans l'Allemagne du nord, et de ses rapports avec les doctrinesChapitre 87 sur 107 · Voyez !!• partie, chap. l**", section · texte numérisé non relu

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362 QUAtmfeME PARTIE.

veut étt*é lUVo^Uées èontt'è les pâi^ehts des élèves dotal le domicile efet ëépfifé de iMcole pat* une distâhee dé plUë de dedï kilomètres.

L'obligation de fréquetatéf l'écôtë s'éfèûdrâ sur Vëtitiéé entië^e, è iWëptidti d^iid tnoiâ datait les Villëâ et àe itôU moi§ dans les campagnes.

Dans tes villes de tnditls de S,000 âineâ^le commissaire dé policé, et dans les villes dodl la population s'élève aU-dessUs de ce chiffre, un ou plusieurs eoitiiliissaires ^péciaul {commiêsaires des écoles) recherche^orit et signaleront au maire les familles dont les ënfanlë ne fréqiiedtént pas Técole et ne ^cçoivent d^ailleurs aucune éducation dans \é maison paternelle ^ .

Trois avertissements, à huit joufs d'intervaile, seront donnés, au nom du tnairè, aux familles dont il s*agit. Si ces avertissements ne produisent aucun résultat, le maire citet^a tes pères, maitres ou tuteurs devant le comité des délégués communaux, et, d'après Tavis de ces délégués, prononcera Contfé eux, selon les cas, soit la radiation des cadres du bureau de bienfaisance, soit une amende, ou bien les condamnera à faire, au profit de la commune, une ou plusiéut*s journées de prestation.

Tous les mois, l'instituteur remettra au maire la liste des enfants qui auront manqué Técole, avec indication du nonibre des jours d*absencc. tl indiquera, en regard de chaque nom, les motifs d'excuses allégués. A défaut de motifs légitimes, lés pères, tuteurs et maitres seront cités, comme il est dit plus haut, et sérieusement avertis par le maire.

1 . Un recensement de cette nature présente moins de difBcultés qu'on le suppose. 11 a été fait tout récemmenli par exemple, avec une stricte et"* actitude, dans un des quartiers les p!us populeux de Paris, par un administrateur habile , M. Leroy de Saint-Arnaud, conseiller d'État, maire du XII* arrondissement.

côi^CLtJSioNè. S65

A. Id troisième absence non légitinoement hiolivée, ilâ se-* root passibles de TUne des peines d»déssus éftdûcéeS.

Le priùeipe de l'obligation tide fois posé, it appaf tléi^drait aui autofitës locales d'adApter aux cifeotisladces la sânetiofi pénale, et de l'appliquer avec tous les ménagements de là prudence.

A part les medore^ figeidëriteilëS doilt m vient de parler, il est, pour obtenir l'assiduité des enfants à l'école , un jûoyeû perttianent d'action sur les familles. Ce moyen consiste ft exiger la rétribution, non pas seulement poui* les ({UëlqUes môiè où lësebfants fréquebtent l'école, mais pour toute l'antiée. L'établissenàent d'une rétribution annuelle et non tnetisuetle, intéresse les parents à faire en sorte que les enfants suivent exactement les classes ^ Plusieurs conseils géné^aux et quelques conseils académiques ont proposé

1. h lie, dttÈË une inslroction de M. le Wéfét dô la Haute-Loire (jan<^ vierl855):

• Ce délaissement des écoles pendant plusieurs mois est un fait général et fatal pour lès jeunes caractères comme pour les jeunes intelligences» Les enfants perdent, pour la plupart, pendant cette interruption, non seulement une partie de ce qu^ls avaiebt appriâ^ mais, ce qui est plus grave, les habitudes d'ordre, d'étude et de discipline qu'ils avaient pu déjà contracter. A ces divers points de vue, je devais m'en préoccuper et cherèher uii remède. J'ai ^espérance de l'avoir rencontré, en ouvrant aux familles la fâcdlté dé remplacer le paiement mensuel de là rétribution scolaire par un abonnemetit annuel.

• Ce n'est point, d'ailleurs, arbitrairement que le taux de cet abonbement a été fixé à 6 fr. Cette somme représente, d'après les calculs que j'ai fait faire, la moyenne exacte de l'argent versé annuellement jusqu'ici par les parents pour chaque enfant payant qui fréquente les écoles. L'écô* nomie et l'intérêt de leurs enfants se réunissent donc pour recommandet aux chefs de famille l'adoption de l'abonnement. J'espère qu'ils le comprendront ainsi, et que la mesure diminuera immédiatement la déplorable désertion de l'école pendant l'été. Elle devrait du moins avoir cet effet entier à l'égard des enfants que la charge de la rétribution seule en faisait éloigner durant cette saison, et, à l'égard de ceux que leurs parents ont; réellement besoin d'utiliser aux travaux des champs, elle devrait les y

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d'adopter ce moyen indirect de consacrer robligation de renseignement. Dans le département de la Meurthe ce système est appliqué depuis le 1^' janvier 1855. Le prix de l'abonnement y est fixé aux 2/5 du montant de la rétribution pour Tannée.

Section Y. — Moyens de perfectionnement.

Xni. — Rétablir les conférences entre les instituteurs. Chaque canton doit avoir ses conférences; il importe que ces réunions se tiennent toujours sous la présidence de l'inspecteur primaire d'arrondissement. Abandonnées à elles-mêmes» elles s'égarent au hasard, sans profit pour les maîtres et au détrimentdes études régulières. Dirigées par les représentants officiels des intérêts scolaires , elles peuvent contribuer efficacement, en provoquant une émulation féconde et des comparaisons uliles, au progrès de l'instruction primaire et à la diffusion des saines idées.

Les conférences doivent avoir lieu , dans chaque canton^ trois fois par an.

Dans chaque séance, un des instituteurs donne lecture du rapport qu'il a été chargé de préparer sur une question scolaire; et ce rapport devient, pour les membres de la

conférence, le texte d'observations que le président contrôle, et d'une discussion qu'il dirige en l'éclairant.

Il est, de plus, traité, dans chaque conférence, de la situation, des besoins, des progrès de chaque école en particulier. Il y est donné par Tinspectenr explication des x^ements de rantorité supérieure ou de l'autorité scolaire départementale.

L'inspecteur signale chaque année à l'autorité académique

ramener pendant les intermittences que présentent ces travaux dans un pays où ragricnltore est encore si pea avancée. •

les inslituleurs qui se sont le plus distiDgoés dans les exercices de ces conférences.

XIV. — Etablir, partout où le permettent le zèle des instituteurs et la bonne volonté des administrations locales» des classes du dimanche pour les adultes. La création de ces classes est, à vrai dire, le seul moyen de perpétuer les résultats du premier enseignement, et de prolonger, dans l'intérêt de l'enfant devenu homme, pour le développement de sa vie intellectuelle et morale, l'action concertée de TÉglise et de l'école.

En France, comme au delà du Rhin, partout où est ouverte une école primaire, devrait eiister une école de répéH^ tion {Wiederholungsckvle).

Il serait très utile que des prix décernés par les conseils généraux encourageassent tout ensemble dans les écoles et l'assiduité des élèves et le dévouement des maîtres.

Il ne faut pas hésiter à le dire : dans l'état actuel des choses, en l'absence d'un moyen régulier de préserver les enfants du peuple, à leur sortie de l'école primaire , de l'abandon moral qui les attend , une grande partie des sacrifices consentis par les familles, les communes et l'État sont prodigués en pure perte : pour la moitié des élèves des écoles primaires, dans les conditions présentes, l'édifice de l'éducation populaire manque du couronnement qui seul peut, en l'achevant, le préserver de la ruine. Tant que ce couronnement fera défaut chaque génération est condamnée à recommencer, sans profit pour l'avenir, une lèche dont les chiffres et les faits démontrent chaque jour la stérilité : l'école du dimanche^ pour les adultes, est le complément nécessaire. La charité privée, en dotant plusieurs villes de sociétés de patronage pour les ap* prentis, a devancé l'action administrative. Il importe que l'initiative gouvernementale élève une création si utile a la hauteur d'une institution publique.

Dans l'ordre des faits scolaires, voilà nos conclusions.

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Élevoni-noiis maintenant à des eonsidërations plus générales.

L'Allea]agne,depniaun8ièele,e8tèla recherebeda principe fiurlaquel doit reposer rédueation» Elle a demandé ce prineipe WX différentes écoles de pédagogie, qui, au nona de la pensée plulufiophique, ontsqooessivemçnt imposé leur domination, AU delà du Rbin ; ellç s'est livrée tour è tour à des systèmes ,qui, à des degrés divers, présentent ce caractère commua de pe pas tenir compie du dogme fondamental sur lequel est bail tout l'édifice cbrétien. Mon qu'entre ces systèmes il y ait parité et confusion : j'ai signalé les traits caractéristiques de Basedow, de Pestalossi, etc.; et je ne confonds pas plus M. Diesterweg avec le fondateur d'Yverdun que je n'identifie Feuerbaoh et Hegel. Je connais toutes les distinctions qu'il faut maintenir, toutes les divergences qu'il convient de constater, l'affirme seulement ces deux choses : premièrement les écoles de pédagogie dont il est question, qu'elles invoquent l'autorité de Pestalozzi ou qu'elles g'abritent sous le drapequ des librei communes^ s'accordent en ceci, qu'elles repousëent, sur le point décisif de la science de l'éducation, Tautorité de la tradition cbrétienne. En second lieu 9 là où la fui en la déebéanee originelle n'existe plus, la véritable nptioQ de la pâture de Phomme est altérée; le point de départ comme le but de ^éducation sont méconnus, et l'ordre moral est en péril ^.

On sait à quelles extrémités redoutables la fausseté du point

\ « La vérilé, quant à la nature humaine, écrivait récemment M. Guizot, est dans la foi chrétienne. C'est dans Thomme lui-même que le mal résida : il est eoplia au m^l Je ne veux point faire iei de théologie ) mais je me sers, sans tiésiter, de ces termes qui sont Iqs plus pxaçts et les pi|is clairs. Le dogme du péché originel est Texpression et l'explication religieuse d'un fait naturel, le penchant inné de l'homme à la désobéissance et à la licence. » ( F. sur ce point iDodamental Mm« Necker^Saussare, et M. Saint-Marc-Gir^rdin, /.^/. Rousseau, sa viç i^t ««f ouvr^i^es.)

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de dépapl a conduit» souvent è leur insu, les penseurs dont la logique populaire seehargeoit d'interprélep les doetrines; on sait avec quelle énergie Tinstinct du salut public a déterniiné, contre des théories longtemps souveraines, la réaction de la pensée chrétienne. On a vu les gouverneoients, dans une sorte de ligue défensive, se mettre à la tète de toutes les forces sociales, et traduire les protestations de la conseienee publique en lois et en règlements, qui ne sont autre chose qu'un retour pur et simple aux principes traditionnels. L'acte d'abdication des systèmes révolutionnaires a été déposé» 9U dçjà diiRbin, entre Içs mains de la puissance qui n'avait cessé d'en combattre les périlleuses applications, entre les mains de l'État.

Pe te|^ faits ont une signification décisivfî; et eet exemple deTAUem^gne est, pour tous, un grand en^fignecpent.

U n'est plus permis de s'aveugler désormaii ; l'instruc*lion pripifiire doit se proposer, doq pa^ de jeter les intelligences dans des voies inooQQues, non pa^ d'affranchir les esprits d0 l9 tutelle du passé, mais bien de les faire participer aux idées éprouvées par le temps, Qpntrôlées par Tei^périeoce ; de les mettre en possession des vérités indis- 9tlt9))les et de$ résultats pçquis; de rattacher, en un mot, la génération qui s'élève à la génération qui Ta précédée : elle a poqr devise, noq pas (e mot : indépendç^nee , mais le mot : irudition.

Une idée capitale, disons-le hautement, se dégage de l'élude de oei expériences hardies qui, sur tous les points du monde moral, dans les conditions les plus favorable^ d'indépendance, eonséquemment de succès, et sous le patronage de nofns illustres, ont été aceom plies, en Allemagne, depuis le milieu du siècle dernier ; elle est celle-ici i

En dehors du christianisme, tout développement de l'activité humaine conduite une erreur et à une faute. La théorie

d'une éducation humanitaire est convaincue d'impuissance ^ depuis le christiattisme, on n'est homme qu'à la condition d'être chrétien.

El comme la vie morale d'un peuple ne saurait, après tout, être gouvernée par d'autres lois que la vie de l'individu luimême, à la formule que nous venons de présenter, il faut ajouter ce corollaire :

Le christianisme est le seul fondement sur lequel puisse reposer l'ordre général : principe d'éducation pour l'individu, il est le principe et la règle du développement des sociétés.

« La religion cbrétienne,a dit un profond penseur S donne le point fixe qui nous manque et auquel nous aspirons. Les diverses églises chrétiennes ne le placent pas toutes au même lieu et ne l'organisent pas toutes sous la même forme ; mais toutes le possèdent et s'y réfèrent. Pour nous, protestants, il est dans les livres saints, dans cette parole que nous n'avons pas écrite etque nous ne pouvons effacer. Là sont la loi et Tautorité surhumaines et surnaturelles ; là nous nous appuyons et nous nous arrêtons; là est le point fixe que nous avons à offrir à la société. »

Ce n'est pas le lieu d'exposer les objections que nous aurions à soumettre à la haute raison de M. Guizot; nous n'avons pas à examiner comment, d'après la théorie de l'illustre orateur Je point fixe se trouve à la fois en des lieux divers, comment il se peut faire que la fixité n'exclue pas la mobilité. Nous croyons qu'en ratifiant la pensée de M. Guizot, le protestantisme se fait illusion à lui-même ; qu'ayant uniquement pour raison d'être la libertéd'examen,ilnëpeut, sans déserter son principe, trouver dans le point d'arrêt qu'on invoque une limite arbitrairement imposéeàson droit; qu'accepter ce pointd'arrêt, c'est, pourlui, en relevant un principe ennemi, abdiquer aux pieds d'une puis*

1. Disconrs à la société protestante d'instruction primaire; 1S53.

sance qui le condamne, et se nier lui-même au moment où il s'affirme. Nous sommes de Tavis de M. Diesterweg et de M. Uhlich : quiconque, pour enchaîner l'esprit sur la pente de la controverse, fait appel à l'immobilité doctrinale, celui-là peut se dire protestant, mais, à coupsûr, il n'a de protestant que le nom : il a restauré le culte de l'autorité dans sa conscience.

Quoi qu'il en soit, c'est un fait considérable de voir le protestantisme, sous le coup de sévères leçons, et presque aussi hautement que le catholicisme lui-même, rendre hommage à l'idée de la tradition, et proclamer que, c dans l'ordre moral, la fixité et l'élévation vont ensemble; que, dès que l'on flotte, on descend ; et que l'incertitude est un signe d'abaissement » ■.

De tels avertissements veulent être compris : il est temps que l'on cesse de flotter et que l'arfirmation qui fonde succède an doute qui détruit.

L'homme éminent de qui nous citions les paroles a fait cette déclaration solennelle : «La question est aujourd'hui posée entre ceux qui reconnaissent et ceux qui ne reconnaissent pas un ordre surnaturel, certain et souverain, quoique impénétrable à la raison humaine; elle est posée, pour appeler les choses par leur nom, entre le supematuralisme et le ra-iionoHsme. D'un côté, les panthéistes, les sceptiques de toutes sortes, les purs rationalistes; de l'autre les chrétiens.

ce Parmi les premiers, les meilleurs laissent subsister dans le monde et dans Fàme humaine la statue de Dieu, s'il est permis de se servir d'une telle expression, mais la statue seulement, une image, un marbre; Dieu lui-même n'y est plus; les chrétiens seuls ont le Dieu vivant. C'est du Dieu vivant que nous avons besoin. •• Au fond de la société et dans les masses, l'impiété passionnée fermente et se met, pour vaincre, au service des plus grossiers et plus ardents intérêts. La foi chré-

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