Sap. Vn,il5, 17, 49 et
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adulte la conmiiasaiice du dessin linéaire , dont les applications sont si fréquences dans le cours de la vie, il y a dans cette étude pour le jeune homme d'incontestables avantages intellectuels. L'attention qu'elle éveille, l'adresse qu'elle donne, la réflexion qu'elle suppose, Tamour de Tordre qu'elle développe et fortifie , le goôt de la propreté qu'elle entretient : tout cela vient en aide a l'être moral poar en déterminer le caractère et en améliorer les habitudes. Cest ainsi que l'influence des arts, si propres à civiliser les nations, quand ils sont bien dirigés, se fait sentir d'abord ; que l'idée du beau entre dans l'imagination, vulgaire d'ailleurs , de l'homme des champs, et fui découvre un horizon de jouissances intellectuelles que ses préoccupations ordinaires ne lui laisseraient jamais soupçonner.
Aider les enfants a se faire une juste idée des objets quMIs ont soos les yeux, à remarquer leurs dimensions, leurs différences, leurs similitudes; les exercer ensuite ï reproduire ces mêmes formes, en commençant par les plus faciles et en passant graduellement aux plus compliquées : voila toute la méthode, et il n*est pas de maître qui ne puisse parfaitement la suivre et l'appliquer, pour peu qu'il y apporte de zèle et de bonne volonté.
Cet enseignement ainsi dirigé n'est pas une simple culture du coup-d'ceil et de l'adresse de la main ; c'est un véritable moyen d'éducation, par les habitudes d'attention et de réflexion qu'il fait contracter.
Sous ce rapport, il doit appeler toute votre sollicitude, et vous rendrez un véritable service aux écoles si par votre intervention auprès de l'instituteur vous le déterminez a donner cotte direction à l'étude du dessin linéaire.
C'est de ce point de vue moral que nous considérons renseignement du chant, autre auxiliaire pour épurer le goût des classes laborieuses et leur donner à la fois une noble distraction au milieu de leurs travaux, et uq moyen puissant d'édification durant les exercices religieux. Apprendre au peuple T harmonie , c'est le dégrossir, le civiliser et le préparer erficacement au culte du Soigneur. Il est évident que nous par ons ici d'un chant pratique , d'une habitude simple à faire contracter aux enfants dès leur bas-âge par des exercices qui forment leur oreille et assouplissent leur voix : il faut faire chanter les enfants comme on les fait parler, en leur proposant des airs simples, des mélodies agréables et faciles, en ne cessant de
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les leur faire répéter. Od atteindra ce but en donnant, dans toutes les écoles, les principes du plain-chant.
Si, parmi leurs élèves, les instituteurs en distinguent qui aient une aptitude plus spéciale, une oreille plus juste, une voix plus étendue 9 eogages-les k leur apprendre quelques morceaux , qu'ils exé- Dateront dans les classes, oii leur exemple entraînera les autres. Tout DMiltre qui a de Toreille et de la voix doit obtenir d'excellents ré- Riliats sous ce rapport. S'il est musicien, tant mieux; mais il n'est pas nécessaire qu'il le soit : du goût, de l'habitude, beaucoup de lèfe, peuvent suppléer ici l'art et la science.
Faut-il ajouter qu'ici, comme pour les lectures , il est important f exercer une surveillance sur ces chants, qui doivent respirer la norale la plus pure et n'exprimer que des idées approuvées par la UeeDce?Quel service on rendrait aux écoles et aux familles si l'on f introduisait des mélodies d'un caractère a la fois simple et élevé, le nature a devenir, dans les diverses circonstances de la vie , Texpiession des sentiments du chrétien et de l'homme qui se respecte ! (^elle influence heureuse n'exercerait-on point par lli sur la moralité les fM>pulations et la sérénité du foyer domestique 1
Cet enseignement se recommande encore ^ votre intérêt par l'uti- IHé que vous en retirerez pour les cérémonies de l'église et comme préparation naturelle du chant liturgique.
Ifeillez donc a ce qne la jeunesse soit convenablement exercée au Blmot des offices. Formez peu à peu des chœurs d'enfants, qui réptndroflft un charme tout particulier sur les solennités religieuses. Cette admission )i l'exercice du culte, que vous présenterez conmie un honneur et une récompense, enflammera le zèle, excitera une irtile émulation. Bien plus, ce sera comme un saint appât que vous mffk'irez aux parents: indifférents à vos paroles, ils seront attirés par la Toix de leurs enfants ; ce que vos conseils réitérés , vos avertisseoients les plus afrectueux, n'auront pu obtenir, les mélodies sacrées It produiront. La curiosité paternelle amènera à l'église ceux qui restaient sourds b votre appel : pourvu qu'ils arrivent k Dieu, votre ;cBQr se réjouira. L'Écriture ne parle-t-eNe pas des saintes industries lu zèle? Et combien est pure et innocente celle que nous vous conleillons ! Un troisième avantage enfin, c'est que vous retiendrez a l'église, par le plaisir qu'ils prendront. k y chanter, beaucoup de jeunes gens qu'on verrait s'éloigner aussitôt après leur première
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communioD. Telle peul ôlre rcfficacité de Tclude bieu entendue, biea suivie, bien réglée du cbant dans les écoles primaires. Tout cela vaut la peine d'y songer sérieusement et de donner aux maîtres le concours et la direction nécessaires.
Avant de terminer, il nous reste, Messieurs, à vous dire quelques mots sur la discipline des écoles et sur les qualités les plus désirables dans un instituteur* Ces observations compléteront notre pensée et répondront peut-être à vos désirs. On a fait bien du bruit, k une certaine époque, de la méthode dite d'enseignement mutuel; on s'en est servi pour soulever les passions, nourrir les haines des partis. On Ta prônée , on Ta anathématisée : elle ne méritait ni tant d'honneur ni tant de réprobation. Elle n*a fait ni le bien qu'on en a dit et attendu, ni le mal dont on Ta accusée. Utile pour tout ce qui est affaire de mémoire, de répétition, d'exercices graphiques; utile encore en ce qu'elle permet à un seul maître d'occuper en même temps un grand nombre d'enfants , elle est insuffisante dès qu'il s'agit du « développement des facultés , pour lesquelles il faut « une raison déjà formée, une intelligence mûre, dont Taction vive, « pénétrante et sûre réveille les puissances endormies , les facultés « naissantes de l'enfant*»; elle est nulle en ce qui concerne le développement moral de l'élève, que la parole directe et continue du maître peut seule produire ; car, seule, elle peut toucher son cœur, éclairer sa conscience, régler sa conduite. Tout cela est devenu de notoriété publique, si bien qu'aujourd'hui on ne trouverait presque plus en France une bonne école exclusivement dirigée d'après et mode. La ville de Paris a donné l'exemple en transformant toutes les écoles mutuelles de garçons en écoles mixtes.
Mais, à son tour, le mode simultané est insuffisant lorsqu'un seal maître doit donner l 'instruction à tous les élèves; car il ne peut éviter l'inconvénient, ou de réunir des enfants dont le degré d'iustroction est très différent, ou d'établir des divisions trop multipliées. Dans le premier cas, les leçons ne profitent qu'k un petit nombre» et la masse perd son temps ; dans le second, le tour de chaque division revient h intervalles trop éloignés, et les élèves restent inoccupés pendant une partie de la journée.
Aussi, malgré la présence de plusieurs maîtres dans chaque école, les Frères n'ont-ils pas craint de faire d'heureux emprunts à l'enseignement mutuel en recourant à des moniteurs pour certaines
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branches d'instruction dans la classe élémentaire et même dans les classes plus avancées. Cette organisation est, b plus forte raison, nécessaire dans les établissements oh il n'y a qu'un seul maître. Qu'il se fasse donc aider , pour les exercices de lecture, d'écriture, pour la pratique des opérations de l'arithmétique et pour la récitalion, par quelques-uns des élèves les plus instruits ; mais qu'il ré* serve pour lui toutes les matières qui demandent des explications et qui s'adressent b l'intelligence ou au cœur des élèves.
Ainsi, les progrès seront plus rapides, plus sûrs, et le temps sera mieux employé. Ce bon emploi du temps est d'une haute importance. Beaucoup d'écoles méritent des reproches à cet égard : on n'y observe ni ordre ni régularité ; rien ne s'y fait à l'heure fixée ; les leçons se donnent comme au hasard , sans plan ni méthode. Pour remédier à ces abus, faites en sorte qu'on établisse, dans chaque classe, un tableau où seront indiqués les jours et les moments de chaque leçon, et tenez la main k ce qu'on s'y conforme invariablement.
Car l'instituteur doit en tout l'exemple de la soumission à la règle. Quand il s'en montrera le scrupuleux observateur, il accoutumera facilement les élèves à s'y conformer à leur tour. Ils prendront ainsi l'habitude de la ponctualité, si nécessaire et si rare; et, comme conséquence naturelle, on verra s'introduire et se perpétuer une discipline ferme et régulière, sans laquelle il n'y a pour nos établissements aucune chance de succès. Une bonne discipline suppose la sévérité tempérée par la douceur : la sévérité seule peut , sans aucun doute, maintenir l'ordre, faire régner le silence et la propreté ; mais le plus souvent la discipline n'est qu'apparente, les cœurs ne sont pas gagnés, les volontés ne sont pas assouplies» l'obéissance n'est que servile , elle échappe à la première occasion. Or, pour s'assurer les cœurs , pour soumettre les volontés , il faut qu'au respect se joigne la confiance, à la crainte l'afrection. Il faut que le maître aime véritablement ses élèves pour en être aimé : la bonté seule est faiblesse ; la vérité seule est âpreté : celle-là produit le désordre par le relâchement; celle-ci la révolte par la contrainte. Que la main soit douce sans fléchir, ferme sans roideur ; que l'autorité soit forte et miséricordieuse.
Vous reconnaîtrez aisément une école où la discipline aura ce double caractère. 11 y régnera de l'activité sans bruit, du mouvement sans agitation ; tout sera à la fois animé et k sa place ; les enfants
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auront uo air heureux, franc et ouvert. Ils aborderont le maître avec respect et tant familiarité, avec confiance et sans crainte. On admirera dans tous leurs travaux un soin, un goAt, qui témoigneront du lèle de l'instituteur autant que de la gratitude des enfants. Car, si nous avons dit avec raison : Tel maître, telle méthode , nous pouvons ajouter : Tel maitrCi tels élèves. Le talent de Tun répond du succès des autres.
Mais le savoir seul ne constitue pas le talent de Téducateur : il peut avoir des connaissances fort étendues et manquer de l'aptitude nécessaire pour les communiquer. Se mettre à la portée des enfants; captiver leur attention par une parole vive, claire» variée; exciter leur intérêt sans l'épuiser jamais ; mettre de l'ftme dans tout œ qu'on dit et fait pour eux : c'est là ce qui constitue le vrai mérite de l'instituteur.
Ce maître habile et consciencieux n'aura pas de peine k vous comprendre quand vous lui rappellerez que l'enseignement doit être élémentaire , c'est-k-dire simple, fédle, toujours k la portée des esprits sans culture, peu étendu mais solide. Pour cela, nous le répétons, peu de théories, pas d^abstractions ; des faits et des exemples ; peu de règles, beaucoup d'applications , et des applications empruntées, autant que possible, aux circonstances ordinaires de la vie ; enfin, des répétitions fréquentes et dès interrogations périodiques.
Engages donc les maîtres k fixer un jour ou deux par mois pour des interrogations plus solennelles, dans lesquelles on reviendra sur tout ce qui aura été enseigné depuis le dernier examen. Useï, pour votre compte, de ce moyen efficace , et ne visitex pas Técole sans adresser aux élèves quelques questions, qui, sans déranger l'ordre, vous feront reconnaître facilement l'état de la classe et tiendront les enfants en haleine.
Nous sommes arrivé an terme de cet entretien , trop long peutêtre si nous songeons k la diversité et k l'impolrtance des travaux que vous impose la charge pastorale, mais insuffisant encore si nous le comparons a la gravité des motifs qui nous l'ont dicté.
Songeons-y bien, Messieurs, le sort de là patrie est, en quelque sorte , entre nos mains. Si nos efforts , une charité patiente , une condescendance éclairée, parviennent k cimenter l'union entre lé presbytère et l'école ; si le prêtre et Tinstltuteur s'entendent pour
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former les géoératioos nouvelles; si Tinstituteur se fait, par ses exemples et ses leçons, le propagateur de la foi chrétienne, en mdme temps qu'il enseigne les sciences et les lettres ; si le curé encourage Tamour des sciences , favorise toutes les bonnes tendances de notre époque, en même temps qu'il sème la parole de Dieu ; si des mains de l'instituteur sortent des enfants instruits et religieux , des mains du prêtre des paroissiens pieux et éclairés, n'aurons-nous pas, je vous le demande, payé notre dette au pays et à l'Eglise, fermé l'abtme des révolutions, raffermi la société sur ses bases, rétabli le règne de Dieu sur la terre ?