‹ De l'éducation populaire dans l'Allemagne du Nord et de ses rapports avec les doctrines philosophiques et religieusesChapitre 13 sur 131 · M. Paur, rapporteur du comité des Ecoles · texte numérisé non relu

M. Paur, rapporteur du comité des Ecoles

5. Voyez notamment le remarquable discours de M. Von Ketteler, aujourd’hui évêque de Mayence, et ceux de MM. Hoffmann et Knoorlt.

<< Les Ecoles, dit-on, doivent ne se proposer qu’un but indéfini. J’avoue ne pas bien comprendre ce qu’on veut dire. Ne pas avoir de but déterminé, cela est bon pour l’écolier, jamais pour le maître. Nos écoles primaires ne sont pas de celles où l’on cherche le progrès objectif de la science, mais bien de celles où l’on fait participer les élèves aux résultats * ’ acquis. Une école qui n’a point de système fixe n’est autre chose qu’un enseignement mutuel où la jeunesse est livrée à elle-même... Ou prétend

les théoriciens (le Y émancipation* , il nous faut la séparation de l’Église et de l’État, de telle sorte que tout ce qui porte le nom d'église soit anéanti, que ce qu’on nomme église disparaisse de la terre sans laisser de trace, et retourne au ciel , qui est sa patrie ; au ciel que nous connaîtrons après notre mort, mais dont nous ne voulons rien savoir aussi longtemps que nous sommes sur la terre.... Abolissez donc tout ce système qui inculque à l'homme, dès son enfance, des croyances futures!... 11 faut pouvoir être athée 4 . »

Nous voilà bien « en pleine mer;» « élançons-nous, advienne que pourra ! » M. Diesterweg doit être satisfait.

Ajoutons ce simple fait. L’article proposé par le comité des écoles et soutenu devant l’Assemblée nationale de Francfort, on vient de voir dans quel esprit , fut adopté , sur l’appel nominal, par 516 voix contre 74.

que VÉglise donne une certaine direction à l’école, direction exclusive et qui n’est jugée bonne que par un parti religieux. Sans doute ! la direction des écoles protestantes n’est point approuvée par l’église catholique, et la direction des écoles catholiques n’est point approuvée par l’église protestante. Quoi de plus naturel! et que voulez-vous donc faire de la liberté de conscience? Que chaque église soit satisfaite de ses écoles, voilà ce qui est juste. Changez cela, et tout le monde, au contraire, sera mécontent, hormis les indifférents et les athées. » (Discours de M. Hoffmann.)

« La mission de l’Ecole est de s’appuyer survies croyances et sur les mœurs traditionnelles, de les répandre, de les éclairer, de développor tout ce qui a droit de survivre aux accidents passagers. Ceux qui veulent briser tout lien entre l’Église et l’école , qu’ils le sachent ou qu’ils l’ignorent, ne tondent à rien moins qu’à déraciner les mœurs nationales. Ils veulent former une génération qui soit entre leurs mains le docile instrument de plans prémédités. N’organisez point les écoles de manière à ce qu’il soit porté atteinte à la foi populaire, aux fondements de la vie de famille et de la vie communale ; car la vit toujours un sentiment chrétien, et c’est • e seul sur lequel nous puissions fonder la liberté et l’unité de l’Allemagno. » (Disc, de M. Knoodt.)

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