‹ De l'éducation pȯpulaire dans l'Allemagne du word et de ses rapports avec les doctrines philosophiques et religieusesChapitre 28 sur 136 · Disc, de M. Vogt · texte numérisé non relu

Disc, de M. Vogt

PEEMlèaE PAETIE.

Il est inutile d'insister. On peut apprécier maintenant , avec quelque netteté, les tendances générales de l'enseignement populaire dans rAllemagne septentrionale ; on peut mesurer la tâche réparatrice qu'unies dans une sortè de ligue du bien public, TÉglise, la commune, l'État, toutes les forces du pays doivent entreprendre et accomplir, sous peine de dissolution sociale.

VÉglite, dans les contrées protestantes d'Allemagne, conserve-t-elle la vertu intérieure, la vigueur morale suffisantes pour servir puissamment, dans une lutte de ce genre, et la commune et l'État? Problème délicat et que je n'examine pas en ce moment. J'indique seulement ici deux conclusions qui ressorient, pour le résumer, de l'exposé qui précède. Premièrement, l'école est le point où converge, en modifiant plus oo moins ses formes, toute idée mise en circulation dans les sphères supérieures de l'intelligence; elle est le petit monde où se résume le grand. Pas une doctrine, où qu'elle naisse, pas un sophisme, d'où qu'il tombe, qui ne s'y reflètent comme en un miroir. Tout ne part pas de l'école, mais tout y aboutit.

En second lieu, un abime sépare, pour certaines parties de l'Allemagne, la période pédagogique actuelle de la période dont j'ai, plus haut, tracé rapidement l'histoire.

La profondeur de cet abîme a terrifié d'excellents esprits. Au delà du Rhin, on a poussé des cris d'alarme qui sont presque des cris de désespoir : « Hélas! répètent des voix allemandes, les secousses révolutionnaires ont déchiré le voile qui abritait la suprématie rêvée {den Schleier von der geirïïim-' ien Herrlichkeit) dû système scolaire allemand, et la statue dévoilée n'a plus montré qu'une face déshonorée et flétrie. 11 faut bien le confesser : l'école allemande n'a pas soutenu l'épreuve*. » — « Avouons le mal, répond une autre voix, et que

1. Die Reform der Volksschule ^ paiT J. C. Curtman, directeur du séminaire de Friedberg, p. 5 (I851).

FAITS CONTEMPORAINS

chacun en soil enfin convaincu : la substance de toute éducation est donnée par TÉglise, TÉtat, la commune, la famille; il est insensé de vouloir remplacer par quelque autre influence ces éléments de la vie morale *. >

Ainsi, la sincérité des aveux égale l'étendue de la faute.

Et maintenant , comment la transformation que je signalais s est-elle opérée? Quel est le coupable et quels sont les complices?

D faut, pour résoudre le problème, connaître le rôle des trois puissances qui, en Allemagne, comme ailleurs, président à la direction de l'éducation populaire. Il faut étudier Tin- Soeace de l'État, de l'Église, de la science pédagogique. La seconde partie de notre livre va être consacrée à celte étude.

Cest à l'État qu'en droit comme en fait, est aujourd'hui attribuée la plus large part dans le gouvernement intellectuel de l'Allemagne. L'action exercée par l'État sera donc le premier objet de nos recherches.

Le rôle de cette puissance est officiellement inauguré, au point de vue de l'enseignement, dans les différents pays de l'Allemagne du nord, vers l'époque où fut publié YAUgemeines Landrecht^ et où la Prusse inscrivit ces mots dans son Code : < Les écj3les sont des établissements de l'État^ » .

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