Circulaire du 31 octobre
458 sEGoros paitie.
tuelleet religieuse. Uniquement absorbés par leslabeors d'une vie toute matérielle, ils grandissent, à vrai dire, en dehors des idées morales qui constituent la ?ie traditionnelle d'un peuple civilisé. Arrivés à l'âge viril, ils ont laissé s'évanouir toute trace de notions qui n'avaient pénétré ni dans leur espiit ni dans leur cœur. Le but que la société poursuivait arec tant d'efforts est manqué. »
Or, qu'on veuille bien le remarquer, ce n'est pas là une plainte formulée à la légère; c'est le simple exposé d'un fait. Il est à la fois triste et curieux de le constater. Le nombre des jeunes gens qui, au moment du tirage au sort, sont désignés comme ne sachant ni lire ni écrire, est, sur plusieurs points du territoire, resté stationnaire, dans les quinxe dernières années.
Citons immédiatement quelques exemples : dans la Dordogne, le nombre des jeunes conscrits ne sachant ni lire ni écrire en 1840, était de 2933 : en 1833, il descendait seulement à 2675. Pour le département de l'Allier, on trouve, en 1840, le chiffre de 2560; en 1851 ce chiffre ne a est modifié que d'une manière insignifiante (2536) ^et 1853, il était encore de 2382. Le Nord est assurément l'un des départements où il semble que l'administration de l'instruction publique soit en droit de recueillir des résultats satisfaisants : eh bien 1 en 1840, 3714 jeunes gens étaient reconnus ne savoir ni lire ni écrire; et en 1853, le nombre n'en était pas moindre de 3444. Que sera-ce dans l'Ariège? que sera-ce dans le Morbihan et le Finistère? Dans ces deux départements, tous les efforts des communes et de l'État n'ont abouti qu'à la plus étrange des déceptions. Les chiffres officiels non-seulement n'y témoignent pas d'un progrès quelconque; mais encore, ils y accuseraient des pas rétrogrades : dans le premier, le chiffre des jeunes soldats ne sachant ni lire ni écrire est monté de
eAlE de L'iTAT.
S634 (1840) k 5788; dans le second il s'est élevé de 2661 à S7161
Certes, — avons-nous besoin de le dire? — il n'en est pas ainsi dans le plus grand nombre des départements \ et si Ton envisage le résultat général, on trouve que le chiffre des jeunes gens eomplétement illettrés, au moment du tirage au sort, qni, en 1840, s'élevait è 125,760, était tombé, en 1855, à 99,684. Les eiemples que nous venons de citer n'accusent pas moins^ malgré les efforts de l'administration , et en dépit de progrès partiels, les fâchonses conséquences de ce droit de souveraineté sans limites, dont notre législation , jusqu'à ce jour, a laissé jouir les parents et les maîtres sur les enfants dont ils sont responsables.
Il n*est pas inutile de se rendre compte, au point de vue spécial auquel nous nous plaçons, des résultats scolaires obtenus dans chacun des 86 départements; le tableau ci-dessous a été dressé au ministère de la guerre, d'après les informations officiellement transmises par les préfets.