‹ De l'éducation populaire dans l'Allemagne du Nord et de ses rapports avec les doctrines philosophiques et religieusesChapitre 83 sur 131 · RÈGLEMENT GÉNÉRAL DES ÉCOLES NORMALES D’INSTITUTEURS · texte numérisé non relu

RÈGLEMENT GÉNÉRAL DES ÉCOLES NORMALES D’INSTITUTEURS

On achèvera de se rendre compte des espérances que les gouvernements, au delà du Rhin, notamment le gouvernement prussien , n’ont cessé de fonder sur les écoles normales primaires, quand on aura pris connaissance d’un document auquel il a déjà été fait allusion, et qui est émané récemment du ministère de l’instruction publique de Berlin. Dans ce document se résume toute la pensée actuelle de l’administration supérieure prussienne; il s’agit du Règlement general relatif à renseignement des Écoles normales primaires évangéliques, publié le V octobre 1854.

Jusqu’à la promulgation de ce règlement, chaque séminaire, en Prusse, était resté juge à peu près souverain du caractère qu’il entendait imprimer aux études ; c’était à son gré qu’il développait l’enseignement, et l’élevait, sans autre direction que des principes généraux plus ou moins fidèlement empruntés au règlement rédigé autrefois pour l'école normale de Môers, parla Régence royale de Düsseldorf.

Le gouvernement a cru opportun de communiquer aux différents établissements normaux de la monarchie cet esprit de rénovation religieuse et de réforme pédagogique dont il voulait faire désormais la loi de toutes les institutions d'enseignement public : et il a promulgué le Règlement général.

Ce règlement est, avec les Grundziige, la consécration éclatante du mouvement d’idées que nous avons signalé plus haut, et dont les écrits de plusieurs directeurs d’écoles normales nous ont présenté l’expression.

RÈGLEMENT GÉNÉRAL

11 est, en conséquence, le point de départ authentique d’nn nouvel ordre de choses pour les séminaires de Prusse. Critique du passé à bien des égards, il est en même temps le principe régulateur de la vie des écoles normales dans l’avenir.

Ce document semble une nouvelle et irrécusable preuve de la révolution morale qui s’est accomplie à la suite des perturbations des dernières années; il offre donc un intérêt capital. Je le traduis en l’abrégeant.

Règlement généra) pour l’enseignementdans les écoles normales primaires évangéliques de la monarchie (1" octobre 1854).

* Depuis longtemps on a ouvert aux séminaires de la monarchie un champ de développement aussi libre que possible, en ce qui concerne le choix, l’étendue et la forme de l’enseignement, ainsi que les moyens de faire acquérir aux élèves l'aptitude nécessaire pour enseigner.

« Les heureux résultats obtenus ainsi, au point de vue delà variété et d’une certaine perfection des méthodes, ont une valeur qu’on ne saurait méconnaître. Ces résultats permettent, —ce que, du reste, exige impérieusement la nécessité d’éviter les périls dans lesquels peut entraîner un développement isolé (subjectif) des divers établissements, — ces résultats permettent, disons-nous, de fixer, pour l’enseignement des écoles normales, sur la base des expériences acquises, certaines règles communes dont l’observation ne soit pas un obstacle au développement individuel.

«La fixation de ces règles n été préparée depuis longtemps déjà, par les avis qui ont été réclamés des autorités provinciales, par l’organisation donnée aux écoles normales nouvellement créées, et par les travaux particuliers de quelques maîtres. Ces règles communes s'imposent avec un caractère

d'opportunité d’autant plus incontestable, qu’il s’est manifesté dans la science, dans l’État et dans l’Église, des transformations profondes ; pour mettre l’enseignement populaire au niveau desexigences actuelles, il importe donc de le régulariser, d’en écarter tout ce qui a vieilli, ou parait erroné, de propager et de perfectionner ce qui est utile.

«Les diversités confessionnelles, provinciales et autres, ainsi que les principes généraux qui guident l’administration des écoles prussiennes, ne permettent point de tracer un plan universel et absolu, destiné à être mécaniquement suivi jusque dans les plus petits détails.

«Toutefois, prenant pour base les faits que le développement des écoles a mis en évidence, tenant compte des exigences de la vie pratique, et guidés par ce principe que les établissements dont on parle sont les pépinières immédiates de la culture intellectuelle du peuple (die unmittelbaren Pflamsteetien der Volksbildtmg ) , nous allons poser les règles fondamentales sur lesquelles doivent reposer désormais l’organisation intérieure, la surveillance et la direction des séminaires.

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