‹ De l'éducation pȯpulaire dans l'Allemagne du word et de ses rapports avec les doctrines philosophiques et religieusesChapitre 41 sur 136 · Il est aussi en rapports habituels avec le Schul-Rafk · texte numérisé non relu

Il est aussi en rapports habituels avec le Schul-Rafk

6. — Le Schulpfleger visite les écoles aussi souvent que ses autres fonctions le lui permettent. Il soumet à un examen préparatoire les candidats qui doivent subir les épreuves devant le comité, et ajourne ceux qui ne présentent pas les connaissances suffisantes. Le comité n'admet à ces épreuves aucun candidat qui ne produise un certificat d'examen préliminaire signé du Schulpfleger, — Ce dernier examine

1. Le conseiller chargé des affaires d'enseignement dans chaque régence.

ttÔLE DE L ETAT. 91

également, au préalable, les aspirants qai désirent entrer au séminaire. »

Héme législation dans le royaume de Saxe :

c Le Surintendant ou éphorus exerce la surveillance, comme inspecteur de district, sur toutes les écoles d'une ^pAone. Dans les éphories étendues, il est loisible au Surintendant de s'associer, avec Tau (orisation de l'autorité supérieure, pour l'inspection fréquente des écoles, les ecclésiastiques qu'il croit dignes de cette mission (art. 469 de Tordonnance de iSSS). »

LMnstruction adressée par les autorités scolaires aux mspecteurs supérieurs^ dans le duché de Hesse-Cassel , mérite d'être traduite :

« Afin qu'une inspection supérieure soit exercée sur les écoles, et que l'activité des pasteurs, à qui est confiée la surveillance locale, soit tenue en haleine; afin qu'une autorité soit établie qui puisse imprimer la direction nécessaire, prodiguer les conseils, et veiller à l'observation des règlements pour Tamélioration du système scolaire, des ecclésiastiques d'un rang élevé sont désignés comme inspecteurs supérieurs {Ober-Schul-Inspectoren). Règle générale : Tout métropolitain * est inspecteur supérieur de son district.

1. Lq Metropolitan répond, en IlessCf au Superinlendent de Prusse.

Un métro'politain n'a pas sous sa surveillance plus de 25 écoles ; ce nombre môme est très rarement atteint. Voici , par exemple , dans la Hesse, comment sont réparties les écoles entre les Ober-Schul'InsptcioTen : MétropolUanie ou surintendance d'Hochstadt : S écoles en 8 communes. — de Bockenheim : 8 écoles en 6 communes. — de Bode : 11 écoles en 8 communes. — de Bieber : 15 écoles en 5 communes. — de SchlUchtern: 18 écoles en 7 communes. — de Mottgers : 16 écoles en 6 communes. — • de Birsteln : 31 écoles en 8 communes. — de Meerholz : 11 écoles en

SECONDE PARTIE

1 . — c Sous l'autorité des inspecteurs supérieurs sont placés les pasteurs, comme inspecteurs spéciaux des écoles de leurs paroisses respectives; les instituteurs desdites écoles, ainsi que les sociétés pour les conférences d'instituteurs {SchulleArer- ConJerenZ'Gesellschaflen) de leur circonscription.

S. — « Ils doivent particulièrement veiller à ce que les pasteurs exécutent consciencieusement les instructions qui leur sont données; assister aux conTérences annuelles ou semestrielles d'instituteurs; et travailler à les établir là où elles n'existent pas.

3. — « Les inspecteurs supérieurs visitent chaque école de leur circonscription au moins une fois par mois, et se forment une idée nette de la situation de chacune d'elles. Après les visites, ils communiquent leurs observations et donnent leurs conseils, ou de vive voix ou par écrit, et aux pasteurs et aux maîtres. En cas de nécessité, ils s'adressent au conseil du cercle {Kreisrath),

4. — « A la fin de chaque année, ou, au plus tard, dans le mois de février, ils adressent un rapport sur la situation de chacune des écoles de leur circonscription, en indiquant le jour où Tinspection a eu lieu. Pour les écoles dont ils sont eux*mémes inspecteurs, en tant que pasteurs, ils joignent à leur rapport général les notes concernant chacune de ces écoles.

5. — « Les conseillers de cercle {Kreisràihe) sont associés à la haute surveillance confiée aux inspecteurs supérieurs. La coopération de ces deux autorités est dirigée de telle sorte que, tous les intérêts intérieurs et la direction morale de l'école étant remis aux mains des inspecteurs supérieurs, ce qui est

s communes, — de Wâchtersbacb : 14 écoles en 5 communes. — de Hanau : 11 écoles en 5 communes. — de GrossenlUder : 15 écoles en 4 communes.

RÔLE DE l'État.

(le rexléiieur soit réservé aux conseillers de cercle, sans tou* tefois qu'il y ait séparation entre ces deux ordres d'intérêts. — Les rapports annuels adressés par les inspecteurs supérieurs à la régence sont préalablement communiqués au conseil do cercle, qui y joint le témoignage de son assentiment ou ses remarques. »

On le voit, le corps ecclésiastique est, dans les différentes contrées de l'Allemagne, l'instrument commun de l'État et de l'Église pour l'inspection des écoles.

Les inspecteurs sont nommés par les consistoires provinciaux et confirmés par le ministre de l'instruction publique. Dans les provinces catholiques de Prusse, notamment dans, la Westphalie, et plus spécialement encore dans la Silésie, le choix des consistoires provinciaux ne reçoit pas la ratification du ministre, avant que celui-ci n'ait pris l'avis de l'évéque. L'usage même, sinon la législation, attribue à l'évèque une sorte de droit de veio.

Ce n'est pas seulement comme chargés du contrôle et de la direction de renseignement au sein de Técole, que les membres du clergé sont appelés à jouer un rôle actif dans le système général de l'instruction primaire, au delà du Rhin ; ils sont investis d'une influence plus décisive encore peutêtre, comme présidents des Conférences pédagogiques qui, dans tous les pays d'Allemagne, ont lieu entre les instituteurs de chaque paroisse et de chacun des districts d'école.

Incontestablement, le principe et le but de ces Conférences sont excellents. Non-seulement, au point«de vue purement scolaire, elles tiennent le maître en baleine, le forcent à comparer, conséquemment à améliorer, et lui permettent de se tenir au courant des méthodes et des règlements; mais encore et surtout, elles contribuent à maintenir dans le corps des instituteurs, sous l'inspiration d'une autorité toujours présente,

SECONDE PARTIE

le sentiment de sa mission, T unité de direction morale, et aussi cet esprit de conduite qui est son honneur et constitue sa meilleure sauvegarde.

Que la direction de ces conférences soil confiée aux inspecteurs, c'est-à-dire à des membres du corps ecclésiastique, et la puissance de l'idée religieuse dont ces derniers sont les re* présentants, s'augmentera de tout l'ascendant que donne une suprématie orficiellement et légalement proclamée.

Tels sont, en effet, le but et le résultat des conférences d'instituteurs qui, partout, au delà du Rhin, existent sous une double forme : conîévences paroissiales se réunissant chaque mois, conférences de cercle ayant lieu de quatre à six fois par an.

En plusieurs pays, notamment en Saxe, et au sein des provinces centrales de Prusse, ces conférences, dans les années qui ont précédé les bouleversements politiques, avaient perdu leur caractère pédagogique, et dégénéré de leur origine , pour se transformer en assemblées délibérantes au petit-pied, en conciliabules où se préparait cette machine de guerre qu'on a appelée VÉmandpaiion de V école. Mais on a eu le bon sens, au delà du Rhin , de ne pas confondre l'abus avec le principe : ici, comme partout, le remède était à côté du mal; des mesures énergiques ont ramené les conférences à l'esprit du règlement général de 1763, en les replaçant sous la main de l'autorité ecclésiastique et scolaire. Voici , par exemple, l'instruction qu'a promulguée la régence de Potsdam , à la date du 8 juin 1853 :

« Les conférences* mensuelles paroissiales , sous la présidence du pasteur, ont pour but spécial de traiter de tout ce qui se rapporte à chacune des écoles, à la méthode , aux besoins particuliers de ces écoles, ou de tout ce qui a trait à chacun des mailres; les conférences de cercle ^oni destinées

RÔLE DE l'État.

à donner zèle et courage aux instituteurs en tout ce qui touche à leur vocation y à les mettre en état d'accomplir avec des fruits abondants leur sainte mission , à les éclairer sur les points au sujet desquels ils avaient eux-mêmes provoqué la discussion, h les tenir au courant des découvertes qui peuvent les intéresser, et des publications ayant pour objet la pédagogie et les méthodes d'enseignement.

c En ce qui concerne les conférences paroissiales, il est entendu :

i*" Que 9 conformément au règlement général de 4765 (art. 25), elles doivent se réunir tous les mois; et que chaque maître est strictement tenu de prendre part à celles de sa paroisse. Elles sont présidées, dans les petites communes, par le pasteur, et, dans les villes, par les ecclésiastiques auxquels est confiée la surveillance des écoles et des maitres ;

2* Qu'il est traité, dans ces conférences, de la situation et des besoins, des lacunes ou des progrès de chaque école en particulier, des avis et des règlements émanés soit des surintendants, soit de la régence, soit du Provincial-ScbuUGollegium;

3^ Qu'il est rendu compte de la situation de chaque école , au point de vue de chacune des matières de renseignement , notamment au point de vue de Tinstruction religieuse;

Qu'il est adressé par l'ecclésiastique président au Surintendant-inspecteur du cercle, un rapport portant sur les travaux, l'esprit, les résultats de la conférence ;

Que le Surintendant, au cas ou, en dépit de ses efforts et de ses avis, la conférence de telle ou de telle paroisse ne serait pas tenue dans des conditions voulues d'ordre et de tranquillité, nous adresserait ses plaintes.

« Pour assurer les résultats des conférences de cercle (Kreis-

SECOMDE PARTIE.

Scbul-CoorereDzen), nous décidons que ces cooféreoces ne seront pas tenues obligatoirement plus de quatre fois par an; nous verrons cependant avec plaisir qu'elles soient volontairement convoquées six fois.

« Les instituteurs de la ville ou de la campagne seront obligés officiellement (amilicA) de se rendre aux quatre conférences ci-indiquées, à l'exception des maitres âgés qui, dans la mauvaise saison, pourront être dispensés par les Surintendants.

€ Plusieurs sociétés de conférence {Conferenz-Gesellsehaften) peuvent être organisées dans les surintendances dontTétendue est. considérable. Chacune des conférences doit cependant compter au moins douze membres. — Il est recommandé aux ecclésiastiques, alors même qu'ils ne sont point chargés de la direction de la conférence, de ne pas manquer d'y assister.

« Chaque conférence doit être ouverte et fermée par lé chant d'un morceau en rapport avec les circonstances, et par une courte prière. Elle dure, au moins, de neuf heures à midi, et de deux heures à quatre heures.

(c Le protocole de chaque conférence (lieu où elle se tient, nom du président, noms des membres, jours de réunion, sujets à traiter) est présenté, chaque année, au commencement du mois de décembre, par chacun des présidents au surintendant, et soumis à son examen et à son approbation.

« Il est rédigé un rapport sur les sujets intéressants qui ont été traités dans la conférence, notamment sur les questions fondamentales de renseignement primaire : le but de Tédocation, la soumission aux lois, les moyens de conduire à la piété, etc.

« Les exercices musicaux doivent tenir une place trèsim- ^portante dans les conférences des maitres. Une heure, au moins, doit y être consacrée, à chacune des séances.

BOLE DE l'État.

«Od doit choisir les chants, chœurs, motels, propres à éveiller le sentiment patriotique et religieux» et de nature à être facilement saisissables.

c Par-dessus tout, et pour atteindre le but principal que se proposent les conférences , chacune d'elles doit se tenir sous l'inspiration de l'Esprit divin ; chaque membre doit se pénétrer de sa force sanctifiante, afin que toute œuvre paraisse faite pour la gloire de Dieu et l'établissement du règne de notre Seigneur et Haitre, pour le salut de la génération qui s'élève, ainsi que pour la prospérité du peuple entier et de notre bienaimée patrie.

«Chaque paroisse délivrera un exemplaire ^e la présente circulaire, à l'effet d'en porter les dispositions à la connaissance des pasteurs et des instituteurs. »

Certes, dirigée dans un tel esprit, Tinstitution des conférences ne peut porter que des fruits excellents.

Voici un spécimen des questions qui y sont traitées :

Quels sont les moyens propres à inspirer à l'enfant des croyances profondes, une moralité solide, unies à une politesse simple et sans affectation?

Quels rapports l'instituteur doit-il entretenir avec les autorités locales?

Comment peut-il profiter, dans l'intérêt des enfants, de ses relations avec les familles?

Quels moyens doit-il mettre en œuvre pour obtenir l'assiduité à l'école?

Quels principes généraux doivent diriger le maître dans la distribution des punitions et des récompenses? et quels sont les meilleurs moyens, pour lui, d'établir son autorité?

A quels signes peut-on reconnaître une bonne méthode d'enseignement, etc., etc.

D'ordinaire, chaque question, indiquée plusieurs mois

SECO>DË PAETIE.

d'avaDce.cst Iraitée, ea écrit, par un instituteur spécialemmt désigné; le travail de ce dernier devient le teite de la discussion j et Tobjet de la critique du président de la confé* rence. Il n'est pas rare de voir celui-ci encourager, par des prix, le travail des membres de la société scolaire qu'il dirige : dans tel et tel cercle, le Scktdintpecior a établi une récompense annuelle, de la valeur de 30 ou 40 francs, en faveur de celui des membres de la conférence qui traiterait avec le plus de succès une question, soit de pédagogie pore, soit de discipline scolaire, soit d'intérêt administratif. On comprend quel ascendant ne peut manquer d'assurer au dignitaire ecclésiastique dont je parle une intervention ai assidue et si intelligente dans la direction générale, comme dans les détails de renseignement.

Si, dans tous les cercles scolaires de Prusse et des autres pays d'Allemagne, on ne voit pas, à la faveur de l'institution des conférences, se produire Tinlime alliance de Tinstituteur et du prêtre; si partout Ton n'obtient pas de résultats analogues à ceui que l'on constate dans certaines paroisses anglaises^, assurément il ne faut pas s'en prendre à raction des pouvoirs publics.

Dans tous les documents cités plus haut, on a dû le remarquer, il est fait constamment appel aux aptitudes techniques des inspecteurs. Pour que le clergé soit chargé de la mission de surveiller et de diriger l'instruction primaire, il est donc indispensable que TÉtat puisse lui demander un nombre notable d'hommes capables de faire preuve , dans l'école, de connaissances spéciales et d'expériences pédagogiques. En cas contraire, la considération qui doit entourer le représentant de l'autorité religieuse, loin de s'affermir par la lutte, suc-

1. F. noire ouvrage de l'InstrucUm primairt à Londnsy etc., p. 119.

aOLE DE l'état.

oomberaitdans répreove; et, disons-le, c'est on des avantages qae présente le système en vigueur dans les différents États derAllemagne, de forcer le clergé inférieur, au nom d'intérêts de premier ordre, à relever ses vertus par la science, et à eoDserrer sur Tinstituteur, par des études sérieuses, la suprématie intellectuelle et morale qui lui appartient. Ce point est de la plus haute importance ; il touche au problème de la régénération des masses par l'ascendant de l'autorité religieuse.

Voici dans les pays septentrionaux de l'Allemagne, et no* tamment en Prusse, comment est résolue la difficulté.

Il est ordonné aux candidats de théologie de suivre, en même temps que les autres cours, un cours spécial de pédagogie; de plus, en ce qui concerne les candidats protestants, il lear est prescrit, avant de subir l'examen ecclésiastique pro mitiùierio, de séjourner, six semaines durant, dans une école normale, afin d'y acquérir les connaissance! pratiques nécessaires pour l'accomplissement de la mission qui pourra leur être confiée plus tard. Imposé par l'administration, sanctionné par les mœurs, un tel usage témoigne d'un sentiment profond, de la part de l'État et de la part du clergé, des grands intérêts engagés dans la question de l'éducation populaire. Il est digne, à cet égard, d'une sérieuse attention. On ne lira pas sans profit la circulaire ministérielle qui le consacre :

CircyJaire du ÎO janvier 1842.

c Le règlement pour les examens des candidats aux fonc** tions de pasteur exige des connaissances spéciales scientifiques et théologiques si étendues que, pendant le temps de leur séjour à l'Université, il ne reste aucun loisir aux étudiants pour se préparer suffisamment aux devoirs pratiques de leur charge future. En raison du manque d'instituts ad hoc^ on a dû abandonner les candidats à leur propre initiative, et se borner à leur procurer les facilités convenables.

SI^COÎSDE PARTIE.

c Hais rexpérieoce a démontré que, de cette manière, le but ne peut être aussi complètement atteint que la dignité des fonctions pastorales et Tinlérèt de TÉglise évangéliqne le demandent. Cette remarque s'applique surtout à Taptitude d'enseigner, depuis que, dans toutes les provinces de la monarchie, ont été élevés les séminaires pour le perfectionnement des maîtres des écoles primaires. Les futurs instituteurs reçoivent dans ces établissements une instruction qui, aussitôt après que les principes théoriques les plus nécessaires ont été posés, est dirigée immédiatement vers la pratique, et les conduit à toute la sûreté d'application désirable.

« Au contraire, les candidats aux fonctions pastorales manquent d'une semblable préparation et d'un tel exercice. La conséquence de ce fait est que, au point de vue de la facilité de l'exposition méthodique, et dans la pratique, ils restent souvent très au-dessous des instituteurs.

c II n'a pas échappé au consistoire royal combien nne telle infériorité est préjudiciable aux rapports qui doivent exister entre les ecclésiastiques et les maîtres, combien ce préjudice rejaillit de l'église sur l'école.

c Dans le but de remédier à ce mal, depuis nombre d'années déjà, des avis ont été formulés et des rapports adressés par tous les consistoires et les Pravincial-Schul-CoUegien. On a compris que, d'un côté, la dignité de l'Église évangélique n'admet pas un amoindrissement de la culture théorique et scientifique jusqu'à ce jour exigée pour son service, et qu'en même temps, une instruction pratique complète est souverainement désirable dans l'intérêt de cette même église. On pense généralement qu'on ne trouverait de remède radical que dans l'établissement de Pr&(%er'5<?7ntnanmi dont la destig

1. Un seul institat de ce genre existe en Prusse, à Wiltemberg. Il est peu important.

rAij: de l état.

nation principale serait la préparation pratique des ecclésiastiques débutants (angehenden Geisilichen) ; mais la création et Tenlretien d'un nombre suffisant de semblables instituts supposent de telles dépenses que Torganisation n'en peut être envisagée que dans un avenir éloigné.

c Plusieurs consistoires, préoccupés du besoin le plus pressant et le plus immédiat, frappés en même temps des difficultés financières de la création des Prediger-Seminarien^ proposent d'utiliser les écoles normales actuelles pour initier les candidatsde théologie à tout ce qui concerne la pratique du système scolaire.

c Dans ce but, le certificat d'aptitude délivré par les consistoii*es royaux en vertudu règlement du 24 octobre 1824, devra ëtreconféré d'après les conditions suivantes : lo aptitude suffisante à donner et diriger l'instruction religieuse; simplicité dans l'exposition didactique de Thistoire de la Bible , dans renseignement du catéchisme et du chant. 2<^ Comme les candidats, à leur entrée dans les fonctions de pasteurs, ont le devoir d'inspecter les écoles primaires de leurs paroisses, particulièrement de surveiller la discipline et les méthodes, ils ont besoin , en outre des objets qui ont trait à l'instruction religieuse, d'une connaissance réelle de renseignement primaire, à savoir des méthodes de lecture, d'arithmétique, de langue allemande et de chant: 3^ l'examen pro licenciâ concionandi a surtout pour but de vérifier l'instruction scientifique des candidats. Il sera signifié à ceux qui auront passé cet examen, en leur faisant connaître les matières du second, que le certificat de Wahlfdhigkeit leur sera refusé s'ils ne satisfont pas aux conditions précédemment énoncées. — 4^ L'examen pro mmzx^mo a surtout pour but l'instruction pratique. — 5^ Quand il est constaté que le candidat est en possession de toutes les connaissances désignées sous les numérosl et 3, il ne s'agit plus» pour lui, que de pou-

SECONDE PARTIE

voir acquérir l'aptitude didactique populaire. C'est alors qu'a lieu le séjour de six à huit semaines dans un SchuOehrer-Semi" nar. — 6« II est donc réglé que tout candidat aux fonctions de pasteur, après ses études universitaires, et avant son second examen, doit passer de six à huit semaines dans une école normale de la province à laquelle il appartient, ou, en des cas exceptionnels, dans une autre écola normale du pays, pour prendre part aux exercices été renseignement des sèminarisiea. Il doit ensuite présenter au consistoire dont il relève un certificat sans lequel l'accès au second examen lui est fermé. On espère que les directeurs des séminaires, en vue du but si important et si essentiel qu'on se propose d'atteindre, mettront à la disposition des candidats tous les conseils et tous les secours possibles. Le certificat attestera simplement la pa^ ticipation régulière aux exercices. Le directeur estlibre d'ajouter son jugement sur les résultais obtenus, si, par suite de rapports particuliers avec le candidat, il a eu occasion de s'en former une idée exacte.

c Quant à la question de savoir combien de candidats à la fois peuvent fréquenter un séminaire , j'hésite à poser une règle précise. Le nombre ne doit pas en être trop considérable, peut-être de 4 à 5. Ce point doit être l'objet d'nne instruction aux directeurs, concertée entre le Proimcial-Schul' CaUegium et le consistoire.

cEn ce qui concerne la discipline, le candidat, pendantson ^éjour au séminaire, est placé sous la surveillance do surintendant du diocèse où est situé le séminaire. Un certificat du surintendant, portant sur le zèle du candidat pendant le temps d'étude, doit être présenté au consistoire.

c Je laisse aux consistoires et aux Promncial-Schul-Coltegien le soin de prendre les mesures qu'ils jugeront nécessaires dans l'application, particulièrement en ce qui touche les directeurs de séminaire et les surintendants.

RÔLE DE LÏ:TAT

« Dans les rapports annuels, un chapitre particulier sera consacré à l'organisation de ce nouveau système. On me signalera les directeurs et les professeurs qui se consacreront au snccès de ce plan avec le plus de dévouement, a Le ministre de Tinstruction publique,

« ElGGHORN. »

yi6-à*vls du clergé catholique, le Gouvernement ne pouvait employer l'injonction ; mais il a procédé par voie de conseil, et la circulaire qui suit a été adressée aux évèques à la date dn 7 juillet 1842.

« J'ai va avec plaisir» par les rapports annuels des régences, que, dans presque toutes les circonscriptions, les inspecteurs catholiques et, en particulier, les jeunes ecclésiastiques se consacrent avec zèle aux intérêts scolaires, de manière à s'assurer une influence de plus en plus sérieuse sur les maîtres et sur renseignement. Cette partie du ministère ecclésiastique est exercée pvec d'autant plus de profit que les mem^ bres do clergé ont une connaissance plus sérieuse du système scolaire, de son organisation intime, de ses applications, et, surtout, qu'ils sont plus familiers avec les méthodes enseignées dans les séminaires (écoles normales). J'exprime donc le vœu que des facilités soient données aux jeunes aspirants au sacerdoce, pour qu'il leur devienne possible d'étudier la pédagogie; et, dans l'intérêt de l'église comme dans celui de l'école, je souhaite qu'ils puissent conquérir, en qualité d'inspecteurs et de pasteurs, la suprématie morale qui leur est due. Quelques études spéciales sont nécessaires dans ce but. Lorsque, dans le voisinage du séminaire ecclésiastique existe un séminaire d'instituteurs, les jeunes prêtres pourraient, sans difficulté, trouver, dans ce dernier, les connaissancea techniques; sHl n'y a pas d'école normale è proximité,

SECONDE PARTIE

Técole de quelque iustiluteur distingué fournira facilement les moyens d'acquérir une expérience suffisante de la méthode et de la didactique. On profiterait aussi naturellement de la présence d'un inspecteur actif et habile. Ainsi, différents moyens peuvent conduire au but désiré. »

La pensée élevée du gouvernement a été comprise. Le clergé catholique a senti qu'il s'agissait pour lui d'une question de haute influence. Ce que le clergé protestant faisait sous la pression de l'autorité, il Ta fait par le sentiment d'un grand intérêt moral : dans les provinces catholiques de Prusse et dans le diocèse de Fulda, en Hesse, les jeunes ecclésiastiques, que des aptitudes spéciales et une vocation déterminée semblent désigner par avance aux fonctions de Kreisschtdinspectoren, vont suivre, pendant six semaines ou deux mois, les cours d'une école normale d'instituteurs. Je tiens de Mgr l'évèque de Munster et de Mgr l'archevêque de Cologne que le séjour des membres du clergé dans les Schunehrer^^Seminarien produit, à tous égards, d'excellents résultats : les grands établissements de Brûhl et de Kempen donnent à la fois aux provinces rhénanes et des instituteurs pénétrés de la pensée religieuse, et des ecclésiastiques en état d'imprimer à l'instruction du peuple une direction éclairée et pratique.

L'État ne s'est pas seulement montré gardien jaloux des vérités traditionnelles par le choix des agents qu'il chargeait de présider à la direction de l'enseignement populaire ; il a veillé à ce que ces vérités demeurassent la loi de la société; il n'a pas souffert que les jeunes générations pussent être soustraites à l'action des autorités qui en sont les interprètes. On aura achevé de se rendre compte du rôle que TÉiat assume

RÔLE DE l'État.

dans les différents pays d'Allemagne, quand on l'aura vu établir et maintenir, d'accord avec le pouvoir ecclésiastique, T obligation légale de V enseignement.

Section III. — De l'Obligation de TEnseignement .

Nulle part, les efforts de l'État pour satisfaire à sa mission de pouvoir modérateur, ne se révèlent avec plus d*éclat que dans la partie des diverses législations de FAUemagne relative è robligcUion de l'enseignement.

Si l'on considère Tintérèt de premier ordre qui se cache ici sous une question scolaire; si l'on examine le problème de l'obligation de l'enseignement à son véritable point de vue, on verra qu'il se résume en ceci : garantir les moyens de perpétuer la tradition morale de la société, de transmettre à la génération nouvelle cet ensemble de croyances, d'idées, de sentiments qui ont été la vie des générations précédentes.

Et, en effet, ce n'est pas l'intérêt intellectuel, c'est Tintérèt moral qui domine avant tout le problème ; il ne s'agit pas de décider simplement si de jeunes enfants devront, de parla loi, savoir lire et écrire : des peuples ont vécu sans cette science ! La question est plus haute. «< Il s'agit, comme le disait récemment une circulaire ministérielle, de faire de l'école l'instrument par lequel la loi morale reprendra son empire, et d'assorer, par elle, dans les populations, le maintien des principes conservateurs de toute société* ! »

Liberté pour le père de famille de donner l'éducation à son fils comme il veut, où il veut : quls le père lui-même dispense l'instruction dans la famille ^ qu'il confie son fils à l'école publique, è l'école congréganiste ou à l'école laïque ; qu'il choisisse l'école privée ; il n'est pas seulement libre, mais souverain

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