‹ De l'éducation pȯpulaire dans l'Allemagne du word et de ses rapports avec les doctrines philosophiques et religieusesChapitre 39 sur 136 · Ibid.; art · texte numérisé non relu

Ibid.; art

RÔLE DE L*£TAT. 79

appartient l'école; que, par Texemple comme parla parole, ils imprimeot aux élèves les vérités Religieuses et morales. »

Halutenant, quelle situation est faite au représentant de rau|orité religieuse?

c ^'inspecteur local des écoles est le pasteur.

«• L*|pspec|teur a la surveillance des plans d'études, de l'organisation intérieure de l'école, et la direction de l'instituteur dans ses fonctions. Il s'assure que sa vie répond h la dignilé de sa vocation.

" Le pasteur, comm^ tel, a le droit particulier de faire, ilvux fois par semaine, au moins, dans les écoles de sa paroisse, une leçon de religion. »

Ce n'est pas tout; la religion n'a pas seplement un représeotant dans le pasteur, au sein de l'école; l'inspecteur de cercle pu Sckulvisiiaior appartient lui-même au corps ecclésiastique.

VL — Duché de Saxe-Weimar.

Un seul état semble se séparer du mouvement général auquel cèdent aujourd'hui, plus que jamais, les différents poys de la confédération germanique : c'est le grand-duché de Saxe- Weimar. Dans le duché dcWeimar les événements révolutionnaires ne paraissent pas avoir produit une impression oussi profonde que dans le reste de l'Allemagne ; du moins on n'y tire pas de ces événements les mêmes conséquences, et ce n'est point par des remèdes analogues qu'on y cherche à combattre le mal. D'ailleurs, on vit à Weimar au milieu des souvenirs et dans le culte philosophique de Goethe, de Schiller, de Herder ; les théologiens y invoquent les traditions lihérales de Bretscbncider et de Rôhr; et comment oublier, à lena, que de Tuniversilé de celle ville, Fichle, Sehelling èl Hegel jetèrent à l'Allemagne les éclatantes témérités de leur premier

SFXONDE PARTie.

enseigoernent? Vorihodoxie, comme od dit, & Tbenre qu*il est, dans toute l'Allemagne protestante, n'est donc point anssi en faveur, dans les duchés de Saxe» qu'auprès des autres gouvernements : on s'y croit même chargé de défendre, contre les c emportements de celte orthodoxie, le développement logique du principe protestant, principe auquel sont attachés, déclare-t-on, l'indépendance et la dignité de l'esprit allemand^.

En 1852, lorsque M. Cousin visita le duché de Saze-Weimar, un coTm^/o/rayavaitradminislration de l'instruction publique; et ce consistoire, parmi ses membres, ne comptait qu'un membre laïque. Aujourd'hui le consistoire n'existe pins; il a été remplacé, depuis 1848, par un haut conseil de l'Église, OberkirchenrcUL Sur sept conseillers, trois sont étrangers à l'état ecclésiastique*, et comme rO&^A^rcA^ro/A est présidé par le ministre de l'instruction publique, l'élément laïque, OQ le voit, y est en réalité, l'élément prépondérant.

Un tel changement s^est opéré sous Pinfluence de l'université d'iéna , et spécialement sous Timpulsion de l'un de ses professeurs de théologie les plus éminents, H. Schwarz.

Il ne faut pas, au reste, dans l'application, exagérer la portée de cechUngement. Sans doute la suprématie estdevenue un partage d^autorité; le pasteur n'est plus, de droit, président du Schulvorsiand, au sein duquel opinent, à ses côtés, les notables de la commune et les instituteurs eux-mêmes; sans doute, les inspecteurs ecclésiastiques, au lieu de communiquer, en ce qui touche les questions d'instruction publique, avec un consistoire, doivent s'adresser directement au ministère

1 . Ce sont deux professeurs des Universités saxonnes, MM. Droysen (de léna) et Nitzsch (de Leipsig) qui ont fondé, en 1853, la revue mensuelle, organe des protestations philosophiques : allgemeine Monatsschrift fiir Wissenschaft und Littérature

aoLE DE l'état.

dont ils ne sont que les employés (Behôrden); sans doute aussi, radministraiion de l'instruction populaire, dans ses détails quotidiens et pratiques, n'appartient plus aux n)embres de \ Oberkirchenratk ; sous la direction immédiate du pouvoir civils elle est aux mains des deux directeurs laïques des séminaires de Weimar et d'Eisenach. Mais, après tout, l'instruction religieuse, dans l'école, continue à être donnée sous la surveillance des c fonctionnaires ecclésiastiques compétents» (ton dta belreffenden kirchlichen Behôrden beaufstchtigl) ; mais lee membres du clergé chargés de la surveillance des cercles I ecclésiastiques inspectent encore les écoles, examinent les candidats aux fonctions de l'enseignement, contrôlent les instituteurs dans l'accomplissement de leurs devoirs, ont la haute main sur l'organisation intérieure et technique de l'école*.

Ainsi, les changements opérés dans le duché de Saxe- Weimar ne sont assurément pas, en eux-mêmes, une menace contre des droits respectés; et ce n'est pas à la Ft ance qu'il appartient de trouver mauvais que l'autorité séculière revendique directement la responsabilité de l'administration de renseignement populaire. L'État, dans les autres pays du Nord, n'a pas d'ailleurs un rôle moins prépondérant qu'en Saxe-Weimar. Ce qui est spécial au grand-duché, c'est que la puissance publique y obéit, dans ses tendances, à une inspiration qui donne à ses actes une signification particulière, et lui assigne, en ce moment, une place distinctive parmi les États de la confédération germanique.

En résumé, TÉtat, dans aucun pays de l'Allemagne, n'a

1. • Dieselben stehen iD ihrer Ëigenschaft als Schul-Inspectoren unmiu telbar unter dem Staats-Ministerium. • {Verordnung zur AusfUhrung des Geselzes.)

î. Geselz iiber einige da$ Volksschulwesen betreffende Fragen , vom IMai 1851: art. 13.

SECONDE PARTIE

déserté la cause des intérêts traditionnels. Partout, il s'est constitué le représentant des doctrines que Tautorité rèligieose invoque, et que Texpérience consacre. Bien plus, il a, telles circonstances données, protégé ces mémes^ doctrines contre la faiblesse ou IMmpréYoyance des pouvoirs qu'un caractère spécial en faisait les défenseurs naturels. L'Élata été par excellence la force conservatrice dans rAUemagne septentrionale. Ce n'est donc pas sur lui, nous le répétons, que doit peser la responsabilité du désordre moral dont nous avons signalé Tétendue.

Le 8 mars 4852, dans la dernière séance du congrès évangèlique tenu à Berlin, un des membres les plus considérables de la première chambre de Prusse, M. de StabI, prononça un discours dont le sujet était l'examen de ce problème : Qu'est-ce que la Révolution? a La Bévoiution , dit l'orateur, n'est pas une insurrection, une revendication armée de la liberté politique; ce n'est pas un acte, un fait. La Révolution est cette doctrine politique qui, depuis soixante ans, comme une force universelle, remplit la pensée des peuples et dirige les mouvements de la vie publique, doctrine qui se résume ainsi : (K Substituer pour fondement de l'organisation des États à c l'ordre voulu par Dieu, la volonté de Thomme; considérer cloute puissance comme venant non de Dieu, mais de « l'homme; assigner pour but à l'activité sociale non pas la c réalisation d'un plan divin, mais l'affranchissement de l'hu-

<( manité » . Il n'y a qu'une puissance, une seule qui puisse

euchainer la Révolution : c'est le christianisme; car le christianisme fonde toute la vie humaine sur l'ordre établi par Dieu. Le christianisme seul peut raffermir l'ordre social, après que les principes sur lesquels il repose ont été mis eu question. L'esprit chrétien ne demande pas une autorité qu'il ait établie lui-même, une constitution qu'il ait créée lui-même,

RÔLE DE l'État.

an droit qa'il ail tiré de ses propres conceptions. Il préfère recevoir tout cela de la volonté divine ; il se contente d*ajbuter sa modeste part de travail à l'immense édifice dù temps, selon que Dieu loi en a imposé la tftclie^ »

En citatit ces paroli^s , j'aurais , certes, h faire des réserves ; mais je les dois signaler : elles sont, au moment où j'écris^ Texpression de la pensée des gOuvernerâieDts de l'Allemagne dans Tadministralion de l'enseignement populaire.

Mieux encore saisira-t-on cette pensée; moins encore pourra-t-on accuser l'État, quand on l'aura vu, dans Torga-* nisation biérarciiique de l'instruction primaire, employer partout , comtne instruments de son action , les membres du corps même en qui doivent se persotinifier les principes traditionnels; quand on saura par qui et comment sont exercées^ àu delà du Rbin, la surveillance et l'inspection des écoles.

Section II. — De rinspection des écoles.

En Allemagne, comme en France, et selon les nécessites qui tiaissent de la nature même des choses, il existe pour les écoles deux sortes d'inspection : l'une essentiellement locale, l'antre servant de lien entre la commune et le pouvoir central.

En Prusse, ainsi que dans les autres pays de l'Allemagne, c'est un principe de gouvernement scolaire, que l'une et l'autre inspection doivent être exercées par des membres du corps ecclésiastique.

Pour les hommes d'Etat, au delà du Rhin^ le problème général, dans ses termes les plus élevés, est celui-ci : trouver les conditions dans lesquelles les forces vives de la société puissent, avec le plus de profit, être appliquées au gouvernement moral de l'enseignement public.

1. Was ist die Révolution? -^E'in Vortrag gehalten auf Veranlassung des evangelischen Vereins in Berlin.

SEGOKDE PARTIE.

Les forces dont on parle se résument sous trois noms ; l'Etat, rÉglise, la famille.

Dans l'instruction primaire, c'est-à-dire dans Tœuvre de l'éducation des masses, Tétendue du rôle que l'État a intérêt d'attribuer à l'Église, est en raison même de l'efficacité de l'action que l'Église est en mesure d'exercer.

L'Église possède un cadre de fonctionnaires tout créé. Indépendamment de sa vertu propre, elle est, au point de vue purement administratif, un instrument précieux dont il faut que l'État sache se servir sans rien aliéner de ses droits. D'ailleurs, l'éducation des classes laborieuses semble, à vrai dire, un appendice naturel du ministère ecclésiastique; et Tbistoire n'est qu'un perpétuel témoignage du rôle que, sous ce rapport, la raison publique a toujours assigné à l'Église.

Toutes les fois donc que TÉlat, dans l'administration de Tinstruction primaire, pourra mettre en œuvre des instruments ecclésiastiques, il devra le faire : premièrement pour atténuer la responsabilité morale qui pèse sur lui; en second lieu, pour diminuer le nombre des fonctionnaires dont il est accablé.

Ces principes sont Texpression abstraite des faits que révèle l'étude du système de renseignement au delà du Rhin; et l'application en est aussi complète dans les pays protestants que dans les pays catholiques.

Le Landrechi, on l'a vu, comme le règlement général de 1765, les consacre expressément; et une série d'actes récents ne peut laisser aucun doute sur les intentions actuelles de l'administration supérieure de l'instruction publique, à Dresde comme à Hanovre, à Cassel comme à Berlin.

Partout à côté de l'autorité collective qui, sons le nom de Comité directeur de V école {Schulvorstand) ou de Commission des écoles (ScAii/.CommîWon) est chargée particulièrement de Torganisation matérielle et des intérêts extérieurs dcsétablissemcnls

RÔLE DE l/ÉTAT.

SA

scolaires, le pasteur exerce, dans le ressort de la paroisse, la surveillance et rinspeetloo. En qualité d'inspecteur local {Locd-^hulinspecior), il intervient dans Torganisation intérieure de l'école; ses visites doivent avoir lieu une fols au moins chaque semaine; et, dans ces visites , ce qui touche à l'en • seignementet àla direction morale, est, sous tous les rapports, soumis à son contrôle. Les droits qu'attribuait au représentant de l'autorité ecclésiastique, dans la commune, le règlement de 1763, lui sont expressément conservés parles règlements contemporains. La régence de Potsdam, qui reçoit directement ses inspirations de Berlin , s'exprimait comme il suit dans une circulaire du 3 mai 1853 :

« Aux termes des lois et règlements, Técole et l'instituteur, avec son enseignement, sont placés sous la surveillance et la direction de l'autorité ecclésiastique de la commune, qui doit pourvoir avec soin à ce que les prescriptions scolaires soient scrupuleusement observées.

L'instruction religieuse est particulièrement désignée à sa sollicitude. Sous ce rapport donc, ainsi qu'il est dit à l'art. 25 du Règlement général {General LandschuUReglement)^ la distribution de renseignement dans l'école appartient au pasteur; et dans ce but, comme en général pour la direction du système scolaire, des conférences de tous les maitres de la paroisse doivent être tenues chaque mois par ledit pasteur » .

Même esprit et mêmes prescriptions dans le royaume de Saxe :

cLes inspecteurs locaux doivent visiter les écoles de leurs paroisses au moins une fois la semaine, et celles placées au dehors au moins une fois par mois.

« On attend des sentiments religieux et de la culture morale des ecclésiastiques que l'inspection à eux confiée, pour la conservation du lien entre l'Église et Técole, sur les établissements de leurs paroisses, sera faite avec zèle et amour, et qu'ils

82 SFXONDE PARTIE.

s'appliqueront à procurer le progrès inlellecfuel et moral des maîtres. » Verordnung, vom 9 juin 4835.)

Dans la Hesse-Électorale, une instruction du S9 novembre 4825, instruction dont toutes les prescriptions sont encore aujourd'hui en vigueur, fait bien comprendre le rôle que la législation allemande attribue aux pasteurs : je la traduis dans son ensemble :

Instruction pour les pasteurs sur Imrs devoirs relativement à Vinspeetion des écoles de lewrs paroisses,

4. — a Dans les villes et autres lieux , où sont établis des comités {Sclivlvorstândé) particuliers, la surveillance est exercée dans tout le ressort par ledit comité; mais, en tout ce qui est de renseignement lui-même, de sa direction et des améliorations qu'il comporte, l'inspection appartient tout spécialement, et avant tout, aux ecclésiastiques membres du SchuU vorsiand.

5. — c Les ecclésiastiques auxquels appartient l'inspection spéciale des écoles attacban t à cette mission toute l'importance nécessaire, aucun moyen ne doit être épargné pour que le but soit atteint. Ils doivent en particulier :

3. — c Veiller avec sollicitude à ce que tous les enfants obligés par leur âge de se rendre à l'école la fréquentent en effet. Ils se font rendre compte, tous les dix jours, des absences, par le maître d'école, adressent les avertissements convenables aux parents et aux enfants; et si des absences multipliées se produisent sans excuses valables, ils en font part au conseiller du cercle, afin que celui-ci poursuive l'application de la peine.

4. — c Le pasteur prend soin que l'instituteur fasse réeole exactement aux heures* fixées. Celui-ci ne peut s'éloigner de la commune sans sa permission, permission qui peut être octroyée pour trois jours.

RÔLE DE l'État.

5. — « Il doil empêcher que Tinsliluteur exerce ud métier ou commerce incompatibles avec les fonctions d'instituteur.

6. — «Il doit faire en sorte que le maître maintienne une discipline sévère, de telle manière cependant que la santé des enrants n'en souffre pas.

7. — € Il est du devoir du pasteur de prendre une connaissance suffisante de la méthode d^enseignement de Tinstituteur, sans oublier, bien entendu, que plusieurs chemins mènent au même but.

8. — «* Lorsque, pour la bonne organisation d'une école, d|3s divisions doivent être établies dans les classes, d'après l'âge et d'après les aptitudes et le degré de connaissance des élèves, le pasteur veille à la bonne distribution de ceux-ci. Il prend soin, dans les écoles mixtes, que les garçons et les filles aient des places séparées.

« La répartition se fait, chaque année, au moment de l'ouverture de l'école ou des examens semestriels, en la présence du pasteur.

9. — «Il appartient au pasteur de régler et d'arrêter le programme de l'enseignement. Tordre dans lequel il doit être étudié, et d'en maintenir l'observation de manière à ce que ce programme ne soit pas changé sans raisons suffisantes.

40. — «C'est à lui de veiller à ce que l'instituteur tiejone exactement la liste des élèves, qu'il y consigne des notes relatives à la conduite, au travail, h l'exactitude, aux progrès. Cette liste doit être présentée au pasteur toutes les fois qu'il visite l'école, ou lors des examens publics semestriels.

il. — c A la fin de chaque semestre a lieu un examen public auquel doit assister le pasteur.

iS. — « Pour que les pasteurs aient une connaissance suffisamment approfondie de leurs écoles, et pour qu'il leur soit possible de contribuer au perfectionnement de l'éducation, de fréquentes visites sont nécessaires. Il leur est expressément

SECONDE PARTIE

recommandé, ainsi quMiestdc leur devoir, d'inspecter, chaque semaine au moins, une école, et d'intervenir selon les prescriptions de Tart. 7, dans la dispensation de renseignement.

13. — c Le pasteur doit consigner ses noies sur one feuille {Schul'ProiokoU)^ où sont indiqués et le jour de la visite et le résultat de l'inspection. Cette feuille doit être présentée dans les huit premiers jours de Tannée, avec un rapport sur la conduite, le zèle, l'aptitude de chaque maître, à l'inspecteur supérieur {Ober-Schulnlnspecior),

44. — «Il appartient aussi aux pasteurs de veiller à ce que les maisons d'école soient disposées convenablement et entretenues en bon état ; à ce qu'elles ne soient pas employées à des usages étrangers à leur destination, à ce qu'elles soient pourvues du mobilier scolaire, à ce que les élèves, et en particulier les élèves pauvres ne manquent pas des moyens d'instruction nécessaires. »

Ainsi, le pasteur est, à vrai dire, la personnification des intérêts scolaires. Linstituteur n'est pas nommé par lui, mais la direction morale de l'école lui appartient. Ce qui lui est tout particulièrement attribué dans les pays catholiques Je l'ai dit plus haut, c'est non-seulement la surveillance de renseignement religieux, mais cet enseignement lui-même. A cet égard, il n'est pas seulement inspecteur, mais encore, et dans toute la force du mot, deux fois par semaine, il est instituteur.

Au-dessus de ce premier degré de surveillance est constituée une inspection plus générale, inspection de district ou decerc/e. Cette inspection , par la nature des devoirs qu'elle impose , correspond à celle des inspecteurs de l'instruction primaire en France; mais elle est restreinte dans un ressort t)eaucoup moins étendu que celui de nos arrondissements. Ses limites ne dépassent pas celles d'un de nos cantons, et souvent même

ROLE DE l'cTAT.

ne les alleigoeat point. On tient, en Allemagne, qu'un fonctionnaire ne doit ni ne peut avoir sous sa direction plus de 40 à 60 écoles ^

Un tel système, on le voit à première vue, n*est applicable qu*à une condition, c'est que les'agents de l'inspection seront empruntés à un cadre tout créé. Comment, en ertel, avoir des Tonctionnaires spéciaux assez nombreux pour n'attribuer à chacun d'eux qu'un nombre si restreint d'établissements? Comment grever le budget d'une charge qui risquerait d'égaler les dépenses affectées à l'ensemble du service de instruction primaire?

Or, ce cadre existe partout où existe un clergé. Les inspecteurs de cercle^ inspecteurs de disirici^ inspecteurs supérieurs^ dans les différents pays d'Allemagne, font tous partie du corps ecclésiastique.

L'inspecteurdu cercle est choisi parmi les membresdu clergé les plus distingués du ressort. En général il est chargé en même temps, sous le titre de Surintendant, chez les protes^ tants, et sous celui de Doyen (Dechant) chez les catholiques, de Tinspection ecclésiastique dans la même circonscription ; l'inspection des écoles devient donc, pour les pasteurs, partie intégrante du ministère sacré. Dès lors, elle ne constitue pas une fonction indépendante et distincte ; elle peut conséquemment être exercée par un nombre considérable d'agents dont la mission ne devient pas une charge onéreuse pour l'État : les Kreisschidinspecioren, en effet, ne reçoivent pas de traitement; il leur est donné une simple indemnité, indemnité purement destinée h les rembourser des frais de tournée, et ne s'élevant pas, chaque année, au delà de la somme de 150 à 200 francs.

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